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dimanche 16 février 2020

France2022 : Un militaire pour présider la France en 2022 ?


Suite de la tribune : France2022 Constats, principes directeurs et grandes orientations.

Qui pour succéder à Emmanuel Macron en 2022 ?


Après une si abondante et délirante accumulation de couacs, de désordres et de retards entre 2017 et 2022, la France aura besoin d'un homme expérimenté, non encarté dans un parti politique, capable de rassembler nos compatriotes et vraiment apte au commandement. Qui, mieux que l'un de nos généraux en retraite et encore jeune, serait à même de répondre aux attentes d'un peuple en souffrance ?

Au 4ème trimestre 2018, au commencement de la crise des gilets jaunes, un leader de ce mouvement réclamait déjà la nomination d'un militaire. Une idée qui se heurtait à l'époque au renversement de hiérarchie que supposait une telle proposition : un président quadragénaire aurait eu un rôle prééminent tandis qu'un sexagénaire se serait contenté d'obtempérer (*). C'est bien entendu la hiérarchie inverse qui pourrait avoir quelques raisons de réussir : d'une part un président chevronné dans l'art de choisir ses collaborateurs et de trancher de manière adéquate pour mener des actions pérennes, d'autre part un premier ministre dans la force de l'âge pour endurer les innombrables pressions que subit toute personne à ce poste, sur ce siège éjectable.

(*) Ajoutons qu'en proposant la nomination de Pierre de Villiers au poste de Premier ministre sous la houlette d'Emmanuel Macron, Président de la république, nous allions tout droit au clash incessant tant ces deux personnalités sont aux antipodes. Le premier a l'expérience du commandement tandis que le second balbutie dans cet art. Le premier est un fin connaisseur des rouages de l'Etat tandis que le second en découvre chaque jour la complexité. L'un est franc, net, précis et d'une seule pièce sans se départir d'une finesse de bon aloi. L'autre ondoie, floute et tente de se démultiplier sans pouvoir cacher son immaturité foncière comme son très grand manque de recul.

Nous connaissons ce sentiment très largement partagé aujourd'hui en France, sentiment d'abandon, de dégoût, de lassitude, de trahison alors que d'innombrables foyers de renaissance sont prêts à défier les dragons des autres empires. Non seulement s'étalent au grand jour les turpitudes d'un certain monde politique à l'agonie mais se conforte aussi le sentiment de son impuissance quasi permanente, de son incapacité à résoudre les problèmes actuels. Dans ce climat délétère, les coups de menton d'un président visiblement en immense décalage avec les attentes d'un peuple excédé paraissent encore plus risibles et tragiques.

Qui mieux qu'un militaire qui jugea, de main de maître et sans mollir, les faiblesses d'un tacticien et bien triste stratège ou sire, parachuté à l'Elysée, pourrait nous sortir de l'ornière où nous ont conduits plusieurs décennies d'incohérences ?

Quatre-vingt ans après la débâcle de 40, nous avons encore besoin d'un général, rebelle aux compromissions de tous ordres, digne de confiance et assez fort pour ne pas être tenté de cacher, par des artifices de communication, les terribles épreuves qui nous attendent si nous continuons à confier le destin de la France à des politiques sans scrupules et incompétents.

Il nous faut un président apte à jauger les capacités de ses subordonnés et collaborateurs pour éviter de les envoyer sur des fronts où ils ne manqueront pas d'échouer ; pour éviter aussi de choisir des incompétents notoires. Ce genre d'aptitude s'apprend au fil d'un travail de commandement de longue haleine. Les personnes, qui n'ont pas dépassé la cinquantaine, sauf exceptions très rares, en sont incapables : elles sous estiment les difficultés du chemin et elles surestiment les qualités de ceux qui ont à le parcourir.

Il nous faut un président suffisamment maître de lui-même pour ne pas exercer sur les autres une pression démente : celle que subit en retour tout responsable dépassé par l'ampleur d'une tâche qu'il n'a pas su évaluer ni planifier avec rigueur ; pression qu'il finit par répercuter maladroitement sur des exécutants déboussolés. Un chef expérimenté évite de malmener ses troupes, d'en mépriser les réalisations ou d'en mal évaluer les limites.

Nous avons besoin d'un président capable de rassembler des hommes et des femmes d'avis différents et même très divers, non pas sur des quiproquos, des propos ambigus ou des paroles contradictoires mais autour d'un dessein de grande envergure qui transcende les clivages partisans. Il nous faut un président prêt pour des combats où le verbe et la tactique ne plastronnent pas mais se mettent au service d'une stratégie millimétrée, d'une stratégie qui accorde beaucoup plus de place aux ambitions légitimes d'un peuple qu'aux petits calculs mesquins d'un individu en mal de pouvoir.

Il nous faut un président qui n'a pas perdu sa fraîcheur dans une conquête échevelée du pouvoir suprême, un président qui sait se tenir et qui n'a pas besoin de recourir aux artifices d'une séduction de mauvais aloi, un président qui a gravi humblement toutes les marches qui mènent au sommet.

Il nous faut un président qui soit le très digne héritier des avancées remarquables de la cinquième république et qui se montre à la hauteur d'un enjeu majeur pour notre pays et pour notre temps : retenir le meilleur de la cinquième république et l'adapter aux nouvelles données géopolitiques. Ce travail minutieux demande beaucoup plus que des postures bravaches : il y faut un courage politique de premier ordre, une volonté d'airain tant notre république et notre pays ont été salis par des attitudes présidentielles indignes d'une fonction de monarque républicain. Au fil du temps, nous découvrons en effet l'océan des turpitudes et des malversations qui ont souillé la fonction présidentielle. Les révélations à venir l'éclabousseront encore davantage mais nous aurions tort de désespérer : des hommes et des femmes de l'époque contemporaine sont capables de surmonter le défi de son relèvement. 






dimanche 26 janvier 2020

France2022 : Constats, principes directeurs et grandes orientations



En cours de rédaction ...

Dans quelques semaines, le projet France 2022 sera en chantier depuis dix ans (1er mars 2010). Voici les principes directeurs de la rénovation politique qu'il prépare, les raisons qui fondent chacun d'eux et les orientations prévues.  Les principes n'ont pas tous un caractère absolu : certains sont valables pour l'heure. Rien ne dit qu'il faille nécessairement observer à tout moment ceux qui vont suivre.

Chacun d'entre nous peut se dire à certains moments, souvent, voire tous les jours : "Je suis las de voir que la France est si mal présidée, si mal représentée dans le monde, si mal pilotée. Je suis écoeuré par tant de gâchis, de retards, d'incompétence, de corruption, ... J'ai hâte de voir la France enfin présidée dignement, sans arrogance, avec droiture, intelligence et honnêteté. Certains d'entre nous ajoutent : voilà pourquoi je ne vote plus. Je ne veux pas cautionner les désordres d'une vie politique atone, sans envergure. Je ne veux pas que mon pays soit décrié, jugé, vilipendé par ceux-là même qui sont sensés le représenter. J'attends avec impatience que se lève enfin un Président de la République digne d'une fonction tant de fois abîmée et amoindrie par des pitres, un président qui respecte chacun et qui prépare soigneusement ses prises de parole, qui ne se livre pas au jeu des petites phrases semant la pagaille, aggravant les dissensions, divisant les Français au lieu de les rassembler (*)". 

(*) Gaëtan Dussausaye, responsable national des jeunes au Rassemblement National donne ici, avec intelligence et lucidité, une lecture éloquente de l'actualité au micro de Stéphanie de Muru sur RT France.


1. Un Président de la République issu de la société civile ...

... qui n'a pas eu de responsabilité politique nationale et qui n'est pas encarté dans un parti politique. Un président qui, a fortiori, n'est pas un chef de parti politique. Ce pourrait être une personne ayant déjà exercé de très hautes responsabilités, par exemple Pierre de Villiers, ou bien un outsider n'ayant pas une telle notoriété mais bien préparé à l'exercice d'un mandat présidentiel par une riche expérience dans plusieurs domaines clefs : pédagogie, gestion et management, informatique, sciences et lettres, fonction publique et entreprises privées ... 

Voilà un principe qui n'est pas absolu mais qui, pour l'heure, revêt une importance capitale. A terme, la logique des fonctions assumées par la présidence de la république française voudrait que, parmi les candidats naturels à ce rôle, figurent d'anciens gouverneurs ou vice-gouverneurs de province (au sens du projet France 2022).

Un président capable de se tenir au-dessus des partis sans aucune morgue, de dialoguer sereinement avec des personnes d'avis très divers, d'être rassembleur et d'être un facteur exemplaire de paix sociale, de stabilité, d'entrain pour un Etat stratège

Un président qui prend des décisions, non pas dans un esprit partisan, pour satisfaire les desiderata d'une caste (*) mais pour le bien commun du peuple français sans jamais oublier les conséquences de ses choix sur les plus vulnérables. Un président capable de prendre le risque de l'impopularité provisoire pour un bien supérieur.

(*) ou pour mettre en oeuvre les aberrations de toute idéologie n'ayant que la déconstruction pour seul horizon

Un président libre de toute influence sectaire et de toute emprise addictive ; qui sait se reposer, prendre du recul et qui ne malmène pas les ministres, ses collaborateurs et l'ensemble des personnels en charge de très lourdes responsabilités. 

Des candidats à la présidence de la république et un président soumis à des tests réguliers de non dopage (voir à ce sujet l'interview de Gérard Fauré, dealer du show biz et d'une certaine faune politique).

Un président capable enfin d'expliquer les raisons d'être de chaque réforme avec la clarté et le brio dont savent faire preuve les grands stratèges industriels tels que Carlos Ghosn (*) auquel une tribune du projet France2022 est largement consacrée.

(*) Vidéo de 73 minutes à l'ENSAM en 2016 au sujet de l'alliance Nissan - Mitsubishi - Renault.

Quand l'observateur impartial voit et entend à quel niveau hors du commun s'exprime Carlos Ghosn, il ne peut qu'être affligé par une perte de quatorze mois en détention ou en résidence surveillée et par un gâchis quasi incommensurable : contraindre une telle intelligence à batailler pour faire reconnaître son innocence quand elle pourrait carburer pour une industrie aussi complexe que celle de l'automobile, c'est gaspiller stupidement un trésor d'art et de science ; c'est priver les générations futures de perspectives grandioses (pas moins). Où nous relevons au passage qu'en définitive ce sont toujours des forces d'essence malthusienne (dénoncées en long et en large dans plusieurs tribunes du projet France2022 : Ecole et société malthusienne(s) en France et ailleurs) qui cherchent à entraver la croissance et le développement d'une humanité conquérante et cela en contradiction flagrante avec l'un des messages phare de la Bible : "Vous donc, croissez et multipliez; peuplez en abondance la terre, et multipliez sur elle." Gen 9:7-17 et nous comprenons qu'une bonne part des activités démoniaques consiste à mettre en échec ce projet d'expansion en faisant chuter les vecteurs principaux de ce mouvement, en faisant surgir des peurs extravagantes (par exemple à propos du coronavirus), en brandissant des menaces toujours plus insensées ... 


Chacun d'entre nous peut se dire à certains moments, souvent, voire tous les jours : "Je suis las de ces oppositions stériles et de ces connivences sous le manteau d'une gauche et d'une droite qui n'arrêtent pas de défaire ce qu'un camp vient d'accomplir mais qui laissent subsister le pire, par exemple la mise à mort de 230.000 êtres en gestation chaque année en France, par la conjonction de l'une des lois les plus funestes (IVG) et d'une situation de pauvreté, de déclin, de désespérance qui pousse tant de femmes vers l'avortement. Je suis révolté par beaucoup d'attitudes et de prises de parole caricaturales de représentants politiques aux ordres de leur parti, qui n'ont pas le courage de soutenir des projets d'envergure et utiles à mon pays parce qu'ils sont tétanisés par la peur de l'exclusion. Je suis impatient de voir mis en oeuvre des projets qui réuniraient un large consensus national et qui seraient mis en oeuvre par une grande majorité de représentants du peuple enfin libres des lobbies, des menaces d'appareil, des accointances avec quelque caste égoïste. Je suis excédé par les comédies parlementaires et ministérielles jouées par des dopés, des drogués qui ont perdu le sens des réalités quotidiennes, qui n'ont pas le courage de sortir de leurs turpitudes et qui finissent par filtrer le moucheron tout en laissant passer le chameau : s'attaquer aux vrais problèmes, aux vrais défis de l'heure mettrait en lumière leurs comportements de dévoyés. Certains d'entre nous ajoutent : voilà pourquoi je ne vote plus. Je ne veux pas cautionner les rivalités de clocher, les débats stériles ou joués d'avance, les mesurettes ridicules qui ont jalonné la vie politique française depuis le septennat le plus calamiteux de la cinquième république (1974-1981)".



2. Une majorité parlementaire à géométrie variable, ...

... non pas fondée sur une coalition fixe de partis mais sur des consensus qui varient en fonction de chaque grand axe de réforme d'un projet commun : avant les législatives de 2022, chaque candidat aura indiqué aux électeurs ce qu'il entend défendre du projet de la présidence élue, ce qu'il approuve sans nécessairement l'appuyer (position de neutralité) et ce qu'il désapprouve (opposition) de telle manière que cette élection soit aussi l'occasion d'un référendum sur chaque grand thème du programme. Prenons l'exemple emblématique de l'IVG. On nous rebat aujourd'hui les oreilles de la chansonnette d'un acquis indéboulonnable. Interrogeons les Français après les avoir clairement informés du drame qui se joue depuis 1975 et nous verrons bien si nos concitoyens sont encore prêts à soutenir qu'un pays a quelque avenir quand, chaque année, il laisse abattre près d'un quart d'une génération montante sans même s'en émouvoir, sans rien faire pour endiguer ce fléau et, pire encore, en considérant faussement qu'il s'agirait d'un progrès et d'un droit inaliénable. Prenons un autre exemple a priori moins polémique (quoique ! ) : la création d'une monnaie de service et d'abondance. Là encore, un effort pédagogique est plus que nécessaire : éclairer chacun sur les tenants et les aboutissants d'une action aussi structurante pour l'avenir du pays. Dans le projet France 2022, cette création vise plusieurs buts dont l'un paraît essentiel après analyse approfondie de la situation française : la réduction du nombre d'avortements. L'analyse fine du résultat des élections législatives devra permettre de répondre à cette triple question : la création d'une monnaie de service et d'abondance est-elle placée en tête du choix des candidats aux élections (qui indiqueront leurs priorités) ? Si oui, ce choix est-il plébiscité par une large majorité de votants ? Si oui, enfin, quels seront les domaines prioritairement irrigués par cette nouvelle monnaie ? Si une large majorité de votants valide le principe de la réduction du nombre d'avortements, les députés sauront qu'ils ont carte blanche pour soutenir toutes les femmes enceintes par la nouvelle monnaie créée. Si les votants placent plutôt la réduction du nombre de chômeurs en tête de leurs priorités, l'Assemblée allouera davantage (ou autant) de fonds à la création d'emplois.

Chacun d'entre nous peut se dire à certains moments, souvent, voire tous les jours : "Par qui sommes-nous gouvernés ? Que font-ils ? Qu'attendent-ils pour s'attaquer intelligemment aux difficultés que je rencontre au quotidien, chaque fin de mois ?". Je suis choqué par l'inexpérience de certains ministres, leur manque de hauteur de vue, leur incompétence, leur silence, leur manque de visibilité, ... . J'attends que mes idées soient défendues par un ministre d'un gouvernement d'Union Nationale où chaque courant soit tenu de respecter les éléments contradictoires apportés par des sensibilités différentes. J'ai hâte que des hommes et des femmes de grande expérience reprennent le flambeau d'une politique véritablement construite, soucieuse de bâtir à long terme, respectant les principales caractéristiques qui ont fait la grandeur de la France. Je suis excédé par l'impréparation manifeste des réformes engagées par un Gouvernement d'amateurs de mauvais goût et d'apprentis sorciers. Certains d'entre nous ajoutent : voilà pourquoi je ne vote plus. Je ne veux pas, en conscience, participer à l'avènement au pouvoir d'ambitieux qui ne roulent que pour eux-mêmes, de personnages en manque de reconnaissance et de notoriété qui vont à la soupe, de pantins tétanisés par l'idée d'être éjectés au prochain remaniement ministériel".


3. Un Gouvernement d'Union Nationale ...

... qui prenne le taureau par les cornes, qui se préoccupe enfin d'une situation pour le moins inquiétante sans verser dans la démagogie, sans se croire obligé de servir tel ou tel intérêt particulier, sans tergiverser, sans arrogance et avec tact. Un Gouvernement qui s'est dûment préparé à exercer un ministère complexe : rassembler les Français autour d'un noyau de réformes fondamentales et non pas les diviser par la mise en oeuvre d'une farandole de rustines sans avenir. Un Gouvernement où chaque rôle thématique (rôle ministériel) est assumé par deux personnalités qui ne sont pas du même bord politique, deux personnes tenues de s'entendre pour présenter une nouvelle réforme. Un Gouvernement où la composante adhocratique (projet) est mise en valeur, renforcée, élargie de telle sorte que soient menés des projets d'envergure et non plus ces réformettes à la petite semaine qui plombent l'avenir des générations montantes et rendent la situation présente de plus en plus problématique.


4. Une nouvelle organisation des pouvoirs exécutifs ...

... afin qu'à chaque niveau de décision, un tandem de responsabilités complémentaires soit toujours impliqué : d'une part une responsabilité externe qui prend en compte l'environnement de l'entité concernée (pays, province ou municipalité), d'autre part une responsabilité interne qui tient compte des parties qui composent l'entité. Par exemple, un Président de la République davantage tourné vers les Etats voisins, l'Europe, les autres continents et un vice-Président davantage préoccupé des affaires intérieures de la France. L'un et l'autre ne prennent jamais de décision unilatérale et en solo mais toujours en concertation avec l'autre partie, l'autre face pourrait-on dire d'un même pouvoir. En cas de désaccord entre les deux, une autre priorité vient supplanter celle qui est en souffrance. De même, Premier Ministre et vice-Premier Ministre ... Gouverneur municipal et vice-Gouverneur municipal. Principe "vicieux" diront les détracteurs de cette organisation. Laissons-les pérorer !

Chacun d'entre nous peut se dire à certains moments, souvent, voire tous les jours : "A quoi riment ces déluges de communication ? Que cachent-ils ?". Je suis agacé par ces attitudes et ces paroles théâtrales qui se donnent un tour dramatique et qui se révèlent comiques ou tragiques à l'analyse. J'ai hâte que nos dirigeants sortent le grand jeu, qu'ils arrêtent de nous servir la soupe infâme d'une comédie de mauvais goût, de livrer des plats infects. J'en ai marre d'être pris pour un imbécile, un illettré, un moins que rien.  Moi, je suis assoiffé, affamé de vérité vraie et pas d'une vérité frelatée. On dirait que certains de nos dirigeants en sont restés à l'année 1974 où un jeune énarque damait le pion à la génération qui aurait dû logiquement succéder à Georges Pompidou : ils ne font qu'imiter ceux qui, à cette époque-là, avaient bien compris le rôle et le poids de la télévision, la puissance et la rapidité des médias d'alors. Qu'attendent les dirigeants actuels pour employer les nouveaux moyens de communication, non pas au service de leur propagande mais d'une vérité qui ne se laisse pas enfermer dans des coups publicitaires, des buzz et compagnie ? Certaines d'entre nous ajoutent : voilà pourquoi je ne vote plus. Je ne veux pas, en conscience, participer à l'accession au pouvoir de dirigeants malhonnêtes intellectuellement et tellement en retard, au fond, puisqu'ils s'imaginent qu'il suffit aujourd'hui d'imiter la génération des renards qui ont dominé les années 70, 80, 90, 2000 ou 2010 alors que des experts en communication sont aux aguets et prêts à décortiquer leurs ficelles bien grosses ; alors qu'il est urgent désormais de préparer un projet politique pour la France qui tienne enfin la route ; un projet solide et magnanime qu'il ne soit point nécessaire de proposer, de défendre et de mettre en oeuvre par quelque artifice de communication.

5. Un projet rigoureusement charpenté et fondé sur quelques réformes d'envergure s'appuyant, entre autres, sur une bibliographie originale et solide puisqu'elle fait la part belle aux analyses les plus rigoureuses et aux synthèses les plus magistrales.

En l'occurrence pour le projet France 2022 : création d'une monnaie de service et d'abondance, d'une part ; réorganisation des pouvoirs, d'autre part. Soit deux piliers venant en soutien de toutes les actions conséquentes : réduction drastique du nombre d'avortements et du nombre de chômeurs ; transition informatique et écologique ; rééquilibrage de la balance des paiements ; remboursement et fonte de la dette publique ; réduction des inégalités de traitement et sortie de l'homogénéisation par le bas ; revalorisation et modernisation des métiers de l'industrie et de l'artisanat ; développement linguistique et artistique (entre autres) de la France ; réorganisation des médecines françaises ; révision des politiques agricoles ... 

En parallèle : fin des réformettes sociétales qui n'apportent que trouble, divisions, dispersions et retards.






A suivre ...



dimanche 19 janvier 2020

France2022 : PMA et GPA







En préambule, pour rire ou pleurer selon votre humeur, vous trouverez ici un enregistrement stupéfiant. Dans un article en date du 21 novembre 2019 consacré à Pierre de Villiers (ici interviewé par Sud radio le 28 novembre 2018), se trouve une vidéo publique  intitulée "bienvenue chez les dingues", montrant deux ministres s'embrouiller copieusement à propos de PMA. On croit rêver tant ce morceau d'anthologie illustre à quel degré d'aberration et d'inconsistance plane une partie de "l'élite" française. 

1. Où nous passons, en ce jour de manifestation nationale en France, des risques d'une GPA individualiste et capricieuse aux promesses d'une GPA authentique : celle qui se souvient que toute gestation n'est pas pour soi mais pour autrui. Aussi ne convient-il pas d'ouvrir les vannes d'un commerce préjudiciable aux plus pauvres et seulement profitables aux plus fortunés mais de reconnaître que nous devons rechercher les moyens qui permettront à toute femme de garder son enfant même dans les circonstances d'apparences les plus contraires au maintien de son existence.

2. La présente tribune fait suite à la lettre ouverte du projet France 2022 aux parlementaires LREM qui les exhorte à se pencher enfin sur les questions importantes de l'heure au lieu d'être à la remorque d'un exécutif à l'agonie sans quoi la chute de ce pouvoir entraînera aussi la dissolution d'une Assemblée incapable de résister aux oukases d'un pouvoir sans boussole. Dissolution qui tomberait à point nommé puisqu'est annoncée une rénovation du Palais Bourbon qui rendra son hémicylce inutilisable du 6 juin 2020 au 6 octobre 2020. Même si certains ont déjà rappelé que ce n'est pas le bâtiment qui fait l'Assemblée mais la réunion de ses membres et que cette réunion peut se tenir n'importe où, il est clair comme de l'eau de roche que les travaux sur la verrière du Palais Bourbon seraient un prétexte facile pour qu'un Gouvernement en queue de comète passe allègrement par-dessus les reliefs de pouvoir d'une Assemblée quelque peu débutante dans l'art d'une politique à plusieurs bandes ...

3. Enlisés dans la réforme des retraites, les partisans de la PMA pour les femmes seules et les couples de femmes auront-ils le loisir d'achever leur déconstruction ? Rien n'est moins sûr et c'est tant mieux ! Cette folie de l'engendrement excluant d'emblée que la fonction paternelle soit assurée par un mâle prépare en sous main le passage à la GPA puisque les couples d'hommes vont réclamer leur part et, pourquoi pas, un homme seul tant que nous y sommes ?

4. Les acteurs de cette pitrerie en appellent à un débat "dépassionné" comme s'il fallait toujours parler à mi-voix, sans un mot au-dessus de l'autre, par une sorte de quiétude tiédasse. Les mêmes n'auront pas de mots assez durs pour stigmatiser leurs adversaires, pour ridiculiser leurs propos et leur prudence. Innovons braves gens ! C'est dans l'air d'un temps qui ne sait plus quoi inventer pour faire du "neuf", du bruit et du buzz.

5. Les mêmes encore déploreront ensuite les effets des causes qu'ils chérissent (Bossuet). Ils s'étonneront qu'une société tout entière parte en couilles. Quoi de surprenant à cela quand on fait en sorte que le mâle soit castré ? Quand on s'évertue à désigner l'être masculin comme seul responsable des plus graves désordres au mépris des analyses les plus sérieuses quant aux chemins empruntés par la violence pour tenter de s'imposer, soit par des formes manifestes soit par des manoeuvres sournoises. Voir à ce propos l'excellent ouvrage : "Le tigre et l'araignée. Les deux visages de la violence" d'Olivier Clerc.

« Le Tigre et l’Araignée » : de nouveau disponible en ...



6. La "PMA pour toutes" fait tristement penser au "mariage pour tous" l'une de ses couillonnades dont quelques politiques ont le secret. Lorsque des fanatiques tirent sur des spectateurs, des personnes attablées, des humoristes ou des caricaturistes, ces politiques et leur cour s'imaginent défendre la liberté d'expression en s'indignant, en se disant "Charlie", alors qu'ils ont tout fait pour alimenter le moulin infernal de ces fous furieux s'imaginant faire oeuvre pie en répandant la terreur.

7. Quand les déconstructeurs comprendront-ils enfin que leur fausse tolérance pousse au crime ceux qui rêvent d'une société régie par la charia ? Ils passent leur temps à provoquer les tenants d'un ordre immuable par leurs sornettes juridiques en prétextant de la nécessité d'adapter nos lois aux pratiques de quelques-uns afin que ceux-ci n'aient plus à parcourir le monde pour trouver un lieu accueillant leur spécificité et leur offrant la lune.

8. A celles qui font le choix d'une relation infertile par essence, pourquoi donner ce dont elles se privent volontairement et en toute connaissance de cause ? Il y a là un déni de responsabilité, une invitation à toujours contourner l'obstacle, même sans surprise et le plus naturel.

9. Orgueil prométhéen qui s'étonne ensuite de la réponse du même acabit de ceux qui prétendent nettoyer la terre en répandant sur elle le sang des "mécréants". Deux folies se répondent l'une l'autre en faisant fi des conséquences désastreuses de leurs ambitions contradictoires : d'un côté les feux d'un délire techniciste allumés à tout va ; de l'autre de faux pompiers qui prétendent les éteindre quand ils ne font qu'attiser la haine en empêchant toute possibilité de pardonner.

10. D'un côté ceux qui ont la fausse miséricorde facile, de l'autre ceux qui rendent la vraie miséricorde quasi impossible. Beau travail de sape en vérité par lequel tant d'hommes et de femmes finissent par désespérer d'un monde à feu et à sang.  

11. Oui, il est grand temps de sortir de cet affrontement stérile entre deux logiques absurdes : l'une se moque de Dieu et des hommes ; l'autre prétend Le servir par le meurtre. N'importe lequel d'entre nous peut se trouver un jour pris dans l'étau de ces contraires en guerre permanente.

12. Il y a ceux qui disent façonner des lois respectueuses de la différence quand ils ne font que pondre des tolérances abusives. Leur font face les tenants d'une loi civile soi disant d'inspiration divine qui en est encore à lapider ou à couper des mains ... Triste spectacle de la connerie inhumaine dans toute sa splendeur.

13. Cette connerie aura-t-elle le dernier mot ? Qu'il nous soit permis d'en douter. Le seul fait de voir par qui elle est nourrie devrait nous alerter. Ceux qui promeuvent les licences contraires à l'intérêt des générations futures sont incapables de résoudre sainement les défis du moment. Ceux qui leur répondent par le terrorisme ne savent que détruire.

14. Deux camps aussi nuisibles l'un que l'autre semant la misère à tour de bras et récoltant la tempête, qui en voudra encore dans quelque temps à part ceux que n'intéresse qu'une vie stérile et de désordre permanent ? 

15. La majorité d'ordinaire silencieuse, réfractaire aux raisons de ces deux logiques en guerre, comprend qu'il est grand temps d'élever la voix pour faire cesser les jeux stupides de l'orgueil prométhéen gravé sur une même pièce à deux faces : la face sombre de la violence yin, sournoise, nauséabonde et filandreuse d'un côté ; la face prétendument lumineuse de la violence yang, brutale, manifeste et terrifiante de l'autre côté (voir le n° 5 de cette tribune). Deux faces qui se tiennent pour semer la discorde, la division et la peur.

16. Entre ces deux camps survivent, bon an mal an, ceux qui puisent dans le judaïsme et son accomplissement en Christ des raisons d'espérer : ils ont appris que la prétendue sagesse de ces égarés n'est que pure folie aux yeux de Dieu. Ils savent que la tolérance affichée par les uns n'est que mépris d'une loi raisonnable et que l'intolérance des autres n'est qu'une peur déguisée.

17. Comment mettre un terme à l'escalade, à la surenchère, au délire des uns et des autres ?

18. En passant peu de temps à dénoncer. C'est leur accorder trop d'importance. Il vaut mieux consacrer la plus grande part de son temps à comprendre ce qui se joue là pour en démonter les ressorts les plus secrets et pour agir à bon escient.

19. D'un côté, nous avons une postmodernité qui ne sait plus quoi inventer pour se renouveler et se réinventer. De l'autre, survivent des archaïsmes qui redoutent d'être emportés par un flot d'innovations, d'inventions, de méthodes qui sont de plus en plus en mesure de souligner leurs travers, leurs incohérences et leur stérilité. Ces deux courants sont à bout de souffle et ne tarderont pas à expirer. Inutile de s'abaisser à les combattre.

20. Prenons le temps, au contraire, de célébrer leurs opposés : d'une part une modernité solidement ancrée dans des traditions vivantes ; d'autre part la vigueur d'une interprétation qui ne se laisse pas enfermer dans les errances du passé. Ce n'est qu'à ce prix que nous sortirons vainqueurs d'une tragédie qui se gonfle pour nous intimider mais qui, à l'aune d'un jugement tranquille, apparaît sous un jour moins effrayant : nous voici partie prenante d'une comédie surjouée par deux pouvoirs éphémères qui sentent confusément que leurs règnes est en train de s'effondrer, en dépit de toutes leurs petites prises de guerre.

21. D'un côté des licences pour une minorité d'insatisfaits, de l'autre des territoires perdus de la République (150 recensés à ce jour par la DGSI en France) où les salafistes s'imaginent pouvoir imposer durablement la charia.

22. Ces petites prises de guerre vont s'écrouler d'elles-mêmes, incapables de tenir sur le long terme puisqu'elles défient et la raison et la foi authentiques. Elles ne résultent que d'un affaiblissement temporaire de l'une et de l'autre. Leur vigueur reprendra le dessus car, au rebours de ce que prévoient les cassandres et de ce que croient les ignorants, foi et raison sont faites pour se soutenir l'une l'autre. Elles ne s'opposent que dans les cervelles fêlées, fatiguées, dérangées ou peu instruites.

23. Commençons par les cervelles peu instruites. Souvent, elles ne jurent que par la pratique et considèrent que les théories sont du vent. Point de vue bancal qui ne sait pas qu'une théorie bien faite est d'un précieux secours pour améliorer une pratique ayant atteint ses limites. Parti pris étroit qui méconnaît la puissance d'une théorie bien fondée.

24. Toute théorie résulte d'un travail qui conjugue foi et raison : ses postulats sont indémontrables. Ils sont donc le fruit de multiples tâtonnements qui choisissent enfin un soubassement digne d'intérêt et de confiance car, en dehors des mathématiques qui ne sont plus tenues d'adhérer à un champ du réel, toute théorie cherchant à rendre compte des phénomènes observables se construit sur des données empiriques sujettes à caution : d'autres données peuvent un jour infirmer les postulats tenus jusqu'alors pour "vrais". Pour se fixer, au moins pour un temps, sur un terrain stable, le travail théorique n'est rendu possible que par la confiance accordée à ceux qui ont observé le domaine du réel dont la théorie cherche à rendre compte. Ultimement, cette confiance doit être accordée aveuglément (jusqu'à preuve du contraire) soit aux premiers observateurs soit à ceux qui ont confirmé (voire infirmé) telle ou telle mesure.

25. Une fois que les fondements sont posés, la raison poursuit l'exploration du champ d'étude en démontrant des lois ou en inventant de nouvelles expériences. Il lui appartient aussi de remettre en cause les fondements, de bousculer des certitudes, de peaufiner certains aspects ou d'éclairer des zones d'ombre ...

26. Dès lors, comment s'étonner qu'une raison et une confiance amoindries en viennent à échafauder des théories fumeuses et farfelues ? La fausseté d'icelles découle d'une logique implacable : là où les deux facultés primordiales de l'esprit humain ne coopèrent pas dans la confiance mutuelle, ne peuvent que surgir des constructions bancales et foireuses. Par exemple des systèmes juridiques qui marchent sur la tête comme la PMA pour toutes ou une GPA pour couple gay.

27. Les cervelles fêlées, fatiguées ou dérangées n'ignorent pas le double pilier qui sous-tend la moindre théorie. Elles s'arrangent simplement pour tordre la vérité, soit en partant de présupposés manifestement faux, soit en produisant des raisonnements circulaires ou qui déraillent subtilement mais leur principale astuce est ailleurs : elle consiste à exhiber quelques détails exacts tout en camouflant ou en ignorant des pans entiers du réel. L'incomplétude systématique est le moyen le plus sûr et le plus discret pour asseoir le mensonge.

28. Pour la PMA pour toutes et la GPA pour couple gay, l'un des présupposés majeur erroné qui est invoqué est celui-ci : dès lors qu'une situation est rendue possible par une avancée technique, il faut tout faire pour la rendre légale.

29. Les promoteurs d'une telle assertion n'avancent évidemment pas de façon aussi brutale ! Ils commencent par vous servir de "l'encadrement juridique pour éviter les dérives". Renversement subtil qui présente leur but sous un jour louable. Ils crient au loup afin de passer pour les gardiens du temple des bons usages. Dans leurs bouches, le "il faut tout faire pour la rendre légale" devient : "il faut légiférer". 

30. Le deuxième argument de leur propagande consiste à rappeler, à cor et à cri, que la pratique qu'ils entendent autoriser est déjà en vigueur dans d'autres régions du monde. Ils ne manquent pas de souligner aussi que ces régions sont en avance ... et que notre pauvre France, comme d'habitude, est à la traîne alors qu'il y a deux cents ans, notre chère patrie illuminait l'univers tout entier de ses trouvailles mirobolantes et fracassantes (celles-là mêmes qui mettront notre planète à feu et à sang jusqu'au beau milieu du XXème siècle et encore de nos jours ...). 

31. Il faudrait encore examiner d'autres points. Comme nous le rappelions au n°18 de cette tribune, nous perdrions un temps précieux à souligner les carences des théories fumeuses qui occupent le petit microcosme des agitateurs publics.  Laissons là le travail d'analyse pour revenir à l'essentiel : le désir d'enfant.

32. La principale erreur qui fait le lit d'une PMA pour toutes et d'une GPA pour couple gay est d'une simplicité biblique : elle place le désir en amont de la conception alors que l'amour authentique s'efforce de le faire grandir après la conception. Désirer un enfant avant sa naissance est à la portée de tout un chacun pourvu que le sujet du désir ne soit pas, a priori, remonté contre la venue d'un enfant. En revanche, désirer l'enfant qui advient demande un caractère bien trempé : le moment où l'enfant ne répond plus à mes attentes ne manque jamais de se produire et c'est à ce moment-là, à ce moment-là seulement, que l'amour authentique se déploie dans toute sa plénitude puisqu'il me faut alors consentir à laisser mes rêves de côté pour accueillir ce que je n'attendais pas.

33. De même, nous savons que, si une joie sans mélange est rare en ce monde, l'un des meilleurs moyens de nous rendre malheureux c'est de refuser d'accueillir le réel qui se présente à nous, indépendamment de notre volonté. Nous savons qu'il convient donc d'abord d'exercer nos facultés d'accueil et de faire en sorte de désirer ce qui est là, ici et maintenant.

34. Tout désir qui prétend nous sortir d'une situation qui n'a pas été d'abord acceptée dans toutes ses dimensions, finit par échouer lamentablement sur une plage de désillusions.

35. Et c'est ainsi que certains admettent et pratiquent l'un des crimes les plus abominables de l'époque contemporaine : l'assassinat dans nos cliniques et nos hôpitaux d'enfants viables parce qu'ils sont porteurs d'un handicap. Vous avez bien lu. Il ne s'agit pas d'une invention. 

36. Au moment de découvrir ce handicap, la mère qui l'ignorait est sous le choc et elle accepte que l'enfant soit tué ou consent à ce qu'il le soit. Le désir mal aguerri s'est fracassé sur une épine que la personne mal préparée à désirer de manière authentique, c'est-à-dire en aval et non pas seulement en amont, vient de prendre pour un rocher. Soudain, ce qui aurait dû lui paraître difficile mais acceptable lui a paru insurmontable.

37. Et c'est ainsi que des millions d'êtres en gestation ont été tués depuis 1975, l'une des années les plus noires de l'histoire de France sinon la plus meurtrière : le désir fragile, mal préparé, émoussé par des raisons contraires s'est flétri au point de ne plus voir qu'il y aura toujours de la place pour un nouveau-né en ce monde, une majorité d'hommes dût-elle en décider autrement.

38. Parmi les plus perfides promoteurs de la PMA et de la GPA, on en trouve qui cherchent, sous cet angle, à prendre l'Eglise en faute. Ils raisonnent ainsi : "Toi qui passes pour être défenseur de la vie, comment se fait-il que tu ne te réjouisses pas que des couples stériles par essence puissent devenir parents en raison des progrès de la science ?". Sortilège, évidemment ...  qui fait penser au ressort de la tentation utilisé par le serpent au jardin d'Eden.

39. Quand le mensonge prend cette allure-là, il n'y a rien à répondre de mieux que ces mots du Christ tenté par Satan au désert : "Il est écrit : tu ne mettras pas le Seigneur ton Dieu à l'épreuve". Oui, si on te propose un jour de te jeter d'une hauteur en te promettant la lune, pars en courant ! Le Diable est comme un molosse prêt à déchiqueter qui passe à portée de ses crocs mais ne jamais oublier qu'il est attaché à une longe. Pour ne pas être mordu et réduit en pièce, se tenir simplement à distance et ne pas s'en approcher.

40. Au quarantième numéro de cette tribune ou au quarantième jour de ton combat contre l'Adversaire, garde le cap : ne pas céder aux injonctions qui te poussent à confondre identité et acte. Un acte homosexuel qu'il soit rare ou fréquent ne définit jamais une identité ni même une personnalité. Ne te laisse jamais enfermer dans ces cases que les esprits paresseux inventent pour s'éviter la fatigue de réfléchir.

41. Si tu es une jeune femme qui désire un enfant, en "couple" avec une autre femme, rien ne t'oblige à te priver d'une présence masculine sinon ce raisonnement absurde qui a fait de toi ceci ou cela et qui paraît avoir scellé ton destin.

42. Admettons que tu sois rebelle, franchement remontée contre la gent masculine, à tort ou à raison. Tu désires être mère. Que ta compagne le désire aussi ou pas, elle ne sera jamais la mère de l'enfant que tu porteras et ne sera jamais non plus le père de cet enfant. Qu'adviendra-t-il finalement ? Les promoteurs de la PMA mettent en exergue des cas remarquables "où tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes". Sornettes, évidemment !

43. Dans un couple classique, c'est déjà un chemin de croix et donc de sainteté même quand les époux s'entendent bien alors quand deux femmes prétendent avoir "leur" enfant bien à elles sans la présence d'un mâle, il ne faut guère s'attendre à une route pavée de roses, en dépit de ce que clament les partisans de la PMA.

44. Dès qu'il te sera donné le loisir d'approcher, en vrai, l'une de ces personnes en vue du monde contemporain, qui étale son "bonheur" sur Instagram, qui affiche ses succès sur Facebook, tu t'apercevras que l'envers du décor est loin d'être aussi reluisant que ne le promettaient des images soigneusement sélectionnées.

45. Ce qui promeuvent la PMA oublient de te parler de la misère morale qui ne cesse d'étendre son empire en poussant sur le devant de la scène de fausses réussites ou des succès éphémères voire de façade. Le comble est atteint lorsque, sentant que tu prends peur finalement, ils prétendent que la longe du molosse est beaucoup plus courte que tu ne le crois ...

46. Celui ou celle qui n'a pas les deux pieds dans le même sabot sera légitimement effaré de voir avec quel zèle on promeut aujourd'hui la relation homosexuelle en la mettant sur le même plan qu'une relation sexuelle et en oubliant au passage les ravages causés par l'acte homosexuel sur les corps et les personnalités.

47. Si tu oses disqualifier la relation homosexuelle, on te traitera d'homophobe. Osons le paradoxe légitime : "Ne craignons pas d'éprouver une peur raisonnée à l'égard de l'homosexualité !". Oui, redoutons que l'acte homosexuel se banalise au point d'en perdre la grandeur de l'acte sexuel authentique, celui qui unit deux personnes complémentaires à tous points de vue : psychique, anatomique, sensoriel, émotionnel, énergétique ... et engagées l'une envers l'autre sans retour.

48. En vérité, il faut n'avoir jamais vécu la force, la beauté, l'intensité de l'union sexuelle entre un homme et une femme pour soutenir que l'acte homosexuel a quelque valeur. Il n'arrive pas à la cheville de cette union tant il est contraire aux principes énergétiques qui gouvernent les corps humains et la manifestation tangible de son néant se traduit pas la stérilité qui en découle intrinsèquement (et non par accident).

49. Voilà pourquoi - il ne faut pas chercher plus loin - les promoteurs de la relation homosexuelle tentent par tous les moyens de faire accroire l'idée que la relation homosexuelle peut être féconde. Ils sont prêts à mobiliser tous les artifices pour soutenir leurs thèses.

50. Ne nous laissons pas intimider par l'étalage en long et en large de la mise en scène de l'homosexualité. Il suffit de sonder quelques cas célèbres ou parmi ses proches pour accéder à l'envers du décor et découvrir la déréliction qui s'empare de l'un des partenaires d'une relation homosexuelle tandis que l'autre paraît, parfois, s'en porter à merveille. L'expérience est saisissante. Si je n'ai pas le regard embué par la complaisance ou voilé par une sorte d'aveuglement idéologique, je peux même lire sur certains visages une immense souffrance qui ne tient pas seulement, contrairement à ce qui est souvent affirmé à la légère, au rejet de quelques-uns.

51. Non, il s'agit bien d'une souffrance intérieure, d'un séisme et même d'un cataclysme par lequel un homme ou une femme se sent comme fissuré(e) dans tout son être. Et chaque nouvel acte homosexuel ne fait qu'aggraver son état et son mal être. Il faut oser dire qu'il n'y a là rien d'étonnant : cet acte porte en lui un très grand potentiel de déflagration énergétique. Qu'elle ne soit pas ressentie sur le moment ou perçue à plus long terme ne change pas ses capacités de nuisance : à terme, au moins l'un des partenaires va endurer les effets d'une immense dépression. C'est une chose que l'on tente de cacher par tous les moyens mais que vivent très douloureusement des personnes atteintes dans leur propre chair.

52. Que tous n'éprouvent pas cette déflagration ne milite pas pour autant en faveur d'un acte dont la promotion s'intensifie dans toute société décadente comme si, sentant sa fin prochaine, il lui fallait d'abord se complaire dans la stérilité.

53. La promotion de l'acte homosexuel ne date pas d'hier. Elle apparaît à chaque période de déclin. Ce qui est nouveau c'est d'être en mesure aujourd'hui de s'affranchir de l'obstacle posé par la nature : dépasser la stérilité pour donner l'illusion de la fécondité.

54. La nature, rebelle aux facéties des sophistes, ne manque pas de reprendre la main : demeure l'effacement programmé du père géniteur ou de la mère génitrice. Que cela ait des conséquences pour l'enfant ne tracasse guère les partisans de la PMA et de la GPA. Pour eux, les êtres n'ont pas à revendiquer un droit inférieur à celui qui doit primer désormais : le droit d'outrepasser toutes les limites. PMA et GPA sont les plus récents avatars d'une volonté de toute insolence et puissance au service de l'orgueil prométhéen.

A suivre

lundi 6 janvier 2020

France2022 : Atouts de la France & intérêts francophones (2ème édition)



En la solennité du Christ Roi, 25 novembre 2018
Nouvelle publication en la fête de l'Epiphanie 2020


 « Tenez-vous sur vos gardes,
de crainte que votre cœur ne s’alourdisse
dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie,
et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste
    comme un filet ;
il s’abattra, en effet,
sur tous les habitants de la terre entière.
    Restez éveillés et priez en tout temps :
ainsi vous aurez la force
d’échapper à tout ce qui doit arriver,
et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »


St Luc 21, 34-36


Ajout du 6 janvier 2020 : combien de temps le Japon va-t-il encore se couvrir de ridicule ? Voilà un pays qui dispose d'innombrables atouts et qui les gâche par des comportements imbéciles. En enfermant puis en assignant Carlos Ghosn à résidence, le Japon s'en est pris à l'un des atouts maître de la France. Il s'indigne aujourd'hui de son évasion. Ne savait-il pas qu'un génie peut rivaliser d'intelligence avec le système de contraintes le plus sophistiqué ? En contourner les dispositions les plus élaborées ? Au lieu de se ridiculiser, le Japon ferait bien de faire le ménage sur son territoire dans tous les recoins où grenouillent des forces obscures au service d'une conception erronée de l'être humain : la personne vue comme simple rouage d'une mécanique qui ne souffrirait d'aucune imperfection. Conception étriquée, étouffante, sclérosante qu'un homme habile était venu secouer de toute son audace et qu'il continue, par elle, à bousculer avec juste raison. Un homme peut avoir des torts, même immenses, sans qu'il soit possible de justifier de le traiter de façon indigne, dégradante, déshumanisante. Et ce qui vaut pour Carlos Ghosn vaut pour n'importe lequel d'entre nous : la culpabilité, même la plus avérée, n'autorise pas à lapider le fautif en place publique, à tenter de l'affaiblir au point de lui faire avouer des fautes qu'il n'aurait pas commises ou encore à ouvrir à son encontre un procès d'avance inéquitable comme l'a rappelé l'un de ses avocats français ici. ("Il n'y avait pas de possibilités d'un procès équitable au Japon" François Zimeray).

L'incise ci-avant ne dédouane pas Carlos Ghosn d'éventuelles mauvaises actions et ne cherche pas à justifier sa propension à s'enrichir de plus en plus.

Comme annoncé dans une tribune antérieure du projet France 2022, deux événements de l'automne 2018 incitent à se pencher sur les atouts de la France et sur ses intérêts : la parution de "Qu'est-ce qu'un chef ?" de Pierre de Villiers et l'arrestation de Carlos Ghosn au Japon.

Alors que l'Etat français peine à obtenir la preuve des charges avancées par Nissan contre Carlos Ghosn et la libération de l'un de ses plus brillants sujets, nous allons explorer le très vaste domaine des intérêts français et les menaces qui pèsent sur lui dans un monde où, faute de courage, d'attention et de stratégie, l'Europe et la France se laissent déposséder de leurs trésors.

Des menaces sont évidentes, d'autres demeurent cachées mais nombre de nos compatriotes sentent que nous sommes au bord d'un précipice. Pour parer à la catastrophe, rien de tel que de développer un projet d'avenir qui s'appuie largement sur les forces d'un pays et d'un continent, forces qui attendent que se lève un vrai chef pour les rassembler et partir au combat, animé non par une volonté belliqueuse, destructrice ou vengeresse mais par un esprit de noble conquête, de paix et de joie.

En la personne de Carlos Ghosn, un chef exceptionnel a été fauché en pleine ascension ou au faîte de sa gloire. L'avenir le dira. Si des autorités peu amènes n'anéantissent pas son génie du management par des pratiques d'un autre âge, nous pouvons assister à une résurrection qui clouera le bec des suffisants, de tous ceux qui, jalousant une réussite hors norme, ne songent qu'à relever les imperfections d'un homme et ses travers.

La concomitance de l'arrestation de Carlos Ghosn et de la parution du dernier opus de Pierre de Villiers est tout à fait singulière et paraît augurer d'une ère nouvelle, d'une prise de conscience salutaire : dans un monde livré à la prédation, quel chef nous protégera des coups assénés aux plus vulnérables comme aux plus en vue ? Dans une Europe qui a renoncé à défendre le fruit des entrailles d'innombrables femmes, trouvera-t-on encore des personnes qui soient à l'abri d'une condamnation abrupte, d'un déshonneur, d'une infortune, d'une calomnie, d'un meurtre ou qui trouvent en chemin un avocat assez puissant pour les tirer du filet de l'oiseleur ? 

L'arrestation de Carlos Ghosn aura des conséquences majeures sur le cours des événements à venir. Elle suscite de nombreuses interrogations sur une palette très large qui va du champ géopolitique au questions éthiques ; des politiques industrielles aux conséquences d'une mondialisation en grande partie déloyale ; des questions de rémunération aux réflexion en cours sur l'écologie intégrale ; des conflits d'intérêts aux synergies entrepreunariales ;  de la gouvernance des entreprises aux conditions de travail de tout un chacun ; du for externe au for interne ...

Il est hors de question de traiter ici l'ensemble des problèmes révélés ou amplifiés par un fait d'une telle ampleur mais nous allons insister sur quelques points qui sont abordés ça et là dans les différentes tribunes du projet France 2022 et produire ainsi une synthèse qui réponde davantage aux défis de notre époque.

Plus que jamais, l'homme contemporain apparaît dans toute sa nudité. Qu'il soit puissant ou considéré comme quantité négligeable, nul ne peut dire qu'il sera épargné par le rouleau compresseur d'une époque qui paraît tenir l'humanité pour l'ennemi à faire disparaître d'une planète qui se mourrait de la présence d'une espèce nuisible ... Tous les moyens semblent désormais utilisables et recommandables pour éliminer la moindre personne jugée, en toute hâte, indésirable, gênante ou de trop, selon des critères qui n'accordent de la valeur qu'à des canons extrêmement étroits, volatils et changeants et qui se résument à un court terme sans aucune ambition pour l'avenir et sans la moindre considération pour un passé, aussi glorieux soit-il. Il faudrait même salir toute mémoire un tant soit peu heureuse d'une époque ancienne qui n'aurait plus rien à nous dire de notre condition, de nos forces, de nos capacités à surmonter les problèmes. Ce parti pris d'une élimination massive qui se traduit, entre autres, par des politiques aberrantes en matière de natalité et par un génocide sans précédent des générations montantes ne se cache même plus. Il est devenu le nec plus ultra d'une pensée débile qui ne raisonne plus qu'en termes de pénuries, de menaces, de risques, d'insécurité, de peurs ...

En s'en prenant à Carlos Ghosn, on a cherché à atteindre ceux qui, au contraire de cette pensée débile, ne s'effraient jamais d'un challenge à relever, d'une situation périlleuse à affronter, d'un imbroglio à démêler ; ceux qui assoient leur confiance, non pas seulement sur leurs propres forces mais sur une mobilisation intelligente et générale des forces vives en présence, tout en plaçant leur espoir de reconnaissance non sur des courtisans, des mondains ou des engourdis mais sur des gens simples qui savent d'instinct où se trouve le génie et où parade l'imbécillité.

Tandis qu'un chef d'envergure est mis au banc des accusés, de petits chefs n'ont pas manqué et ne manqueront pas de se mettre en avant en l'accablant de quelques maux plus ou moins fondés et d'une ribambelle de maux imaginaires. Quand il s'agit d'abattre un homme en vue ou une jeune pousse encore dans le sein maternel, rien n'arrête les sophistes : tout est prétexte à faire admettre un geste qu'aucun argument ne saurait pourtant justifier.

Plus que jamais, sans doute, convient-il aujourd'hui de mener une réflexion de fond sur ce qui cloche et ne pas chercher en toute hâte quelque coupable facile : les dérèglements d'une région du monde, d'un Etat ou d'un corps intermédiaire ne sont pas imputables à un seul homme ou même à un groupe de personnes. Ils sont les fruits pourris d'arbres malsains dont nous n'apercevons que l'écorce : la principale source des maux visibles n'est pas évidente à première vue. Pour l'entrevoir et en saisir quelque-chose, nous ne pouvons nous affranchir d'un regard spirituel, capable de déchiffrer au-delà des apparences.

Quel chef sera en mesure, bientôt, d'ouvrir nos yeux ? Qui nous apprendra, enfin, à traverser l'écume des jours pour discerner ce qu'il convient de faire à cette heure ? Nous pourrions perdre un temps précieux à chercher ce chef car nous sommes tentés de croire qu'il se trouve parmi la foule des prétendants au trône suprême or nul candidat aux plus hautes responsabilités n'a jamais eu pour seul souci de se comporter en serviteur. Chacun vise, au contraire, à augmenter ses pouvoirs, ses privilèges et ses positions d'influence.

Ce qui vient de se passer au Japon sonne le glas, pourtant, d'une manière trop naturelle de faire où le surnaturel n'a pas la place qui lui revient. Du moins, en apparence, car ce que nos pauvres petites combines tentent d'exclure du champ de nos occupations ordinaires ne manque pas, un jour ou l'autre, de se glisser là où ne l'attendions pas. Dans l'arrestation d'un homme que nous n'aurions pas imaginée (même si d'aucuns titrent à la louche que cela était "inévitable") est venu s'inviter tout un monde invisible que nous ne percevons plus dès lors que nous oublions de nous arrêter pour apprendre à contempler des réalités qui échappent à nos regards empressés.

Il faudra bien que nous consentions cependant à voir autrement et à percevoir ce qu'un tel événement est en train de préparer.

A Tokyo, un homme déchu se prépare à déployer ses talents au-delà de nouvelles limites et si rien n'arrête sa course, il saura faire la preuve qu'un génie des affaires et de la direction des hommes ne se laisse jamais décourager en chemin. A Paris, un jeune homme qu'un heureux concours de circonstances avait propulsé à la tête d'un Etat en ruine tentera d'échapper à la montée d'une furie qui n'épargne plus personne : elle ne songe qu'à tuer, éliminer, dégager, détruire, casser, épouvanter, meurtrir, salir et faire mal. Si les chefs les plus en vue ne sont plus à l'abri, qui échappera à cette violence ?

Parmi les atouts innombrables de la France, notons au passage que la France peut se réjouir d'être le foyer d'une presse écrite de très grande qualité et qu'aucune force obscure ou déclarée n'est en mesure d'empêcher d'analyser, de comprendre, de parler et d'informer. Riche d'une diversité surprenante d'opinions que la Toile et les contributeurs non professionnels amplifient, cette presse-là donne à penser, à réfléchir et elle incite à se mettre en mouvement alors que la terreur ambiante tend à paralyser l'homme contemporain, à le tétaniser, à l'écarter de la marche du monde comme si l'inéluctable devait nécessairement advenir sans qu'il soit possible de changer le cours des choses. A tous les hommes et à toutes les femmes qui animent, avec coeur et d'une manière honnête, un espace médiatique donnant à une société, au bord de l'asphyxie, de respirer encore, le projet France 2022 prévoit d'adresser une lettre ouverte afin qu'ils gardent foi dans un métier de plus en plus indispensable à notre survie morale et intellectuelle. Sans une presse de haut vol, l'esprit d'une société s'étiole et se meurt dans un silence assourdissant ou dans un vacarme insupportable. 

Beaucoup reste à faire puisque nous voici à l'aube de changements radicaux. Des changements capables de faire mentir tous ceux qui ne raisonnent qu'en terme d'entropie et qui ne voient qu'un avenir sombre se profiler à l'horizon. Des cataclysmes se produiront. Ils sont annoncés depuis le début de l'ère chrétienne. S'y préparer à toute heure du jour nous rend profondément libres : nous savons que tous nos plans humains, strictement naturels, peuvent être bouleversés à tout instant. Rien ne sert donc d'entrer dans une programmation serrée qui ne laisse plus aucune place à l'imprévu. Depuis plus de quarante ans, le pouvoir central en France est pourtant entré, pieds et poings liés, dans ce travers des sociétés "modernes" : des emplois du temps surchargés, des programmes alambiqués, du mauvais gras à profusion ... 

Dès que je me retrouve dans un lieu où la sobriété, le silence, la lenteur sont à l'honneur, je découvre le néant de toutes les situations où dominent le bruit, les fausses abondances et cette vitesse présentée comme un idéal à poursuivre sans relâche : il faudrait tout régler à la minute sans prendre le temps de réfléchir longuement, sans peser le pour et le contre, sans même s'informer de l'historique d'un problème à résoudre. Il faudrait oublier l'essentiel pour ne s'intéresser qu'à l'accessoire. 

Oublier les atouts de la France pour ne voir que la honte déferler sur Paris ? Pour ne voir que l'écume d'une casse absurde ? Ce serait leur faire trop d'honneur !

En ces jours troublés (novembre et décembre 2018 et rebelote en 2019 ...), plus que d'ordinaire, il convient,  au contraire, de se souvenir des plus beaux moments d'une histoire qui prouve les ressources d'un pays et la vaillance de ses habitants, aux antipodes de quelques barbares sans foi ni loi. Pendant que des abrutis saccagent notre patrimoine, l'outil de travail de commerçants, des biens publics ou privés, des millions de personnes accomplissent leurs devoirs ordinaires et ne s'en laissent pas détourner par des faux prophètes de malheur.

Ces habitants d'un pays hors normes qui n'a guère besoin d'un président "normal" ! disposent d'une langue vernaculaire exceptionnelle : dénuée d'obligations strictes en matière d'accent tonique, la langue française est capable de véhiculer une gamme très large d'émotions, de ressentis, de concepts, ... avec une précision redoutable et, en même temps, avec une grande latitude d'interprétation, non pas au service d'une quelconque ambiguïté  ou d'une ironie de mauvais goût mais en faveur d'une vérité aussi large que possible. D'où le rayonnement culturel de la France qui peut puiser son inspiration non seulement dans la variété des terroirs de notre pays mais qui sait aussi se nourrir de toutes les cultures sans jamais perdre sa colonne vertébrale faite de clarté, de luminosité et d'une solidité à toute épreuve. La France dispose là d'un atout majeur dans un monde multipolaire : elle a su et saura toujours être réceptive à toutes les influences tout en conservant son âme. Elle est animée d'une vibration si puissante que rien ne saurait la dénaturer ou la faire dévier de son cours : la France avance en gardant son cap et en demeurant capable de profiter du moindre zéphir pour conserver voire accroître son élan. Ce ne sont pas des politiques imbéciles menées depuis plus de quarante ans qui changeront d'un iota cette force baptismale d'un pays que nul chaos n'est en mesure d'atteindre en profondeur : ses habitants ont les pieds sur terre, le nez au vent et connaissent l'art admirable de la navigation en eaux tranquilles comme en eaux tumultueuses.

En tous les domaines, il se trouve une nation pour exceller autant que la France sinon davantage mais notre pays a su multiplier ses compétences de telle sorte qu'il existe bien peu sinon aucun pays capable de rivaliser sur tous les fronts où se déploient les trésors de savoir faire français. Cette diversité de talents est palpable à tous les niveaux : artistique, culturel, industriel, agricole, scientifique, militaire, politique, spirituel. En considérant cette palette, nous sommes bien loin d'un pessimisme et d'une morosité de mauvais aloi d'autant que dans chacun des domaines précités, le génie propre de la France ne s'est pas contenté d'être lui-même, il a su s'imprégner d'innombrables influences. Celui qui voudrait connaître l'étendue des réalisations humaines sans passer à côté des plus remarquables n'aurait qu'à sillonner la France pour partir à la découverte de l'une ou l'autre facette de cette étendue.

Se réjouir des réussites françaises n'est pas s'endormir sur ses lauriers, se croire à l'abri de tout revers de fortune, s'imaginer être supérieur ; c'est juste ne pas envisager l'avenir sous des auspices incomplètes en faisant la part trop belle aux ratés du moment présent. C'est aussi se rendre capable de hiérarchiser les problèmes et les solutions puis d'ordonner leur résolution et la mise en oeuvre de remèdes vraiment efficaces.

Dans le monde contemporain, l'humanité souffre de maux très anciens et d'autres plus récents. Les plus anciens sont inabordables sans une saine et solide anthropologie. Les plus récents appellent une analyse très fine pour distinguer ce qui tient à l'environnement de la France de ce qui vient d'une mauvaise organisation de notre pays. L'on découvre alors que les racines chrétiennes de la France (ou les fondations ou les influences ... pour ceux qui n'apprécient guère le terme de "racines") lui donne de multiples avantages qui permettent d'expliquer comment un si petit pays à l'échelle de la planète est en mesure de rayonner avec autant d'éclat ou de pauvreté. Pour l'historien qui ne rejette pas le christianisme et/ou qui ne l'accuse pas de tous les torts, il est évident que la France a été façonnée par un catholicisme viscéral qui a besoin, de nos jours, d'un aggiornamento dans le sillage de Vatican II lui permettant d'assimiler avec plus d'ardeur et de fécondité tout ce que les autres traditions chrétiennes et toutes les religions de la terre ont reçu des semences du Verbe. Aggiornamento qui ne doit pas, cependant, la conduire à négliger la solidité du catholicisme romain, seul capable tout au long de l'histoire de résister aux pires dérives comme aux accommodements douteux. Nous y reviendrons.

Tandis que des procureurs en mal de justice exemplaire tentent de condamner Carlos Ghosn, que pouvons-nous faire pour résister à cet acharnement sans nécessairement tout excuser ? Sans doute, prier en tout premier lieu. Avec confiance et détermination. Non pour céder à quelque tentation irrationnelle puisque s'imaginer que toute vérité est démontrable relève de la plus pure ... irrationnalité ! Juste afin de soutenir un homme qui combat pour son honneur et pour se défendre d'accusations qui s'apparentent à une sorte de revanche d'un orgueil très mal placé. Afin d'y voir plus clair aussi et afin d'être en mesure de faire la part des choses.

Pour découvrir enfin que les économistes vraiment honnêtes et compétents vont avoir du pain sur la planche. Il leur faudra résoudre un problème nouveau et de plus en plus envahissant au fur et à mesure que les ressources disponibles paraissent manquer ou manquent effectivement. Comment rémunérer les profils managériaux les plus extraordinaires sans léser ceux qui contribuent à l'accroissement des richesses et qui occupent des postes sans renommée ou même ingrats ? Comment éviter le chômage rampant, galopant, chronique ... sans pour autant placer des travailleurs vite considérés comme interchangeables dans des situations insupportables de précarité, de mépris et d'exploitation ?

Des éléments de réponse figurent dans la tribune du projet France 2022 : "Création d'une monnaie de service et d'abondance" qui valent non seulement pour la France mais pour tout pays qui aura pris conscience que le temps de l'homme au travail ne peut plus être rémunéré par toute monnaie censée gérer la diminution des ressources disponibles à la surface du globe ; que ce soit le dollar et le manque de fair play des Etats-Unis (pour ne pas dire plus) ou que ce soit par l'Euro sous la férule d'acier d'une Allemagne championne du bien être matériel selon une morale rigoureuse mais oublieuse des données immatérielles et surnaturelles.

Pour aller plus loin, tout lecteur intéressé prendra connaissance des analyses percutantes et lumineuses de l'un de nos plus brillants économistes, Gaël Giraudici interviewé sur Thinkerview et là, interviewé par Aude Ancelin sur Quatier libre.

La France, pour peu qu'elle puise vaillamment dans les trésors dont elle est dépositaire, sera capable d'offrir au monde une solution monétaire qui prenne enfin à coeur la question du travail humain tout en cherchant à résoudre les questions écologiques les plus urgentes et sans bafouer la dignité des travailleurs, sans appauvrir des millions de personnes qui n'ont plus les moyens de boucler leur fin de mois faute d'un traitement approprié des problèmes de l'heure.

Dans un pays comme le Japon qui a eu l'intelligence de conserver une unité monétaire de faible valeur, les sommes que l'on reproche à Carlos Ghosn d'avoir dissimulé s'expriment en milliards de yens. Nul doute que de tels montants paraissent là-bas exorbitants : leur valeur simplement numérique, sans tenir compte des unités en jeu, ne peut que sonner étrangement aux oreilles du commun des mortels : les milliards c'est "bon" pour dire les dettes des états ou parler de la fortune des nantis mais pas pour rémunérer une personne censée vivre de son travail ! Aux révélations qui se veulent fracassantes s'ajoute ainsi une connotation aggravante que nous pouvons avoir du mal à percevoir ici, habitués que nous sommes à entendre valser les millions d'euros dans toutes sortes de situation devenues monnaie courante : transfert de joueurs de football ; gains de jeu des grands sportifs ; dépenses somptuaires des édiles au train de vie dispendieux ; projets d'envergure mais foireux ; ...  

Quoiqu'il en soit des montants reprochés, apparaît en filigrane une drôle de bataille contre ... les intérêts français ... qui n'avaient pas besoin de cela pour être en mauvaise passe dans une jungle mondiale où les Européens se révèlent bien naïfs : tandis qu'ils tentent d'être vertueux à différents points de vue, d'autres acteurs économiques ne se privent guère des moyens les moins recommandables pour s'imposer sur des marchés où ils ont pour seul principe de décision et d'action : "à moi la part du lion, aux autres les reliefs".

Tant que nous n'aurons pas nettement distinguer la rémunération de ce qui est rare et la rémunération de ce qui est abondant par deux monnaies différentes, se multiplieront les faits d'arme douteux de quelques personnages cherchant à s'enrichir au gré de quelque pénurie réelle ou déclenchée dans un contexte où les occasions de manque vont elles-mêmes se généraliser et devenir préoccupantes : il est tentant, pour certains, de profiter d'une aubaine qui a le double avantage d'être de niveau mondial et de concerner beaucoup de personnes.

L'instauration d'une "couronne française", d'une "couronne allemande", d'une "couronne italienne", d'une "couronne anglaise", d'une "couronne espagnole", d'une "couronne polonaise", d'une "couronne hongroise", ..., monnaies nationales de service et d'abondance comme proposé dans la tribune "Création d'une monnaie de service et d'abondance" évitera en partie la prolifération des situations dans lesquelles un petit nombre abuse de ses positions dominantes pour accaparer la majeure partie des richesses produites et laisser le plus grand nombre s'appauvrir de jour en jour. Il est temps en effet que le travail humain soit rémunéré, non pas en fonction de stocks de ressources qui ne cessent de baisser, mais en fonction d'un temps humain de plus en plus disponible sans quoi nous irions droit dans le mur. 

Cette "révolution" monétaire est d'autant plus urgente et nécessaire qu'il est probable que nous soyons amenés à consacrer plus de temps à des travaux aujourd'hui soutenus par des dépenses énergétiques qui ne seront plus possibles dans l'avenir : le temps de l'homme deviendra encore plus précieux pour inventer de nouvelles façons de produire, de construire, de se loger, de se déplacer ... 

L'arrestation de Carlos Ghosn sonne l'heure d'une réflexion de grande ampleur : comment rémunérer les profils rares et les patrons de groupes internationaux sans priver le plus grand nombre de biens auxquels leur travail ne leur donne plus accès faute d'une organisation juste de sociétés au bord de l'implosion ? Sûrement pas en leur octroyant des sommes mirobolantes dans une monnaie censée gérer la pénurie comme l'euro (ou le yen). Un moindre mal consisterait à rémunérer ces managers en couronne nationale, monnaie de service et d'abondance ne donnant pas accès, ipso facto, aux ressources en voie de raréfaction à la surface du globe.

D'une façon plus générale, une rémunération en euro devrait tenir compte, avant toutes choses, des performances d'une nation membre de la zone euro : plus le solde de sa balance des paiements est positif ET plus sa dette publique extérieure est faible ET plus l'encours des dettes privées est faible, plus cette rémunération en euro peut être élevée. A l'inverse, plus le solde des paiements est déficitaire ou plus une nation est endettée, plus cette rémunération devrait être faible. De plus, les écarts en euro, entre les rémunérations les plus élevées et les plus basses devront être resserrés à l'avenir : chacun, qu'il soit "haut gradé" ou tout en bas d'une échelle de salaires, dans un pays riche ou dans un pays pauvre a droit à une part sensiblement égale de biens non renouvelables. La spécificité des fonctions qu'il exerce et du travail qu'il accomplit, en revanche, peut avoir une incidence forte (mais juste) sur sa rémunération en couronne nationale : un métier rare, de très haute technicité, dangereux, à composantes non automatisables ... est susceptible de générer un salaire plus élevé dans une monnaie indépendante du stock des ressources matérielles disponibles et destinée à financer de manière optimale le temps humain convertible en travail.

Si nous ne parvenions pas à bien séparer, par le jeu équilibré de deux monnaies radicalement différentes, la question du temps humain et celle de l'écologie matérielle (baisse des ressources non renouvelables, pollutions diverses, effondrement des ressources pourtant renouvelables - par exemple halieutiques -, menaces sur la biodiversité, ...), nous n'arriverions pas à résoudre la question de l'écologie intégrale : celle qui ne raisonne pas seulement sur l'environnement des peuplements humains mais qui sait aussi veiller à leur santé sur les plans physique, psychique et mental en garantissant, notamment, des conditions de travail plus que décentes, des conditions qui donnent à chacun de pouvoir vivre dignement d'une activité professionnelle. Aujourd'hui, cette dignité est très fortement perturbée par la gestion d'une monnaie unique en zone euro dont l'objet n'est pas d'offrir de telles garanties à ceux qui travaillent mais seulement d'assurer à ses membres étatiques une situation monétaire suffisamment stable et solide afin que chacun puisse faire valoir ses intérêts dans la grande foire prédatrice qui agite toutes les nations du monde. Le malheur est qu'un tel système monétaire renforce la prédation et facilite grandement les importations de produits à moindre coût humain APPARENT c'est-à-dire en déplaçant les centres de production là où les personnes sont le plus mal traitées. Soit finalement, en générant au contraire, une dépense humaine démesurée alors qu'une organisation bien pensée est censée diminuer cette dépense et l'orienter vers des activités hautement qualifiées.

Une conséquence majeure de l'instauration d'une double monnaie, l'une comme l'euro pour les secteurs menacés de pénurie, l'autre telle une couronne nationale pour le temps humain, serait de permettre un pilotage beaucoup plus fin et performant des rémunérations selon les besoins les plus fondamentaux des sociétés contemporaines. Pilotage d'autant plus aisé que toute couronne nationale ne serait pas émise en espèces mais seulement en écritures pouvant être tracées puisqu'un gouvernement monétaire  (distribué sur trois étages : gouvernement municipal, provincial et national au sens du projet France 2022) digne de ce nom devrait être capable de suivre les flux de monnaie et de savoir quels secteurs sont bien "irrigués" et quels secteurs le sont moins. Ce point mérite un long développement et fera l'objet d'une tribune séparée.

Carlos Ghosn en prison tandis que plusieurs personnages politiques  français continuent à parader alors qu'ils devraient être depuis longtemps sous les verrous dans une république ... digne de ce nom ! Ceux-là mêmes qui ont contribué par leur inertie ou de manière active à la ruine des finances françaises, massacrant au passage quelques atouts indéniables de notre chère patrie, vendant parfois ou laissant prendre par des intérêts étrangers et/ou privés nos bijoux de famille les plus précieux ! 

Un homme, censément imparfait, a contribué à développer l'industrie automobile française  tout en l'ouvrant à des influences bénéfiques pour maintenir son statut de fleuron. Un homme a redressé une entreprise japonaise au bord de la faillite tandis que d'autres, incapables de voir la détresse d'innombrables personnes soumises au joug d'une Europe mal gouvernée et tributaires de politiques nationales imbéciles, ne manoeuvraient que pour eux-mêmes et poursuivaient, sans scrupules, l'appauvrissement d'une France prête à imploser.

Deux poids, deux mesures donc, dans un monde où ladite "justice" humaine se montre bien incapable d'équité ou de jugement éclairé : elle poursuit le faible et le vulnérable pour des broutilles tandis qu'elle laisse courir le malfrat, sévir des politiques foncièrement malhonnêtes, détruire des casseurs "professionnels", se remplir les fouilles des proxénètes, des passeurs de drogue ou des organisations criminelles. Organisations si puissantes qu'elles ne manquent pas de tenir entre leurs mains quelques politiques véreux et même vénéneux : ceux-là mêmes qui ne veulent pas voir que des peuples éreintés en ont ras-le-bol d'être pris pour des vaches à lait, tout juste bonnes à engraisser des incapables ou des mafieux au pouvoir.

Le projet France 2022 ne prévoit pas d'abord une grande lessive des pratiques douteuses en politique et ailleurs : ces pratiques trouveront toujours quelque moyen de contournement pour prospérer sur le dos de leurs victimes. Le projet France 2022 vise avant tout une bien meilleure organisation politique de notre pays, de l'Europe et de toute contrée soucieuse d'une plus grande justice : celle qui assure à chacun une liberté ne mettant pas en péril le bien commun et qui se déploie sans léser les plus vulnérables. Une organisation politique telle aussi que toute pratique douteuse, foncièrement désordonnée et malveillante, soit finalement contenue par une prospérité, une paix, un équilibre ... qui en limitent considérablement la portée et les nuisances.

Contrairement aux projets dits "libéraux", néo ou ultra, qui prétendent que notre fonction publique à la française est trop coûteuse, qu'elle serait un frein à notre développement économique, un boulet pour tous, ... le projet France 2022 la considère comme un atout à développer, à parfaire et à protéger contre les visées pseudo-humanitaires de penseurs de la dérégulation à outrance qui s'imaginent que la maximisation des intérêts individuels conduirait ipso facto à un accroissement du bien commun. Raisonnement à courte vue qui s'affranchit à la légère d'une constante : le poids et la gravité des égoïsmes particuliers qui ne tendent qu'à la satisfaction d'un bien étroit, frileux et sans la moindre envergure.

Privatiser ce qui est aujourd'hui assuré par une fonction publique protéiforme est tout simplement devenu suicidaire dans un monde où d'innombrables biais faussent l'idéal d'une concurrence loyale et profitable au plus grand nombre. Privatiser revient, au bout du compte, à substituer aux ordres d'un pouvoir politique, certes non exempt de reproches, les diktats de forces étrangères aux intérêts du peuple français et, plus fondamentalement, aux droits élémentaires des personnes : le droit de vivre d'un travail digne ; le droit de choisir qui les gouvernent ; le droit de critiquer ; de s'exprimer ...

Il ne s'agit donc pas de tendre vers "moins d'Etat" mais vers un gouvernement qui ne livre pas les forces vives du pays au joug de puissances qui n'ont que faire des revendications individuelles, qui méprisent le faible, qui anéantissent les plus vulnérables, qui pillent les ressources de la planète, qui s'emparent en un éclair des trésors édifiés par le labeur de dizaines de générations, qui n'ont, enfin, qu'une connaissance si limitée des Evangiles qu'elles ne peuvent même pas comprendre que leur comportement finira par les auto-détruire ...

Il s'agit, pour le projet France 2022, de trouver comment transformer une fonction publique, laminée par la pression d'un monde en déroute, en une force salvifique et salutaire pour l'ensemble de la nation française. Une force qui permette à chacun de déployer le meilleur de lui-même et à chaque corps intermédiaire de pleinement jouer son rôle. Une tribune et une lettre ouverte développent ce thème.

L'un des leviers les plus puissants de cette transformation de notre fonction publique en véritable atout consistera à ne plus faire dépendre son financement d'impôts et de taxes qui plombent notre secteur marchand et qui l'empêchent d'être concurrentiel dans la jungle commerciale instaurée par la domination des valeurs d'échange sur les valeurs d'usage. Une autre tribune du projet France 2022 expose ce point révolutionnaire : sortir notre fonction publique du modèle productiviste, modèle qui tend à uniformiser ce qui devrait être, au contraire, diversifier, ciseler, broder ... de main d'hommes et de femmes, libres de penser et d'agir, non dans le but de produire toujours plus et mal mais de produire plus intelligemment et beaucoup mieux. En un mot : sans détruire le vivant mais en collaborant humblement avec ses ressorts les plus secrets et les plus subtils. En bref : en passant d'économies entropiques à des économies néguentropiques.

Les pensées libérales, néo-libérales ou ultra-libérales oublient les données brutes d'une géopolitique sans concessions : les nations européennes sont aux prises avec leurs propres démons et affrontent, en même temps, ceux qui agitent les autres nations, aux mains parfois, d'Etats voyous. Le combat qu'elles livrent dépassent largement leurs pauvres forces naturelles et si elles semblent aujourd'hui céder beaucoup de terrain, c'est parce qu'elles ont, en partie, abandonné le socle évangélique qui permet de tenir dans les épreuves les plus redoutables : les nations européennes se battent en ce moment à armes inégales et même complètement désarmées contre des puissances qui adorent un seul dieu : Mammon et qui ont pour idoles tous ces supplétifs : réussite sociale tapageuse ; exploits malhonnêtes ; trafics en tout genre ; homicides ; crimes silencieux ; esclavages honteux ; ... Les nations européennes, elles-mêmes, ne sont pas indemnes de toutes ces tentations idolâtres et prêtent ainsi le flanc aux groupes qui s'érigent en justiciers décadents d'un monde en perdition.

On aurait tort, pourtant, de chercher ici ou là des coupables visibles, identifiables à coup sûr et qu'il serait facile d'éliminer selon cette logique imbécile et à courte vue qui prévaut, trop souvent, dans des sociétés dites "avancées" mais qui, en réalité, replongent, sans même s'en rendre compte, dans les pires égarements des barbaries les plus anciennes. Non, le combat à mener n'est pas contre des hommes en chair et en os que l'on pourrait désigner à la vindicte populaire, tous pécheurs par nature corrompue et blessée, mais le combat est d'ordre spirituel et il concerne au premier chef chacun d'entre nous : tant que je n'aurai pas fait le ménage dans mes superstitions, mes idolâtries et mes étroitesses d'esprit, je chercherai en vain quelques coupables à faire tomber tandis que je marcherai en claudiquant, prêt à m'effondrer au premier obstacle sérieux rencontré en chemin.

Tant que je resterai prisonnier des carcans d'une pensée stéréotypée, sectaire, rigide, simplificatrice à outrance, ... je prétendrai toujours pouvoir réformer ce qui me dépasse, devenir un chef admiré, meneur d'une épopée glorieuse ... alors que je demeurerai incapable, au quotidien, d'avancer d'un pouce sur la voie d'un progrès personnel, modeste et pourtant essentiel. Sans la mise en oeuvre de gestes politiques à la portée de chacun d'entre nous, que puis-je espérer transformer ?

Tous ces gestes individuels ou même collectifs peuvent-ils néanmoins suffire à redonner aux atouts de la France le lustre d'antan et, même davantage, des couleurs qui illuminent notre temps d'un jour nouveau ? Quel chef d'Etat se lèvera pour rassembler les efforts épars d'un peuple angoissé et pour remplacer Jupiter, ce petit dieu dont les limites sont apparues bien vite sur le champs de ruine d'une France démolie depuis plus de quarante ans par des politiques nationales incohérentes et par les transformations d'un environnement international qui ne laissent aucune nation indemne ?

Ceux qui se disent "démocrates" redoutent comme la peste un coup d'état militaire, craignant pour leurs pauvres fantômes de liberté ! S'il est vrai qu'un gouvernement par trop militaire ne laisse guère de place à une grande diversité d'humeurs et d'opinions, sans doute aurions-nous besoin en France que des militaires de très bon niveau remettent de l'ordre dans une maison France qui semble avoir perdu les clefs d'une réussite multiforme : économique, sociale, sanitaire, éducative, spirituelle ... Nul doute qu'à l'avenir, des haut gradés tels que Pierre de Villiers, auront un rôle important à jouer. Le projet France 2022 prévoit d'allouer un budget conséquent aux opérations militaires que les pacifistes de tous bords ne comprennent pas. Il leur semble toujours que les fonds ainsi octroyés feront défaut à d'autres champs de bataille beaucoup plus essentiels à leurs yeux : éducation, transition écologique, santé ... C'est oublier qu'en créant une monnaie de service et d'abondance, nous résolvons ce dilemme : à l'avenir, nous n'aurons plus à choisir entre "défense" et "autres domaines régaliens". Chacun sera pourvu autant que les nécessités de l'heure et du long terme se feront sentir.

Coup de baguette magique de Merlin l'Enchanteur que cette monnaie de service et d'abondance ? Voire ! Plutôt le pendant indispensable d'un Euro fort décrié que nous serions mal avisés d'abandonner sans précaution ! 

Tout bien réfléchi, il apparaît qu'un BREXIT ou un FREXIT ne sont possibles qu'à la condition de tabler sur deux monnaies et nos amis anglais (hélas demeurés pour certains franchouillards d'irréductibles ennemis) seraient bien inspirés de montrer la voie que notre frilosité risque d'ajourner faute de cette audace qui sied à merveille à un peuple en mouvement ! Notons, au passage, que l'instauration d'une double monnaie telle que prônée par le projet France 2022, ôte tout intérêt à une rupture franche avec l'Europe et la zone euro : se priver aujourd'hui du bouclier continental que constitue l'Union européenne est proprement insensé. Dans la jungle du monde actuel, aucun pays n'est capable de résister seul au rouleau compresseur d'une mondialisation qui n'a pas encore saisi les conséquences de la finitude des ressources non renouvelables et qui fonce au grand galop vers le précipice d'une pénurie imminente.

Il faudrait ici s'adresser directement à sa Majesté, la reine Elizabeth II, pour lui suggérer, sans autre forme de protocole et donc sans prendre de gants bien inutiles en l'occurrence, de faire de la livre Sterling une couronne nationale, une monnaie de service et d'abondance, n'ayant cours que sur le sol du Royaume Uni et qui ne soit plus disponible en espèces, tout en conservant la possibilité pour des personnes étrangères au Royaume Uni de venir y dépenser, leur superflu ou leur nécessaire, en euros ou dans tout autre monnaie de réserve. Puisse également Theresa May ou Boris Johnson prendre connaissance de cette courte incise (et de tous les détails d'une mise en oeuvre esquissée) pour sortir la tête haute d'un imbroglio qu'un Brexit mal pensé a dressé sur sa route.

La création d'une couronne nationale concerne en effet toutes les nations : aucune n'est vraiment libre dès lors  qu'elle n'est pas en mesure d'émettre la quantité de monnaie utile à son économie. Encore faut-il que cette monnaie ne devienne pas l'instrument d'une mise en coupe réglée de pays plus faibles comme le fait aujourd'hui un dollar complètement déconnecté des réalités planétaires : raréfaction des ressources primaires, abondance du temps humain, volonté des peuples de s'affranchir d'une tutelle pesante et d'accéder à un niveau de subsistance qui ne frise pas l'indécence. Aucune nation n'est vraiment libre dès lors qu'elle est dans l'incapacité d'apporter des liquidités dans les secteurs de son économie qui en ont le plus besoin.

La France, comme de nombreuses nations, n'est plus libre de mener la politique monétaire qui convient à ses habitants, à son histoire, à ses structures, à ses atouts, à ses propres chances, à tout ce qui la distingue des autres nations. Le projet France 2022 prévoit de restaurer et d'accroître cette liberté. Sans elle, aucune renaissance n'est possible puisque la France, comme les autres nations européennes, se trouve désormais entre l'enclume d'une mondialisation échevelée et le marteau d'un euro conçu pour gérer la pénurie et pour récompenser les peuples industrieux, ceux qui ne vivent pas de l'air du temps et qui savent qu'il est impossible de vivre toujours à crédit. Tant que nos capacités d'exportation resteront bien inférieures à nos facultés d'importer, la politique monétaire de la zone euro nous poussera à l'endettement et vers la récession.

Il nous faut casser cette spirale infernale, non en sortant de la zone euro qui  nous permet d'importer à bon compte tout en pesant, hélas, sur nos capacités d'exportation (*), mais en créant un espace monétaire autonome qui permette non seulement d'alléger nos coûts de fabrication mais encore de financer des travaux qui n'ont pas à s'exécuter dans le cadre d'un modèle productiviste : lorsqu'un policier ou un militaire est en opération, lorsqu'un enseignant dresse (!), éduque et instruit des élèves ; lorsqu'un personnel médical s'occupe d'un patient ; lorsqu'un juge cherche la meilleure sanction pour un coupable ; lorsqu'un chercheur explore un domaine ...,  il n'a pas à régler ses faits et gestes selon une logique de profit immédiat, chiffrable aisément, ... il lui faut agir en conscience et avec discernement pour que son travail porte un fruit de long terme.

(*) Le projet France2022 s'affranchit de ce poids qui pénalise notre économie. Voir à ce propos la tribune : "Des causes désargentées". Cet affranchissement est obtenu de deux façons complémentaires : d'une part, en évitant que les activités censées apporter des devises ne supportent un niveau de prestations sociales (les causes désargentées) sans commune mesure avec des pays concurrents qui n'ont cure du bien être intégral de leurs habitants ; d'autre part, en réduisant l'importation de biens et de services dont une meilleure organisation de l'économie française rendrait la production à nos territoires. Il ne s'agit pas, évidemment, de baisser le niveau des prestations. Au contraire ! Il s'agit de l'élever en quantité et en qualité en le finançant par une nouvelle monnaie et non plus par des taxes, des cotisations et des impôts qui laminent nos capacités d'exportation. Sur l'autre versant, il ne s'agit pas non plus de tendre vers un repli sur soi, une autarcie maladive, qui couperait la France du reste du monde. Au contraire ! Si le développement des échanges commerciaux ne met pas en péril les ressources non renouvelables, n'est pas cause d'injustice à l'égard de pays tiers, ne génère pas davantage de chômage chez nous, ne déséquilibre pas notre balance des paiements, alors il est tout à fait possible de le poursuivre et de l'augmenter.

En retenant Carlos Ghosn contre son gré, le Japon cause un tort immédiat à l'entreprise Renault et à la France. Sans doute aussi à Nissan et à Mitsubishi, par répercussion. Plût au Ciel que ce coup de force ait finalement d'heureuses conséquences : par grâce, il est possible que cet accident de parcours nous rende non seulement un manager hors pair mais un homme revenu sain et sauf d'une épreuve que le pire ennemi ne souhaiterait à personne.

Nul doute qu'alors notre compatriote saura écrire de très belles pages à la suite d'un parcours qui, déjà, en comportait d'admirables. Familier du relèvement de défis hors normes, Carlos Ghosn est en effet capable de transformer l'épreuve douloureusement vécue en un tremplin vers de nouveaux horizons : la force brute ne saurait arrêter l'agilité, la capacité de rebond et la souplesse d'un athlète.

En ces temps troublés (automne 2018 et rebelote en 2019), la France a besoin d'hommes d'une trempe exceptionnelle. Managers et chefs dans l'âme mais également visionnaires car, à force de nous lamenter sur un passé qui n'est plus - un passé parfois injustement décrié -, nous finirions par oublier qu'il nous faut, avant tout, savoir regarder au loin, anticiper les événements à venir, si nous voulons avoir quelque chance et quelque latitude d'en diriger ou d'en influencer le cours. Toute l'industrie automobile française et, plus largement encore, toutes nos industries ont besoin de l'expérience, du tempérament et du caractère d'un Carlos Ghosn : là où tant d'hommes et de femmes désespèrent d'être à pied d'oeuvre, entraînés par un projet fédérateur, stimulés dans leurs efforts d'inventivité, de créativité et d'adaptation, il est nécessaire que se lèvent des personnes capables d'imiter ce qui paraît inimitable. L'épreuve du feu qu'a traversée Carlos Ghosn lui donnera, à n'en pas douter, l'art et la manière de communiquer ce qui paraît ne pouvoir l'être.

S'il advenait que des accusations tout à fait justifiées puissent être apportées à l'encontre de Carlos Ghosn et de sa gestion des deniers de l'entreprise Nissan, il ne faudrait pas que, sous prétexte de sanction exemplaire, cet homme soit voué aux gémonies et empêché d'agir : il suffirait de lui demander de réparer intelligemment les torts qu'il aurait pu commettre. Ce dont il s'acquitterait avec brio.

Dans un monde américanisé à l'excès, dans un univers où chacun finirait par avoir la gâchette facile, abattre un homme n'est jamais salutaire : vient un moment où le justicier autoproclamé découvre qu'il aurait mieux fait de réfléchir à deux fois avant de prétendre faire place nette.

Revenons aux atouts de notre douce France, menacée de toutes parts mais qui ne se rendra jamais tout entière : si un coin devait céder sous les assauts furieux d'un monde en délire, le reste tiendrait bon. Nul n'abat un chêne multiséculaire à la force du poignet et les ennemis de la France, de l'intérieur comme de l'extérieur, même armés jusqu'aux dents font piètre figure : tandis qu'ils pensent déraciner une souche malade et pourrie ils ne font qu'ancrer davantage le pouvoir intemporel d'un arbre aux multiples ramifications. Plus l'ennemi s'en prend à lui, plus il résiste et se fortifie.

France insubmersible, indomptable, ... soeur d'une Russie qui ne s'en laissera jamais conter et qui se referme immanquablement sur tout envahisseur. Voilà donc deux soeurs qu'il va bien falloir, un jour ou l'autre, rapprocher par un grand projet d'infrastructure ferroviaire, reliant au passage tout une grappe de villes qui ne manqueront pas de prospérer le long d'un axe Paris - Moscou et, si Dieu le veut, Vladivostok - Dublin ! Tout cela, en dépit des sarcasmes, des alarmes, des peurs et des coups bas que ne manqueront pas d'engendrer une telle hypothèse. Les concepteurs et défenseurs du  projet France 2022 s'y attacheront contre vents et marées comme Gustave Eiffel, en son temps, sut défendre avec son équipe sa tour contre tous les fossoyeurs de la modernité industrielle. C'est ainsi que l'on fait taire, enfin, le bruit des armes ; que l'on met à bas toutes les postures grotesques, indignes et meurtrières ; que l'on donne aux générations montantes et futures le goût de croire, d'espérer et d'aimer car la science véritable et la technique, au service d'une plénitude authentique, jamais ne s'opposent à la confiance évangélique, qualifiée "d'aveugle" par les sceptiques, mais qu'il faudrait dire simplement "audacieuse" et, surtout, hors des atteintes les plus calamiteuses.

Carlos Ghosn incarnait cet esprit d'audace. Il est alarmant qu'il fasse aujourd'hui les frais d'une guerre de succession. Ses conditions de détention détruisent ainsi l'un de nos atouts maître. Dans la partie de go très violente qui se joue avec le Japon, il n'est pas certain que nous soyons à la hauteur. Espérons que le gouvernement français et la présidence agissent au moins de manière habile et secrète puisque, hélas (mais peut-être est-ce nécessaire en l'occurrence), nous n'entendons guère parler d'une défense musclée de Carlos Ghosn. Au-delà de tout ce qui pourrait lui être reproché sur un plan financier, la France doit en effet, comme le Liban, défendre le bilan d'un patron hors norme qui, par bien des aspects, a su offrir à Nissan une sortie honorable quand ce constructeur s'était fourvoyé dans une impasse multifactorielle. A l'heure où nous écrivons ces lignes, il en va de la santé physique de Carlos Ghosn. Mis à rude épreuve, il est aujourd'hui soumis à une volonté de mise à mort symbolique (et peut-être davantage) par un pays qui n'est pas exempt de reproches (comme tous les pays) et qui ferait bien de balayer devant sa porte avant de prétendre moraliser le monde des affaires. En l'espèce, le minimum serait de démontrer, de manière convaincante, rigoureuse, honnête et juste, que celui qui est accusé aurait mis en péril les intérêts de Nissan par d'éventuelles malversations. Dans le cas contraire, il suffirait de lui demander de prendre en charge, par une contribution personnelle, tout préjudice collatéral vraiment attesté. Dans tous les cas, le traitement qui est infligé à Carlos Ghosn n'est pas digne d'un Etat de droit où les personnes sont respectées dans leur intégrité physique et où leur honneur n'est pas bafoué. Ce qui se passe là-bas est finalement très inquiétant : un pays qui passe de l'idolâtrie d'un homme à sa déchéance subite sans la moindre transition a certainement du souci à se faire pour son propre avenir. Ses réussites technologiques indéniables, ses réalisations artistiques admirables et sa puissance de feu industriel impressionnante pourraient un jour fortement pâtir de ses travers et, pour tout dire en bref, de sa façon imbécile de se rendre imperméable aux valeurs évangéliques après une résistance héroïque d'une Eglise japonaise persécutée comme peu d'autres Eglises l'ont été et ce, jusqu'au martyr d'Hiroshima et de Nagasaki. Sans préjuger du fond de l'affaire, Carlos Ghosn pourrait devenir le martyr et donc le témoin d'une cause qui dépasse largement les éléments primordiaux de l'affaire en cours : la conversion radicale d'un pays dont une partie de ses traditions s'oppose fondamentalement à l'Evangile tandis qu'une autre partie de son héritage est évidemment marqué, comme dans toute culture, par les semences de l'Esprit Saint.


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Si nous envisageons toutes choses d'un point de vue très large qui n'exclut pas les dimensions spirituelles et ne néglige aucun aspect bien tangible jusqu'aux éléments les plus terre à terre, force est de constater que l'un des atouts majeurs de la France est d'avoir su ouvrir largement son coeur aux appels de l'Evangile et si l'époque contemporaine donne à penser que notre magnifique héritage chrétien est en péril sur un sol Européen, encore marqué par le cataclysme des deux guerres mondiales, ne perdons jamais de vue que toute graine paraissant morte est capable de porter du fruit pourvu qu'elle soit plantée dans une bonne terre. Carlos Ghosn aura été, pour Nissan et pour le Japon, une semence de vie, animée d'une prodigieuse vitalité, en mesure de renverser des montagnes de problèmes, d'ignorances, de gabegies et d'errances, non pas seulement par la force d'un poignet d'une extrême solidité mais par une grâce surabondante tout à fait hors du commun. Cette grâce ne vient pas de nulle part. Elle arrive jusqu'à nous par les plaies du Christ en Croix comme nous l'a transmis l'Apôtre St Jean et par le truchement de tout homme de bonne volonté, qu'il ait été instruit des vérités de l'Evangile ou qu'il se soit laissé traversé par la lumière qui en émane depuis la nuit des temps.

Pour couvrir une étendue beaucoup plus vaste qui ne se cantonne pas aux frontières géographiques de notre pays, il était souhaitable d'inclure le projet France 2022 dans l'espace francophone et, plus largement encore, de le porter aux dimensions de la planète. Ici, nous pensons tout particulièrement à nos amis francophones du Liban, de tout le Moyen-Orient, de l'Afrique, du Canada et à ceux qui résident en Acadie ou au Québec. L'occasion nous est donnée, bien simplement, par le moyen prodigieux de la Toile, de prendre connaissance des travaux d'une très grande qualité d'une communauté d'hommes et de femmes loin du territoire de la métropole française mais si proches par le coeur de toutes les personnes de langue française. Il se trouve que Martin Latulippe vient de publier une vidéo qui entre formidablement en résonance avec ce qu'est en train de subir Carlos Ghosn. Tout lecteur sensible à l'épreuve d'un ego malmené et au séisme qui peut traverser toute vie humaine tirera un grand profit personnel de l'écoute du témoignage de Martin.