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mardi 18 février 2020

France2022 : La conversion des élites et de ... tout un chacun !



Sainte Bernadette de Lourdes, 18 février 2020


L'actualité brûlante (*) de ces jours derniers (février 2020) remet en lumière l'une des plus grandes nécessités de tous les temps : la conversion des élites. Elle fut déterminante à l'époque de l'Empire romain, au temps de l'empire carolingien, au Moyen-Age, à la Renaissance ... Elle est de plus en plus évidente : toute oligarchie court sans cesse le risque de considérer ses intérêts comme seul horizon digne d'être poursuivi alors qu'une élite n'atteint une stature de grande envergure que dans la mesure où elle apprend à négliger ses propres (petits) intérêts. Il ne s'agit pas en l'occurrence, évidemment, de contredire : "Charité bien ordonnée commence par soi-même" puisque nous ne sommes pas là dans le registre de la charité mais dans celui de l'intendance au sens le plus large qui soit et, plus avant, dans le registre de la justice. Celui qui se sert avant de servir ou avant que les autres ne soient servis risque fort de jouer le rôle de Judas : devenir un traître aux causes les plus nobles qu'ils voulaient défendre. Son aveuglement le conduira, tôt ou tard, à prendre de très mauvaises décisions, dût-il même trahir l'un de ses proches. Son obsession d'une réussite toute personnelle finira aussi par le rendre de plus en plus injuste.

(*) Suivre l'actualité est déconseillé par certains à ceux qui souhaitent réussir dans leur entreprise car elle est souvent construite pour attirer le chaland. Elle sera donc accusatrice, négative et croustillante car, hélas, quelques journalistes préfèrent augmenter leur audience plutôt que de nourrir sainement ceux qui suivent leurs productions. Ceux qui désirent réussir dans leur entreprise ont besoin, au contraire, de prendre connaissance des nouvelles qui augmentent le désir d'avancer quoiqu'il advienne, de progresser, d'innover, ... Ils n'ont pas besoin de prêter l'oreille aux cassandres qui annoncent que tout va de mal en pis et qui exhibent, pour justifier leurs oracles, quelques exemples emblématiques du marasme ambiant en les rapportant à des faits antérieurs nettement plus glorieux.

L'oligarchie française, plus qu'aucune autre sans doute, aura toujours besoin de réentendre le message qui fut transmis à l'humble bergère de Lourdes par celle que tout croyant aguerri (*) ne peut que reconnaître pour Mère, du fond des âges les plus anciens au temps des derniers jours, en passant par l'antique foi d'Abraham, ses manifestations diverses dans le monde méditerranéen comme par tous les chemins religieux qui ont laissé leur empreinte sur Terre et dans le coeur des fidèles. 

(*) Il est bon de rappeler ici, comme en d'autres tribunes du projet France2022 (par exemple au n°16 de la Lettre ouverte aux gilets jaunes), que nous sommes tous croyants par nécessité. Seul celui consentant à creuser au coeur des systèmes de croyances qui orientent ses pensées et ses gestes devient un croyant aguerri : il ne redoute plus l'inconfort et l'incertitude de croire (et donc de ne pas être absolument certain) puisqu'il a compris qu'en tous domaines, profanes ou sacrés, nul savoir, nulle théorie ne se construit ex abrupto. Toujours et jusqu'à la fin des temps, l'esprit de l'homme est tenu de bâtir sur des hypothèses ou des postulats susceptibles d'être remis en cause puisqu'indémontrables.

Le politique et tout haut responsable qui abandonne la main secourable de Marie (*) se trouve, un jour ou l'autre, dans une impasse, un filet, une nasse, une arène ... dont ses efforts les plus valeureux ne pourront guère le sortir. Aînés, anciens, jeunes, grands ou petits, nous avons tous besoin d'apprendre à redécouvrir les vertus de l'enfance spirituelle, celle qui renonce à ne compter que sur ses propres forces, celle qui sait pouvoir s'appuyer sur une Providence toujours en éveil.

(*) Tenir la main de Marie, se laisser guider par Elle, passe pour un enfantillage aux yeux des partisans d'une libre pensée orgueilleuse. Ils ne comprennent pas que chacun d'entre nous est un vase fragile, dépositaire de trésors qu'un rien peut corrompre, dilapider ou déprécier. Ils ne savent pas que l'homme seul ne peut jamais formuler de grands postulats sans le secours d'une armée de pairs vaillante et fidèle. Ils s'imaginent qu'il suffit de penser quelques instants pour pondre une idée lumineuse et pour poser les bases solides d'un raisonnement rigoureux. Ils ne font confiance qu'à l'agilité mentale, celle qui prétend tout prouver à la vitesse de l'éclair par les ressources d'une logique implacable. De là leur propension à produire de grandes théories fumeuses qui ne résistent guère à l'épreuve du temps et au choc des réalités tangibles.

Si notre pays paraît englué dans une morosité sans fin (*). Si la France semble avoir perdu la joie de vivre au grand air, c'est bien parce que bon nombre de personnes occupant des situations à risque ne savent plus confier leurs soucis à plus grand qu'elles-mêmes.  Elles se fient beaucoup trop aux calculs plus ou moins savants mais souvent incomplets, aux raisonnements alambiqués d'une intelligence détachée des vérités élémentaires, aux ressources d'un réseau pourtant friable ...

(*) Le verbe "paraît" rappelle que notre vision de ce qui est demeure partielle : tant de choses échappent à notre regard et si je me contente de suivre les actualités de surface, comme évoqué au premier paragraphe de cette tribune, je risque fort d'être submergé par des annonces qui tendent à noircir certaines réalités en oubliant de mettre en lumière les germes d'espoir, les foyers de résurrection et l'immensité des splendeurs toujours présentes, même dans les moments les plus noirs. Tandis qu'une partie de la France est en train de mourir, surgissent ça et là, les lueurs d'un nouveau monde, inimaginable pour qui en resterait aux constats les plus sombres. Au cours d'une des périodes les plus apocalyptiques pour la France - l'occupation durant la seconde guerre mondiale - une très humble paysanne veillait, entièrement vouée au Salut éternel et à l'engagement temporel de ceux qui venaient jusqu'à elle, animés d'un élan qu'ils ne s'expliquaient pas toujours. Marthe Robin, cette lumière étincelante, au milieu de ténèbres effroyables, rappelait à chacun d'entre nous et nous redit encore que rien n'est jamais perdu, pourvu que nous laissions agir en nous le feu de l'Esprit Saint. Il vient brûler en nous ce qui s'oppose au lent et patient travail de la grâce.

Quand nous sommes perdus, apeurés, inquiets, ... Marie nous redit simplement comme aux serviteurs des noces de Cana : "Faites tout ce qu'Il vous dira". Encore faut-il que nous prêtions l'oreille, que nous armions notre esprit pour entendre les paroles énoncées, non pour nous condamner mais pour nous offrir un salut, une porte de sortie, une délivrance ... (*)

(*) ... et, au bout d'un chemin inattendu, la joie sans mélange quand la transmutation de l'eau de nos larmes ne s'opère pas en vain. Par le miracle de la transformation de l'eau en vin, Jésus nous montre la voie des gestes qu'une foi ardente rend possible : sortir d'une mentalité de pénurie et de disette pour entrer de plain pied dans l'ère nouvelle d'une abondance où le temps de service vient défier les calculs matérialistes, ceux qui n'accordent de valeur qu'aux biens tangibles en perdant de vue le trésor immatériel par excellence : le don du temps et ses conséquences au sein d'une économie qui s'oriente de plus en plus vers l'échange de biens à matérialité réduite. La tribune du projet France 2022 : création d'une monnaie de service et d'abondance dessine et prépare les contours des flux monétaires qui viendront en complément de ceux qui permettent aujourd'hui aux prédateurs de s'emparer de tout ce qui peut faire l'objet d'une possession.  

Une parole sainte qui réapprend aux élites à savoir calculer au millimètre et de façon complète au lieu de se gargariser de mensonges auxquels elles finissent par croire elles-mêmes comme le rappelle Vladimir Fédorovski ici et . Comment sortir de l'amateurisme quand on ne se fie qu'à ses diplômes, à son statut, aux délires de sa propre imagination ou à ses relations les plus en vue comme à ses liens avec les réseaux de l'ombre ?

Toute personne en charge d'une lourde responsabilité ne peut tenir dans la tempête, les courants d'air médiatiques et les flux déstabilisateurs, les catastrophes et les événements les plus ordinaires, ... qu'à la condition de passer beaucoup de temps à développer la stature de l'homme intérieur imperméable aux influences bruyantes de l'extérieur. C'est dire que tout ce qu'elle fait dans le secret aura un profond retentissement sur ses conduites les plus exposées.

Comment pourrai-je tenir dans les instants les plus tendus si je n'apprends pas à prêter l'oreille à la voix de fin silence ? Comment saurai-je choisir les mots justes si je ne passe pas de longues heures à m'abreuver aux sources les plus limpides ? Comment serai-je capable d'actions nobles si je ne me nourris pas chaque jour des hauts faits les plus remarquables ?

Les hommes et les femmes de notre temps ont soif, plus que jamais, de paroles dignes de foi, forgées de longue date, mûries au creuset d'un coeur ardent dans la quête d'une vérité toujours plus exacte et complète. Les uns et les autres sont las d'entendre les discours d'une langue de bois grossièrement taillée, improvisée par des esprits agiles qui en sont restés aux jongleries de concours pour jeunes arrivistes ou médiocres illusionnistes.

Beaucoup de nos compatriotes veulent entendre désormais des paroles qui sonnent juste et non pas des mots cousus en toute hâte sur des postulats sans fondement solide par des élites qui ont trop appris à défendre tout et son contraire avec la même aisance. Le peuple français comme d'autres peuples européens est las de voir à l'oeuvre l'insoutenable légèreté de tous ceux qui décident de leur sort avec un mépris sans borne pour ce qui fut une part essentielle de leur vie et de leur singularité. Il n'en peut plus de cette course maladive à la provocation, à l'abstraction, à la nouveauté, au dérèglement, à la dérégulation ; cette course qui prétend moderniser quand elle ne fait qu'appauvrir et désespérer.

Voilà presque cinquante ans que cette course a été lancée lorsqu'il fut décidé par quelques "élites" gavées de mensonge d'autoriser la mise à mort des êtres en gestation sans même prévoir qu'un avocat puisse défendre la cause de chacun d'eux. Et depuis ce temps-là, les mensonges se sont multipliés au point que tout haut responsable comme tout citoyen ordinaire qui renonce à prendre le temps de prier ne se rend même plus compte que la France est engagée sur une voie suicidaire.

Vais-je attendre qu'une élite en perdition se convertisse pour oser faire le premier pas, celui qui sort de l'esclavage du péché et mène vers les sommets d'une liberté authentique ? D'une liberté intérieure que nulle pression ne détourne de ses buts les plus élevés.

Par les événements de ce monde, chacun de nous est interpellé et pas seulement les personnes les plus en vue. Notre conversion soulève toujours des montagnes et pas seulement des lièvres ! Elle nous délivrera d'un flot de mensonges proférés de toutes parts, y compris par des élites d'apparente bonne composition qui jouent sur nos peurs : si notre conversion est urgente ce n'est pas parce que la majorité d'entre nous serait menacée par la divulgation de faits d'ordre privé car si nous sommes avant tout débiteurs (l'un des synonymes les plus justes de "pécheurs"), il est faux de laisser croire que nous serions tous à la merci d'un accusateur ou d'un sycophante prêt à exhiber au grand jour l'un de nos méfaits. Non, ce qui est proprement nouveau, c'est la multiplication des enregistrements susceptibles d'être dévoilés. Pour le reste, rien de nouveau sous le soleil : nos conduites cachées ont toujours participé grandement à l'édification de notre personne. Chaque fois que je suis capable de résister à la tentation de commettre un acte dont je sais qu'il ferait honte à ma réputation s'il était connu, je laisse libre cours aux flots de grâce qui me soutiendront dans l'épreuve de ma solidité intérieure puisqu'il est bien évident que je ne saurai faire face, seul et par mes propres forces, au déluge de tentations qui ne manquera pas de s'abattre sur moi dès lors que je serai en position de combattre le mensonge, l'ignorance, l'égoïsme et l'égotisme comme toute forme de mal s'attaquant d'abord et avant tout à ceux qui n'ont pas les moyens de se défendre.

C'est bien pourquoi les chutes les plus graves sont le plus souvent l'apanage de personnes en situation de responsabilité : l'adversaire du genre humain a horreur de voir quelque personne au service du bien commun. "De quoi se mêle-t-il celui-là ?" ; "De quoi se mêle-t-elle celle-là ?" pense-t-il. Il prendra un malin plaisir à la faire chuter en secret pour mieux l'exécuter ensuite en place publique. Ne pas le savoir et s'en tenir à une vision naïve qui exclut une telle possibilité de mise à mort est absolument contraire à toute la révélation biblique, elle qui ne cesse de nous mettre en garde contre le mauvais, celui qui, depuis les origines, s'oppose aux projets divins en faisant croître dans le coeur de chacun le magma du remord et de la culpabilité pour mieux l'inciter à se cacher, à ne pas agir au grand jour, à ne pas prendre parti ..., à commettre l'irréparable dans l'ombre jusqu'au jour où une lumière brutale et crue viendra exposer ses turpitudes ou ses inactions au jour blafard d'un tribunal d'instance misérable, celui où le pardon ne trouve plus aucun siège pour s'asseoir et venir rappeler aux imprécateurs de tout poil la nécessité d'un examen de conscience approfondi avant d'être capable d'émettre un jugement valable.

Pour chacun d'entre nous, ce n'est pas la peur d'être un jour dénoncé qui doit nous servir de boussole mais la crainte de perdre notre amour filial, amour fait de reconnaissance perpétuelle et non pas de récriminations incessantes. Avant de nous prendre pour des sauveurs du genre humain ou de quelques personnes bien choisies, nous avons à connaître notre condition de débiteurs : ce que nous sommes, ce que nous avons, nous le devons à d'innombrables personnes dont nous ignorons, souvent par méconnaissance volontaire ou contrainte, le rôle capital qu'elles ont pu jouer dans notre vie et dans notre salut.

Prier ce n'est pas d'abord, pas seulement, demander. C'est avant tout ouvrir les yeux de son coeur pour apprendre à regarder, à voir la foule immense de tous ceux par qui le don prodigieux de la vie est venu jusqu'à moi et par qui ce don a pu grandir au creux de mes entrailles. Sans  eux, je ne suis rien. Pas même un roseau agité par le vent.

Attenter à la vie de celui ou de celle qui se trouve en mon sein, soit au sens spirituel soit au sens matrimonial, c'est cracher sur cette foule immense n'en déplaise aux défenseurs d'un droit usurpé : je refuse de porter un innocent (le corps d'un autre ou mon enfant de lumière) et de lui offrir le don de la vie sous bien des prétextes qu'un avocat sérieux serait en mesure de démolir sans peine. Et s'il advenait, par malchance, qu'il n'y parvienne pas, son écoeurement serait assez grand pour qu'il soit un pourfendeur zélé de l'IVG et qu'il demande incessamment l'abolition de la peine de mort pour tous les êtres en gestation. Conforté par l'exemple d'un éminent confrère ayant réussi à l'obtenir pour les plus grands criminels en 1981, il l'obtiendra aussi pour les victimes nombreuses du désordre mondial engendré par les folies collectivistes, celles qui nient les droits fondamentaux des personnes pour que survivent des groupes déjà constitués, quitte à mentir de manière éhontée sur les risques de surpopulation qu'encourrait la planète Terre.

Attenter à la vie de celui ou de celle qui se trouve en mon sein c'est permettre et conforter un renversement sans précédent du droit positif et de la justice. De nombreux fais divers le prouvent : si des voyous s'en prennent à un citoyen ordinaire, ils pourront recommencer x fois sans être arrêtés. Que les mêmes menacent les intérêts d'un "puissant" de l'époque, ils seront aussitôt retrouvés et empêchés de nuire à nouveau. Pour qui veut s'en informer et s'en convaincre, il suffit de lire attentivement de ce que rapporte l'Institut pour la Justice : deux poids et deux mesures. Si cela ne date pas d'hier, la multiplication des cas du même acabit doit nous alerter : nous sommes entrés dans un monde où des coupables risquent moins que des victimes.

Une élite française en perdition a réussi cet "exploit" scandaleux : des affrontements, au coeur de Paris en janvier 2020, entre policiers et pompiers. Honte absolue pour un pouvoir qui ne sait plus tenir ses troupes et qui passe son temps à diviser les Français au point d'ouvrir un front entre deux corps censés s'épauler dans les coups durs et qui, là, en pleine rue, donnent le spectacle affligeant d'une lutte imbécile et délivrent l'abominable contre témoignage susceptible de blesser le coeur des enfants qui rêvaient d'imiter ces chevaliers des temps modernes.

Non contente d'avoir organisé le renversement d'un droit positif qui protégeait jusqu'ici les plus vulnérables, cette fausse élite est parvenue à mettre en péril les forces humaines chargées de notre sécurité. Quand un voyou voit un policier tabasser un pompier ou le renverser d'un jet de canon à eau, qu'est-ce qui le retiendra de faire de même soit à l'encontre des forces de l'ordre soit à l'encontre des soldats du feu, en se donnant des bonnes raisons d'agir ainsi ? D'un côté l'imitation stupide, servile et aberrante ; de l'autre, l'invocation du droit à faire justice par soi-même. Dans tous les cas, des prétextes fallacieux pour s'auto-justifier devant des magistrats tétanisés par tant de culot.

Fable ? Voire ! Beaucoup de délinquants ne savent même plus ce qu'est le code d'honneur du grand banditisme. Agissant seul ou en petits groupes improvisés, ils n'ont cure des victimes qu'ils rencontrent en chemin et se moquent du flic comme de l'an quarante. Seule la violence extrême leur sert de boussole et de guide : frapper vite et le plus fort possible pour limiter les risques. Un avocat sensible à leur cause désespérée trouvera bien le moyen d'alléger leur peine ... et un juge redécouvrant tout d'un coup le droit sera même prêt à condamner une personne qui aurait eu l'idée de se défendre par elle-même ...

Oui, conversion urgente et nécessaire d'une élite mal préparée aux combats de l'époque contemporaine puisqu'elle a fui les exigences du seul combat qui importe vraiment : le djihad intérieur, celui qui rend humble et miséricordieux quand il ose affronter ses propres démons. Celui que poursuit tout ermite autorisé à mener une lutte sans merci après avoir vérifié au cours d'une vie cénobitique qu'il en sera capable, c'est-à-dire qu'il saura ne pas compter sur ses seules forces.

Quand un homme ou une femme se lance en politique, aura-t-il, aura-t-elle pris le temps de vérifier que sa stature intérieure est assez solide pour résister aux torrents de boue qui tenteront de barrer sa route  ? Quand tu veux défendre les intérêts d'autrui, sais-tu que des forces maléfiques tenteront, par tous les moyens, de te faire échouer ? En as-tu conscience ?

Le savoir ne doit pas m'intimider dès lors que je sais pouvoir compter sur des appuis surnaturels et que je fais en sorte d'en solliciter le concours : les forces du mal n'ont aucun pouvoir sur celui qui confie humblement son travail à beaucoup plus grand que lui-même. Il sait qu'en renonçant à suivre ses caprices et qu'en recherchant les attentes d'une Volonté infiniment plus sage, rien ne pourra l'arrêter en chemin.

C'est en perdant la conscience que ses pensées, ses décisions et ses actions doivent s'inscrire dans un projet saint de libération de l'esclavage qui les dépasse de toutes parts qu'une grande partie de l'élite française s'est fourvoyée sur des sentiers de traverse qui ne mènent nulle part. Elle prétend ordonner le monde selon ses vues alors qu'elle agit le plus souvent comme une insensée, incapable de déchiffrer les signes des temps ; alors qu'elle pense, décide et agit trop souvent pour le seul bénéfice de quelques privilégiés qui ne songent qu'à s'enrichir sur le dos de populations réduites en esclavage.

Quand se lèvent les vents de la contestation, quand le peuple se rebiffe, l'élite de piètre qualité invente des termes infamants ou teinte d'opprobre des mots familiers pour disqualifier ses détracteurs au lieu de se remettre humblement en cause. Ainsi voyons-nous, dans plusieurs pays d'Europe (*), une intelligentsia de petit calibre frapper d'indignité ce qu'elle nomme "populistes". Elle cède ainsi à la "tentation totalitaire" dont parlait Jean-François Revel : je suis le tout d'une vérité absolue. "Qui s'oppose à moi est nécessairement dans l'erreur, le mensonge ou la terreur. Qui est contre moi, disperse". A quoi nous pouvons ajouter, non sans pertinence et malice, eu égard à d'autres écrits de Jean-François Revel, que seul le Christ peut affirmer une telle chose, Lui qui pour porter jusqu'à l'extrême limite le message du Salut universel, ne retint pas jalousement la condition qui l'égalait à Dieu mais s'abaissa jusqu'à la condition d'esclave, de pécheur et de fou aux yeux d'un monde perverti.

(*) Hormis l'Espagne et le Royaume-Uni ou deux monarchies ont su préserver les vertus de l'enracinement comme le rappelle Chantal Delsol dans son opus : "Populisme - Les demeurés de l'histoire".


Redécouvrir la vie du Christ, Parole de vie et de vérité, voilà l'une des urgences les plus vitales. Pour toute élite comme pour tout un chacun. Pas seulement le génie du christianisme mais plus encore le génie du Christ en maintes circonstances rapportées par les Evangiles. Comme pour le Mercredi des cendres à venir (26 février 2020), son appel à ne pas se mettre en scène pour le jeûne, l'aumône et la prière. Rappel génial de l'édification intérieure et de l'action diligente qui n'ont cure ou souci de paraître. Se fortifier et fortifier, oui mais sans forfanterie, sans faire étalage, sans attendre de récompense immédiate, voyante, tapageuse puisque le bien ne fait pas de bruit. Toujours cette voix et cette voie de fin silence. Ne pas en démordre. S'y tenir, coûte que coûte. Accepter d'être honoré pour un travail de belle facture, certes, mais fuir tout honneur pour bonne conduite sachant pertinemment que s'il fallait tenir une comptabilité de mes bonnes et mauvaises actions - ce qui déplaît à Dieu - je me retrouverais, nous nous retrouverions si souvent "débiteurs" et peu glorieux. Dès que j'aurai quelques moyens suffisants, je risque de manger trop, d'oublier de prier et de me détourner de celui qui a faim, qui est nu ou sans toit, seul ou dans une misère noire.

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