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dimanche 26 janvier 2020

France2022 : Constats, principes directeurs et grandes orientations



En cours de rédaction ...

Dans quelques semaines, le projet France 2022 sera en chantier depuis dix ans (1er mars 2010). Voici les principes directeurs de la rénovation politique qu'il prépare, les raisons qui fondent chacun d'eux et les orientations prévues.  Les principes n'ont pas tous un caractère absolu : certains sont valables pour l'heure. Rien ne dit qu'il faille nécessairement observer à tout moment ceux qui vont suivre.

Chacun d'entre nous peut se dire à certains moments, souvent, voire tous les jours : "Je suis las de voir que la France est si mal présidée, si mal représentée dans le monde, si mal pilotée. Je suis écoeuré par tant de gâchis, de retards, d'incompétence, de corruption, ... J'ai hâte de voir la France enfin présidée dignement, sans arrogance, avec droiture, intelligence et honnêteté. Certains d'entre nous ajoutent : voilà pourquoi je ne vote plus. Je ne veux pas cautionner les désordres d'une vie politique atone, sans envergure. Je ne veux pas que mon pays soit décrié, jugé, vilipendé par ceux-là même qui sont sensés le représenter. J'attends avec impatience que se lève enfin un Président de la République digne d'une fonction tant de fois abîmée et amoindrie par des pitres, un président qui respecte chacun et qui prépare soigneusement ses prises de parole, qui ne se livre pas au jeu des petites phrases semant la pagaille, aggravant les dissensions, divisant les Français au lieu de les rassembler (*)". 

(*) Gaëtan Dussausaye, responsable national des jeunes au Rassemblement National donne ici, avec intelligence et lucidité, une lecture éloquente de l'actualité au micro de Stéphanie de Muru sur RT France.


1. Un Président de la République issu de la société civile ...

... qui n'a pas eu de responsabilité politique nationale et qui n'est pas encarté dans un parti politique. Un président qui, a fortiori, n'est pas un chef de parti politique. Ce pourrait être une personne ayant déjà exercé de très hautes responsabilités, par exemple Pierre de Villiers, ou bien un outsider n'ayant pas une telle notoriété mais bien préparé à l'exercice d'un mandat présidentiel par une riche expérience dans plusieurs domaines clefs : pédagogie, gestion et management, informatique, sciences et lettres, fonction publique et entreprises privées ... 

Voilà un principe qui n'est pas absolu mais qui, pour l'heure, revêt une importance capitale. A terme, la logique des fonctions assumées par la présidence de la république française voudrait que, parmi les candidats naturels à ce rôle, figurent d'anciens gouverneurs ou vice-gouverneurs de province (au sens du projet France 2022).

Un président capable de se tenir au-dessus des partis sans aucune morgue, de dialoguer sereinement avec des personnes d'avis très divers, d'être rassembleur et d'être un facteur exemplaire de paix sociale, de stabilité, d'entrain pour un Etat stratège

Un président qui prend des décisions, non pas dans un esprit partisan, pour satisfaire les desiderata d'une caste (*) mais pour le bien commun du peuple français sans jamais oublier les conséquences de ses choix sur les plus vulnérables. Un président capable de prendre le risque de l'impopularité provisoire pour un bien supérieur.

(*) ou pour mettre en oeuvre les aberrations de toute idéologie n'ayant que la déconstruction pour seul horizon

Un président libre de toute influence sectaire et de toute emprise addictive ; qui sait se reposer, prendre du recul et qui ne malmène pas les ministres, ses collaborateurs et l'ensemble des personnels en charge de très lourdes responsabilités. 

Des candidats à la présidence de la république et un président soumis à des tests réguliers de non dopage (voir à ce sujet l'interview de Gérard Fauré, dealer du show biz et d'une certaine faune politique).

Un président capable enfin d'expliquer les raisons d'être de chaque réforme avec la clarté et le brio dont savent faire preuve les grands stratèges industriels tels que Carlos Ghosn (*) auquel une tribune du projet France2022 est largement consacrée.

(*) Vidéo de 73 minutes à l'ENSAM en 2016 au sujet de l'alliance Nissan - Mitsubishi - Renault.

Quand l'observateur impartial voit et entend à quel niveau hors du commun s'exprime Carlos Ghosn, il ne peut qu'être affligé par une perte de quatorze mois en détention ou en résidence surveillée et par un gâchis quasi incommensurable : contraindre une telle intelligence à batailler pour faire reconnaître son innocence quand elle pourrait carburer pour une industrie aussi complexe que celle de l'automobile, c'est gaspiller stupidement un trésor d'art et de science ; c'est priver les générations futures de perspectives grandioses (pas moins). Où nous relevons au passage qu'en définitive ce sont toujours des forces d'essence malthusienne (dénoncées en long et en large dans plusieurs tribunes du projet France2022 : Ecole et société malthusienne(s) en France et ailleurs) qui cherchent à entraver la croissance et le développement d'une humanité conquérante et cela en contradiction flagrante avec l'un des messages phare de la Bible : "Vous donc, croissez et multipliez; peuplez en abondance la terre, et multipliez sur elle." Gen 9:7-17 et nous comprenons qu'une bonne part des activités démoniaques consiste à mettre en échec ce projet d'expansion en faisant chuter les vecteurs principaux de ce mouvement, en faisant surgir des peurs extravagantes (par exemple à propos du coronavirus), en brandissant des menaces toujours plus insensées ... 


Chacun d'entre nous peut se dire à certains moments, souvent, voire tous les jours : "Je suis las de ces oppositions stériles et de ces connivences sous le manteau d'une gauche et d'une droite qui n'arrêtent pas de défaire ce qu'un camp vient d'accomplir mais qui laissent subsister le pire, par exemple la mise à mort de 230.000 êtres en gestation chaque année en France, par la conjonction de l'une des lois les plus funestes (IVG) et d'une situation de pauvreté, de déclin, de désespérance qui pousse tant de femmes vers l'avortement. Je suis révolté par beaucoup d'attitudes et de prises de parole caricaturales de représentants politiques aux ordres de leur parti, qui n'ont pas le courage de soutenir des projets d'envergure et utiles à mon pays parce qu'ils sont tétanisés par la peur de l'exclusion. Je suis impatient de voir mis en oeuvre des projets qui réuniraient un large consensus national et qui seraient mis en oeuvre par une grande majorité de représentants du peuple enfin libres des lobbies, des menaces d'appareil, des accointances avec quelque caste égoïste. Je suis excédé par les comédies parlementaires et ministérielles jouées par des dopés, des drogués qui ont perdu le sens des réalités quotidiennes, qui n'ont pas le courage de sortir de leurs turpitudes et qui finissent par filtrer le moucheron tout en laissant passer le chameau : s'attaquer aux vrais problèmes, aux vrais défis de l'heure mettrait en lumière leurs comportements de dévoyés. Certains d'entre nous ajoutent : voilà pourquoi je ne vote plus. Je ne veux pas cautionner les rivalités de clocher, les débats stériles ou joués d'avance, les mesurettes ridicules qui ont jalonné la vie politique française depuis le septennat le plus calamiteux de la cinquième république (1974-1981)".



2. Une majorité parlementaire à géométrie variable, ...

... non pas fondée sur une coalition fixe de partis mais sur des consensus qui varient en fonction de chaque grand axe de réforme d'un projet commun : avant les législatives de 2022, chaque candidat aura indiqué aux électeurs ce qu'il entend défendre du projet de la présidence élue, ce qu'il approuve sans nécessairement l'appuyer (position de neutralité) et ce qu'il désapprouve (opposition) de telle manière que cette élection soit aussi l'occasion d'un référendum sur chaque grand thème du programme. Prenons l'exemple emblématique de l'IVG. On nous rebat aujourd'hui les oreilles de la chansonnette d'un acquis indéboulonnable. Interrogeons les Français après les avoir clairement informés du drame qui se joue depuis 1975 et nous verrons bien si nos concitoyens sont encore prêts à soutenir qu'un pays a quelque avenir quand, chaque année, il laisse abattre près d'un quart d'une génération montante sans même s'en émouvoir, sans rien faire pour endiguer ce fléau et, pire encore, en considérant faussement qu'il s'agirait d'un progrès et d'un droit inaliénable. Prenons un autre exemple a priori moins polémique (quoique ! ) : la création d'une monnaie de service et d'abondance. Là encore, un effort pédagogique est plus que nécessaire : éclairer chacun sur les tenants et les aboutissants d'une action aussi structurante pour l'avenir du pays. Dans le projet France 2022, cette création vise plusieurs buts dont l'un paraît essentiel après analyse approfondie de la situation française : la réduction du nombre d'avortements. L'analyse fine du résultat des élections législatives devra permettre de répondre à cette triple question : la création d'une monnaie de service et d'abondance est-elle placée en tête du choix des candidats aux élections (qui indiqueront leurs priorités) ? Si oui, ce choix est-il plébiscité par une large majorité de votants ? Si oui, enfin, quels seront les domaines prioritairement irrigués par cette nouvelle monnaie ? Si une large majorité de votants valide le principe de la réduction du nombre d'avortements, les députés sauront qu'ils ont carte blanche pour soutenir toutes les femmes enceintes par la nouvelle monnaie créée. Si les votants placent plutôt la réduction du nombre de chômeurs en tête de leurs priorités, l'Assemblée allouera davantage (ou autant) de fonds à la création d'emplois.

Chacun d'entre nous peut se dire à certains moments, souvent, voire tous les jours : "Par qui sommes-nous gouvernés ? Que font-ils ? Qu'attendent-ils pour s'attaquer intelligemment aux difficultés que je rencontre au quotidien, chaque fin de mois ?". Je suis choqué par l'inexpérience de certains ministres, leur manque de hauteur de vue, leur incompétence, leur silence, leur manque de visibilité, ... . J'attends que mes idées soient défendues par un ministre d'un gouvernement d'Union Nationale où chaque courant soit tenu de respecter les éléments contradictoires apportés par des sensibilités différentes. J'ai hâte que des hommes et des femmes de grande expérience reprennent le flambeau d'une politique véritablement construite, soucieuse de bâtir à long terme, respectant les principales caractéristiques qui ont fait la grandeur de la France. Je suis excédé par l'impréparation manifeste des réformes engagées par un Gouvernement d'amateurs de mauvais goût et d'apprentis sorciers. Certains d'entre nous ajoutent : voilà pourquoi je ne vote plus. Je ne veux pas, en conscience, participer à l'avènement au pouvoir d'ambitieux qui ne roulent que pour eux-mêmes, de personnages en manque de reconnaissance et de notoriété qui vont à la soupe, de pantins tétanisés par l'idée d'être éjectés au prochain remaniement ministériel".


3. Un Gouvernement d'Union Nationale ...

... qui prenne le taureau par les cornes, qui se préoccupe enfin d'une situation pour le moins inquiétante sans verser dans la démagogie, sans se croire obligé de servir tel ou tel intérêt particulier, sans tergiverser, sans arrogance et avec tact. Un Gouvernement qui s'est dûment préparé à exercer un ministère complexe : rassembler les Français autour d'un noyau de réformes fondamentales et non pas les diviser par la mise en oeuvre d'une farandole de rustines sans avenir. Un Gouvernement où chaque rôle thématique (rôle ministériel) est assumé par deux personnalités qui ne sont pas du même bord politique, deux personnes tenues de s'entendre pour présenter une nouvelle réforme. Un Gouvernement où la composante adhocratique (projet) est mise en valeur, renforcée, élargie de telle sorte que soient menés des projets d'envergure et non plus ces réformettes à la petite semaine qui plombent l'avenir des générations montantes et rendent la situation présente de plus en plus problématique.


4. Une nouvelle organisation des pouvoirs exécutifs ...

... afin qu'à chaque niveau de décision, un tandem de responsabilités complémentaires soit toujours impliqué : d'une part une responsabilité externe qui prend en compte l'environnement de l'entité concernée (pays, province ou municipalité), d'autre part une responsabilité interne qui tient compte des parties qui composent l'entité. Par exemple, un Président de la République davantage tourné vers les Etats voisins, l'Europe, les autres continents et un vice-Président davantage préoccupé des affaires intérieures de la France. L'un et l'autre ne prennent jamais de décision unilatérale et en solo mais toujours en concertation avec l'autre partie, l'autre face pourrait-on dire d'un même pouvoir. En cas de désaccord entre les deux, une autre priorité vient supplanter celle qui est en souffrance. De même, Premier Ministre et vice-Premier Ministre ... Gouverneur municipal et vice-Gouverneur municipal. Principe "vicieux" diront les détracteurs de cette organisation. Laissons-les pérorer !

Chacun d'entre nous peut se dire à certains moments, souvent, voire tous les jours : "A quoi riment ces déluges de communication ? Que cachent-ils ?". Je suis agacé par ces attitudes et ces paroles théâtrales qui se donnent un tour dramatique et qui se révèlent comiques ou tragiques à l'analyse. J'ai hâte que nos dirigeants sortent le grand jeu, qu'ils arrêtent de nous servir la soupe infâme d'une comédie de mauvais goût, de livrer des plats infects. J'en ai marre d'être pris pour un imbécile, un illettré, un moins que rien.  Moi, je suis assoiffé, affamé de vérité vraie et pas d'une vérité frelatée. On dirait que certains de nos dirigeants en sont restés à l'année 1974 où un jeune énarque damait le pion à la génération qui aurait dû logiquement succéder à Georges Pompidou : ils ne font qu'imiter ceux qui, à cette époque-là, avaient bien compris le rôle et le poids de la télévision, la puissance et la rapidité des médias d'alors. Qu'attendent les dirigeants actuels pour employer les nouveaux moyens de communication, non pas au service de leur propagande mais d'une vérité qui ne se laisse pas enfermer dans des coups publicitaires, des buzz et compagnie ? Certaines d'entre nous ajoutent : voilà pourquoi je ne vote plus. Je ne veux pas, en conscience, participer à l'accession au pouvoir de dirigeants malhonnêtes intellectuellement et tellement en retard, au fond, puisqu'ils s'imaginent qu'il suffit aujourd'hui d'imiter la génération des renards qui ont dominé les années 70, 80, 90, 2000 ou 2010 alors que des experts en communication sont aux aguets et prêts à décortiquer leurs ficelles bien grosses ; alors qu'il est urgent désormais de préparer un projet politique pour la France qui tienne enfin la route ; un projet solide et magnanime qu'il ne soit point nécessaire de proposer, de défendre et de mettre en oeuvre par quelque artifice de communication.

5. Un projet rigoureusement charpenté et fondé sur quelques réformes d'envergure s'appuyant, entre autres, sur une bibliographie originale et solide puisqu'elle fait la part belle aux analyses les plus rigoureuses et aux synthèses les plus magistrales.

En l'occurrence pour le projet France 2022 : création d'une monnaie de service et d'abondance, d'une part ; réorganisation des pouvoirs, d'autre part. Soit deux piliers venant en soutien de toutes les actions conséquentes : réduction drastique du nombre d'avortements et du nombre de chômeurs ; transition informatique et écologique ; rééquilibrage de la balance des paiements ; remboursement et fonte de la dette publique ; réduction des inégalités de traitement et sortie de l'homogénéisation par le bas ; revalorisation et modernisation des métiers de l'industrie et de l'artisanat ; développement linguistique et artistique (entre autres) de la France ; réorganisation des médecines françaises ; révision des politiques agricoles ... 

En parallèle : fin des réformettes sociétales qui n'apportent que trouble, divisions, dispersions et retards.






A suivre ...



vendredi 4 mars 2016

France2022 : Principes pour favoriser une saine Union Nationale



"Celui qui ne M'aide pas à rassembler, disperse"

Lc 11 : 23




"Notre civilisation 
sursaturée de connaissances 
et de moyens de savoir  
  offre tant de masques et de faux appuis 
  que l'homme ne sait plus 
   ce qu'il sait et ce qu'il ignore."  

  Jean Guitton (1901-1999)



Le jeu démocratique et l'économie de marché se ressemblent sur un point névralgique : au fil du temps s'installent des monopoles, quelques dominants, des oligarques permanents qui tentent d'empêcher le renouvellement des positions et, pire encore, le règlement juste, efficace et efficient de problèmes lancinants au sein de la Nation française. 

Pour être plus précis, chaque acteur essaie de passer devant, d'être le premier et d'imposer sa loi, qui à l'arène politique, qui au marché. Voilà deux théâtres où s'exaspèrent les passions au détriment du bien véritable de tous. 

Le mouvement de l'histoire finit toujours par balayer la prétention de ceux qui voudraient figer la hiérarchie, mais à quels prix ? 

Au double prix d'une lenteur désespérante et d'une stérilisation massive de l'économie ou de la vie politique : les jeunes pousses ont bien du mal à percer et à renouveler un paysage qui en aurait bien besoin. 

Au prix encore de révolutions sanglantes lorsque des groupes minoritaires mais armés décident d'en découdre avec les "autorités" en place, pouvoirs usurpés et devenus si indigents qu'ils engendrent des soulèvements censément odieux puisqu'ils se manifestent toujours à l'encontre d'un bouc émissaire choisi d'abord comme cible prioritaire puis à l'encontre de tous ceux qui ne voudraient pas se joindre au "combat" désormais engagé alors que ces victimes collatérales ont vite compris qu'un mouvement d'enragés ne règle aucun problème majeur et qu'au contraire, il les aggrave. Ainsi en fût-il de l'une des plus funestes périodes de l'histoire de la France : la révolution de 1789. 

Depuis cette date, les pouvoirs corrompus ont été remplacés par d'autres pouvoirs, aussi corrompus sinon davantage, et le sommet de l'Etat est plus gangrené que jamais puisque cette révolution a mis à bas le principe d'une autorité supérieure, non pas irréprochable évidemment, mais garante de l'unité du pays. Tandis que sous l'Ancien Régime, le monarque devait s'imposer face à des notables détenant un pouvoir économique mais non politique et à des princes en quête d'une puissance toujours plus grande, nous avons aujourd'hui un "monarque" qui fait semblant de régner : n'ayant plus à maintenir l'unité du royaume, n'ayant plus à contenir des frondes, il devrait s'employer à consolider l'unité de la Nation au lieu de quoi, nos chefs de l'Etat, choisis en dépit du bon sens, passent leur temps à diviser les Français en appliquant un programme ubuesque dans la plus crasse impréparation.

Pour remédier à l'état de déliquescence d'une démocratie mal organisée, tantôt idolâtrée, tantôt ridiculisée, le projet France2022 prévoit de modifier en profondeur les façons de manager les entreprises et d'exercer les responsabilités politiques. 

En ce qui concerne les entreprises, la question a déjà été abordée à propos du temps de travail humain : il est prévu de faire en sorte que, désormais, les responsabilités managériales soient partagées et non plus exercées par une seule personne, autrement dit que les postes de direction soit occupés par un tandem. Cette mesure ne résout pas, bien entendu, la rigidité des positions de marché qui demande la mise en place d'autres outils tels que l'essaimage entrepreneurial. 

Néanmoins, l'imitation et la transposition de cette mesure dans le domaine politique permettra une plus grande mobilité et une meilleure efficience des acteurs. Elles permettront aussi de retrouver une efficacité perdue depuis des lustres. Assorties d'un garde-fou parlementaire, elles éviteront le détricotage par les uns de ce qu'ont fait les autres. Détricotage d'autant plus absurde qu'il défait ce qui devrait être mis à l'épreuve du temps tandis qu'il laisse subsister les mesures telles que l'IVG, le "mariage pour tous (?)" ou l'euthanasie, toutes ces mesures dangereuses parce qu'elles consistent en licences accordées à la hâte sur des sujets d'une extrême gravité. 

Désormais, ce sont les deux partis arrivés en tête des élections qui devront s'entendre pour gouverner ensemble en appliquant un principe nouveau : non pas un partage des postes ministériels (par exemple) sur la base d'un compromis mais un gouvernement avec, à la tête de chaque ministère, deux ministres devant s'entendre pour prendre toute décision, deux ministres issus de deux formations politiques différentes, les deux qui auront "gagné" les élections.

Il faut en effet que cessent enfin les querelles de personnes qui enveniment les débats et conduisent les uns comme les autres à radicaliser bêtement leurs positions, ce qui les rend incapables de trouver le juste équilibre dynamique et de conduire des politiques de long terme.  Il ne s'agit pas, bien entendu, d'avoir la prétention utopique d'éliminer les rivalités de tempéraments, les antipathies instinctives ou historiques, les heurts inévitables entre des personnes aux parcours très différents mais il s'agit de mettre un garde-fou à toutes les disputes stériles, à tous les affrontements qui résultent d'un cadre politique déficient.

Au lieu de prendre le temps d'analyser les causes profondes des maux de la France, les acteurs politiques n'agissent que sur les symptômes, sur des risques surévalués et des dangers sous-évalués, pour donner des gages à une majorité fragile qui menace à tout moment de ne plus les soutenir. Ces mêmes acteurs politiques, terrorisés par les menaces de groupes minoritaires mais influents, ont fini aussi par oublier les attentes d'un peuple qui n'a guère de temps à perdre en élucubrations fantaisistes, étant lui-même préoccupé par la résolution de problèmes quotidiens beaucoup plus terre-à-terre mais essentiels : trouver un travail, pouvoir s'y rendre à un coût et en temps raisonnables, se loger, se nourrir, être au calme, trouver un médecin, un bureau de poste, un accès Internet ...

Le pourrissement du débat et de l'action politique a conduit notre pays au bord d'une faillite imminente, non seulement d'un point de vue économique et financier mais aussi structurel, civique, patrimonial, juridique, militaire, moral, spirituel, fonctionnel et humain. Au lieu de prendre les problèmes du moment à bras le corps, beaucoup de nos politiciens ont passé leur temps à se doubler sur leur gauche ou sur leur droite, davantage préoccupés par leur carrière et la satisfaction de leur ego que par les soucis majeurs préoccupant les Français dans leur vie quotidienne.

Il faut, de plus, que nos ministres prennent du recul et ne soient pas toujours sur le grill, c'est-à-dire, au bout du compte partout à la fois et nulle part, laissant la bride au cou de cabinets ministériels plus préoccupés de communication, de coups médiatiques et de tactique politicienne que des affaires publiques. Ces deux ministres n'agiront jamais seuls en public et devront se préparer à intervenir ensemble. Contrainte forte destinée à empêcher quelques déclarations intempestives et même ridicules d'un ministre isolé.

Il s'agit donc de contraindre les acteurs politiques à voir au-delà de leur petit pré carré. Il s'agit de les amener à respecter les positions d'autrui sans les caricaturer et sans verser dans l'attaque ad hominem, faute d'avoir pris le temps de parvenir à une vaste et profonde synthèse qui embrasse des points de vue différents et parvient à les transcender, selon les principes de la fameuse "synthèse des hétérogènes", chère à Paul Ricoeur à la suite de Algirdas Julien Greimas.

A ces nouvelles dispositions, s'ajoutera un principe élémentaire de continuité complètement bafoué de nos jours, générant ainsi un amateurisme inquiétant au niveau le plus haut de l'Etat. Actuellement, un ministre peut être débarqué à tout moment, sans le moindre préavis et même de manière honteuse. Ce n'est pas sain. Cette façon de faire suscite et encourage l'exercice de pouvoirs occultes qui dirigent les choses en sous-main de sorte que tout ministre fraîchement nommé se trouve au milieu d'une arène dont il ne parvient à comprendre les codes et les usages qu'au bout d'un temps beaucoup trop long, parfois même trop tard. C'est absurde et nuisible. Inutile d'aller chercher plus loin une grande partie de l'impuissance politique en France. 

Nous avons des ministres qui, sauf exception rarissime, sont comme des marionnettes aux mains de plus habiles qu'eux-mêmes, c'est-à-dire quelques personnages qui préfèrent agir dans l'ombre et dans la durée plutôt que d'être exposés au suffrage universel (?), à la vindicte populaire ou médiatique ... ou tout autre méchanceté émanant de spectateurs avides de coups bas et de jeux du cirque romain. 

Le projet France2022 prévoit un passage de témoin ministériel qui dure assez longtemps pour que le tandem ministériel succédant au précédent reçoive suffisamment d'informations clés sur l'exercice d'un pouvoir qui ne va pas de soi : un ministère et une administration ont besoin d'avoir à leur tête un pouvoir POLITIQUE (et pas seulement technique) assez fort pour que ne règnent pas en catimini quelques éminences tout heureuses de n'avoir à rendre de compte à personne et qui se régalent de se comporter en apprentis sorciers sur des sujets qui mériteraient beaucoup plus de réflexion non partisane. De tels sujets ne manquent pas puisqu'ils empoisonnent régulièrement l'espace public français, faute d'un règlement pertinent et bien ajusté de problèmes complexes.

Les principes esquissés ici doivent être, cela va de soi, affinés et rendus aisément applicables. Ils supposent une baisse importante des rémunérations des ministres en contrepartie d'un temps libéré pour une saine prise de recul. Nos ministres doivent avoir le temps de continuer à se cultiver, à s'occuper de leur famille, à voir leurs amis, à se reposer, à agir sans avoir à se doper ou à se droguer. Rien n'est plus malsain que cette surcharge de travail soudaine pour une seule personne qui peut être, de surcroît, peu familière des rouages de l'Etat. Il est en effet naturel et sain que des postes ministériels soient, dans certaines circonstances, confiés à des personnes qui n'ont pas nécessairement une longue expérience du fonctionnement du sommet de l'Etat mais qui, en revanche, ont une excellente connaissance des champs d'action d'un ministère.

Le projet France2022 prévoit d'étendre les principes du tandem et de la continuité à tous les postes ministériels qu'ils soient au niveau national (postes que nous connaissons aujourd'hui), au niveau provincial (rassemblement de plusieurs régions avant le remembrement récent) et au niveau municipal (rassemblement de communes actuelles). Soit en définitive, trois niveaux exécutifs.

L'affinement des principes esquissés se comprend d'autant mieux que le projet France2022 remet à l'honneur un principe fondateur dans toute vraie démocratie : le principe de subsidiarité. La réorganisation du gouvernement national est une chose, celle d'un gouvernement provincial ou municipal en est une autre. Rien ne dit, au stade actuel de l'analyse, qu'il faille reproduire, sans ajustements, le même schéma à tous les niveaux exécutifs. En tout état de cause, un exécutif  "inférieur" doit avoir la faculté de s'organiser comme bon lui semble tout en respectant une philosophie générale de gouvernement qui permette une consolidation au moins financière, économique et sociale à tout échelon "supérieur".

Disons même, d'emblée, que les différents niveaux de ministère doivent agir selon des perspectives qui leur sont propres : un gouvernement municipal agit foncièrement sur un territoire, au plus près des habitants et des visiteurs de son champ d'action ; un gouvernement provincial doit coordonner les projets inter-municipaux, veiller aux grands équilibres et intervenir en cas de défaillances d'un gouvernement municipal ; un gouvernement national coordonne, veille et intervient, si nécessaire, au niveau d'une province. Il doit, de surcroît, être capable d'harmoniser les pratiques en étant non seulement directif quand cela est nécessaire (par exemple à propos de cursus scolaire) mais, plus encore, prospectif. Un gouvernement national doit travailler sans relâche à l'articulation nation-Europe et nation-reste du monde. Il a enfin un rôle capital à jouer dans la détection des bonnes pratiques afin de leur permettre de faire école dans tous les lieux du pays où leur transposition peut être justifiée.


Agissant selon des perspectives différentes, les trois niveaux de gouvernement s'organiseront donc pour des missions qui n'ont pas la même envergure et qui portent sur des "objets" de natures variées. Nous avons trop vu à l'oeuvre un Etat français, omnipotent bien que grossièrement impuissant, et soucieux de régir la vie de chaque individu dans ses moindres détails avec les piètres résultats que  nous constatons chaque jour. Il est temps de revenir à un mode de gouvernement national qui tienne compte de l'existence des multiples corps intermédiaires de la nation et qui ne prétende plus régenter toutes choses dans ses moindres détails. Mode de gouvernement insensé qui aboutit à la multiplication de textes jamais appliqués, mal appliqués ou inapplicables. Textes qui, lorsqu'ils sont enfin appliqués, produisent plus de dégâts qu'ils n'en réparent et qui aboutissent à une paralysie dramatique des initiatives pourtant heureuses d'un corps social étouffé par une réglementation kafkaïenne.

Le projet France2022 prévoit d'asseoir le nouveau mode d'organisation des différents niveaux d'exécutif sur une nouvelle perception de l'impôt : non plus le mode descendant actuel dans lequel le niveau national se taille la part du lion et redistribue de plus en plus chichement ses subsides en perte de vitesse aux collectivités locales les plus habiles tout en se montrant follement dépensier mais un mode ascendant dans lequel ce sont les premières républiques, les municipalités, qui décident du niveau de l'impôt et le collectent au premier chef. Décisions et perceptions sont encadrées de manière souple par les provinces et l'Etat de telle façon que les municipalités puissent disposer de marge de manoeuvre assez grande pour adapter les prélèvements aux conditions locales et aux perspectives d'avenir. La réorganisation des prélèvements s'accompagne d'un contrôle renforcé des dépenses publiques car il ne suffit pas de dégraisser le mammouth étatique national pour obtenir une gestion beaucoup plus saine de l'argent public. Nombre de collectivités territoriales en France ont engagé des dépenses insensées qui mettent en péril l'économie locale de toute une région faute d'un contrôle supérieur adéquat : on ne peut attendre d'un Etat français mal organisé et dispendieux la capacité d'exercer un contrôle suffisant sur des collectivités qui prennent modèle sur lui pour dépenser à tout-va et arroser les copains des élus locaux en poste. Dans la nouvelle organisation des pouvoirs exécutifs et de la gestion financière des trois niveaux républicains, la corruption et le gaspillage sont limités par un contrôle renforcé d'autorités indépendantes et par la mise en place d'un contrôle des citoyens qui doivent avoir leur mot à dire sur tout dépassement budgétaire, non seulement en amont, lors des élections mais tout au long de la mandature, chaque fois qu'une décision risque de porter atteinte à l'équilibre des finances publiques.

Traitant ici sommairement des questions financières, il semble que nous nous éloignions du sujet de cette tribune : comment favoriser une saine Union Nationale. L'analyse de la situation actuelle de la France montre cependant que le gaspillage de l'argent public, inauguré depuis plus de quarante ans par des "élites" (ou "oligarchie") méprisant un peuple industrieux et laborieux, participe au délabrement de l'Union Nationale de même que des soucis pécuniaires, dans tout corps intermédiaire, met en péril sa cohésion et l'entente de ses membres car lorsque l'argent vient à manquer, le temps de prendre des décisions douloureuses rappelle cruellement à certains qu'il va falloir vivre sur un autre pied. 

Comme des familles en viennent à se déchirer et des entreprises à se décomposer, la Nation française menacée de faillite risque fort de vouloir trouver les coupables et, poussée dans un élan d'épuration malsain, de martyriser d'innombrables innocents. Ce qu'elle a déjà entrepris, sans se l'avouer, en éliminant chaque année plus de 200.000 enfants à naître. La correspondance des dates est frappante pour qui veut bien ouvrir les yeux : dès 1973, une politique de dépense et d'emprunt absurde ou hasardeux (voir aussi) est engagée et l'IVG est déjà dans les cartons. Sont alors au pouvoir des hommes qui se moquent de l'avenir comme de l'an quarante, qui n'ont d'autres soucis que de faire carrière et de briller sur la scène internationale, tout en écrasant en métropole tout ce qui pourrait leur faire de l'ombre ou révéler leurs turpitudes cachées ; tout en se laissant manipuler par des officines qui ont beau jeu d'exploiter leurs faiblesses inavouables : par la menace de révélations compromettantes, ces officines ont réussi à leur faire prendre des décisions  désastreuses pour le peuple français.

En 2017, l'écoute attentive des différents candidats à l'élection présidentielle (quand leur est donné un temps de parole équitable et un lieu d'expression assez posée) et la lecture de leur programme, renforcent le besoin d'une cohésion nationale mise à mal par tant d'années d'errance politique. Pour qui veut bien prendre le temps d'analyser chaque proposition, apparaît nettement que chacun des candidats apporte une pierre honorable (mais souvent très insuffisante) à l'édifice en dépit des erreurs que chacun peut commettre. 

Le projet France2022 a pour ambition d'établir un mode de gouvernement évitant de prendre les décisions et d'émettre des dispositions nouvelles, non urgentes, tant que n'est pas établi un consensus assez large entre différents partis, non seulement sur le diagnostic mais encore sur les solutions et remèdes à apporter. Une saine Union nationale bien conduite produit peu de textes et de nouveautés farfelus. Elle prend au contraire des décisions quasi unanimes après avoir pris le temps de peser les avantages (cf. la méthode des avantages de St Ignace) et de concilier les intérêts censément divergents.

vendredi 22 janvier 2016

France2022 : Réhabilitation de la mémoire de Louis XVI et prolongements constitutionnels. Pour une Révolution authentique


« Je voudrais que ma mort 
fît le bonheur des Français 
et pût écarter les malheurs que je prévois, 
le peuple livré à l’anarchie, 
devenu la victime de toutes les factions. »

Louis XVI


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Sous la mention : "C'est Louis XVI qui l'a fait : le saviez-vous ?", nous trouvons :

Louis XVI décida de soulager son peuple en le dispensant du droit de Joyeux avènement, impôt perçu à chaque changement de règne.
Louis XVI créa le corps des pompiers.
Louis XVI autorisa l’installation de pompes à feu, pour approvisionner Paris en eau de manière régulière.
Louis XVI créa un mont-de-piété à Paris pour décourager l’usure et venir en aide aux petites gens.
Louis XVI abandonna aux équipages de ses vaisseaux le tiers de la valeur des prises qui lui était réservé en temps de guerre.
Louis XVI décida d’aider l’abbé de l’Epée dans son œuvre pour l’éducation des « sourds-muets sans fortune » auquel il enseignait un langage par signes de son invention. Le Roi lui versa alors une pension de 6000 livres sur sa propre cassette, contre l’avis de l’archevêché qui soupçonnait cet homme de jansénisme.
Louis XVI dota l’école de Valentin HAUY pour les aveugles.
Louis XVI donna l’ordre à ses commandants de vaisseaux de ne point inquiéter les pêcheurs Anglais et obtint la réciproque pour les pêcheurs Français.
Louis XVI donna le droit aux femmes mariées et aux mineurs de toucher eux même leur pensions sans demander l’autorisation de leur mari ou tuteur.
Louis XVI ordonna aux hôpitaux militaires de traiter les blessés ennemis « comme les propres sujets du Roi » 90 ans avant la 1ere convention de Genève !
Louis XVI décida d’abolir le servage et la main morte dans le domaine royal et le droit de suite qui permettait aux seigneurs de faire poursuivre les serfs ou mainmortables qui quittaient leur domaine.
Louis XVI ordonna l’abolition de la question préparatoire et préalable (torture)
Louis XVI accorda le premier, le droit de vote aux femmes dans le cadre de l’élection des députés à l’assemblée des états généraux.
Louis XVI décida de faire construire à ses frais, des infirmeries « claires et aérées » dans les prisons.
Louis XVI s’inquiéta du sort qui était réservé aux prisonniers détenus en préventive de par leur inculpation, avant le procès. Par ailleurs, il décida de leur accorder une indemnité ainsi qu’un droit d’annonce dans le cas où leur innocence serait reconnue lors de leur procès (sujet d’une étonnante actualité) !
Louis XVI supprima de très nombreuses charges de la maison de Roi (plus du tiers).
Louis XVI permit aux femmes d’accéder à toutes les maîtrises.
Louis XVI finança tous les aménagements, de l’hôtel-Dieu pour que chaque malades ait son propre lit individuel.
Louis XVI employa le 1er, l’expression « Justice sociale ».
Louis XVI fonda un hôpital pour les enfants atteints de maladies contagieuses, aujourd’hui nommé : « Hôpital des enfants malades »
Louis XVI créa le Musé des Sciences et Techniques, futur Centre National des Arts et Métiers.
Louis XVI fonda l’école des mines.
Louis XVI finança sur ses propres fonds, les expériences d’aérostation des frères Montgolfier.
Louis XVI finança également les expériences de Jouffroy pour l’adaptation de la machine à vapeur à la navigation.
Louis XVI exempta les Juifs du péage corporel et autres droits humiliants.
Louis XVI accorda sept millions aux victimes du froid excessif en 1784.
Louis XVI accorda des pensions de retraites, à tous ceux qui exerçaient une profession maritime.
Louis XVI demanda l’établissement annuel de la balance du commerce.
Louis XVI créa le droit de propriété des auteurs et compositeurs de musique.
Louis XVI accorda l’état-civil aux non-catholiques.
Louis XVI créa l’Ecole de musique et de danse de l’Opéra de Paris et le musée du Louvre.
Louis XVI lança une des plus grandes expéditions de découverte de son époque et choisit Jean-François de la Perouse  pour diriger une expédition autour du monde visant à compléter les découvertes de James Cook dans l’Océan Pacifique.
Louis XVI aida l’Amérique à proclamer son indépendance le 4 juillet 1776.
Source : « Louis XVI a la parole » de Paul et Pierrette GIRAULT de COURSAC, éd de l’OEIL


Il est temps que le peuple français, dans son ensemble, redécouvre l'une des figures majeures de son histoire et prenne la peine d'en réhabiliter la mémoire, non par nostalgie de la monarchie car ses élites ont eu bien des torts comme tous les tenants de quelque pouvoir quand il ne s'exerce pas au service de tous, mais afin de sortir de l'impasse où l'a conduit une forme de parricide : depuis le jour où quelques enragés, et même malades mentaux pour certains, ont réussi à faire exécuter l'un de ses rois les plus brillants, la France est comme orpheline. 

En prélude à cette tribune, on suivra avec curiosité et intérêt un court extrait d'un débat opposant Stéphane Bern et Jean-Michel Blanquer en 1989 à propos des monarchies.

Ayant décapité la tête du Père de la Nation, la France a perdu la sienne. Nous en fûmes témoins chaque jour au récit des aventures d'un chef d'Etat qui, de cette fonction, en avait le nom sans en avoir l'étoffe. 

En dépit de ce que vient d'affirmer l'un des anciens hôtes de l'Elysée, ce manque d'étoffe date de plus d'une vingtaine années puisqu'il concerne au premier chef celui qui dénigre ses successeurs pour de très bêtes questions d'orgueil revanchard et par un manque évident de lucidité sur son propre compte : bénéficiant depuis des dizaines d'années d'un traitement de faveur éhonté et même scandaleux, les subsides dont il dispose sans le moindre scrupule (?) constituent ces sortes de biens que le riche confisque aux veuves, aux orphelins et aux parents seuls et qui devraient être restitués à qui de droit ; ces sortes de biens dont manquent aussi des femmes désemparées qui choisissent d'avorter plutôt que de garder en elles une promesse de vie et de bonheur authentique. Si cet homme (qui se reconnaîtra aisément à la lecture de cette tribune) parvenait enfin (il n'est jamais trop tard) à clarifier sa conscience et à faire amende honorable, il léguerait une partie de sa fortune au bénéfice d'une fondation destinée à toutes les femmes que l'IVG risque encore de léser gravement ; une fondation soutenant enfin ces promesses de vie sans lesquelles une nation dépérit. Pour qui écrivit un jour : "Le pouvoir et la vie", il y aurait, dans cet acte de fondation, une cohérence enfin recouvrée.

Ce manque d'étoffe au sommet de l'Etat français ne tient pas seulement aux défauts des uns et des autres car il n'existe aucun homme sans failles mais aux prétentions d'une république si mal organisée qu'elle n'a pas encore compris que le rôle d'un Chef d'Etat (plutôt Chef de la Nation) n'est pas de s'occuper de tout, qu'il a d'abord un rôle symbolique et qu'il lui revient d'assumer cette charge en faisant preuve de très solides vertus et non pas de simples habilités tactiques.

Il est temps que nous comprenions que ce rôle éminent de Chef de la Nation ne peut être assumé par un chef de parti, ancien ou nouveau, que ses nombreuses prises de position antérieures vont handicaper, en raison même du combat politique et de la concurrence très vive qui se manifeste dans la pêche aux suffrages. Ses positions censément tranchées lui auront fait perdre le statut et même la stature de rassembleur qui incombe au Chef de la Nation tant il est vrai que rassembler un parti, même divisé, n'a pas grand chose à voir avec le rassemblement d'une nation. Pour aller plus loin sur ce thème, voir l'étude de Simone Weil sur les partis politiques.

Un chef de parti cogne fort sur des adversaires (et même ses anciens alliés !) pour souder ses troupes tandis qu'un vrai Chef de la Nation fait en sorte que nul ne soit en position d'écraser ou d'éliminer ceux qui ne sont pas du même avis que lui. Il s'abstient aussi de partir en guerre pour donner l'illusion que la nation fait corps contre un ennemi extérieur et même fabriqué de toutes pièces pour les besoins de sa cause. 

Un chef de nation digne de ce nom propose aux corps intermédiaires du pays et à tous les citoyens de bonne volonté de grands et nobles défis qui donnent à chacun, non pas de combattre ses voisins mais : 

* de livrer bataille en son coeur contre toutes les pesanteurs qui ramènent tout à lui au détriment des autres ;

* de s'unir à d'autres pour agir en bonne entente avec eux, non en vue de détruire, de démolir ou de saccager mais en vue de bâtir, de construire, d'édifier ou de réparer voire de sauvegarder ou de sauver.

Il est prévu dans le projet France2022 de remédier à l'état de fait qui règne en France depuis plus de quarante ans. De nouvelles dispositions éviteront par principe qu'un chef de parti puisse se présenter à l'élection présidentielle. Cela nous a valu depuis plusieurs décennies d'être "gouvernés" (il faudrait plutôt dire : "malmenés") par des arrivistes songeant beaucoup plus à leurs propres intérêts et à leurs petits plaisirs - y compris le plaisir d'exercer un pouvoir tyrannique, colérique, secret ou carrément occulte - qu'aux difficultés rencontrées par une multitude ou qu'aux bonnes pratiques initiées par quelques-uns dans un pays où il semble que l'ambition personnelle prime sur tout autre considération.

On aura beau d'ailleurs proposer maints et maints ajustements judicieux, rien de meilleur n'adviendra vraiment tant que la France n'aura pas guéri sa mémoire blessée et même dévastée en reconnaissant l'absurdité du geste qui élimina celui qui venait de réformer de main de maître un pays au bord de l'hystérie et qui aurait permis à la France de déployer son génie propre s'il n'avait pas été victime, entre autres, des pressions exercées par une coalition de marchands qui voulaient imposer à la France et, en particulier aux plus pauvres, le joug du tout marchand, la loi de la jungle d'un commerce sans frein et sans limite, non plus régi par la police du Roi mais désormais libre de spéculer à sa guise, quitte à affamer le peuple (voir à ce propos le récit passionnant et l'analyse percutante de Marion Sigaut à l'occasion de la crise des Gilets jaunes). 

Il n'est pas exagéré de dire que si Louis XVI avait pu régner sans en être empêché par quelques illuminés ou malades mentaux ou par des régions hostiles à la France, l'Europe n'aurait pas sombré dans cette violence inouïe qui l'a mise à terre au XXème siècle et qui la rend aujourd'hui si peu sûre d'elle-même, si fragile au fond et même suicidaire quand elle n'est pas injustement accusée par d'autres pays d'être responsable de tous leurs maux.

Voir à ce propos Le Roi Stigmatisé, une présentation de cet homme exceptionnel, un aperçu de ses aptitudes scientifiques ainsi que le texte empreint de noblesse du testament de Louis XVI.

A la réhabilitation de la mémoire de Louis XVI, il convient de joindre celle de Marie-Antoinette et du dauphin, cet enfant qui fut martyrisé de manière ignoble par ses tortionnaires.





Louis XVII a la prison du temple vers 1792-1795, allongé dans sa cellule de la prison du Temple ou il est enferme depuis le 13 aout 1792.



Pour ancrer dans le concret de nos existences quotidiennes cette réhabilitation d'une famille royale martyrisée, le projet France2022 prévoit une charte de grands principes au service d'une saine, et même sainte, Union Nationale.

Réfléchir sur l'Ancien Régime, ses mérites et ses faiblesses, sur les républiques, leurs mérites et leurs faiblesses, c'est devenir capable de distinguer des notions qui ont fini par être oubliées et confondues. Oublis et confusions qui ont engendré la pagaille et l'impuissance dont nous sommes chaque jour les témoins.

Première confusion : de "l'Etat, c'est moi" attribué faussement à Louis XIV à l'identification de la Nation à l'Etat, comment se dépêtrer ? 

Le projet France2022 prévoit de bien distinguer Nation et Etat (et a fortiori, Chef de l'Etat) en ramenant le niveau étatique au niveau provincial. Nous obtenons ainsi un (super) "Etat" fédéral français constitué de cinq provinces ayant chacune une organisation de type étatique. La France retrouve alors un statut de Nation beaucoup plus clair : un territoire, un peuple de langue française et une histoire commune ainsi qu'un droit positif enfin remis à l'endroit ... Cet ensemble a besoin d'être gouverné en évitant de conduire une politique nationale (voire nationaliste)  ou vaguement européenne voire internationaliste, beaucoup trop uniforme pour tenir compte des particularités des différents territoires et de la diversité des peuples.

Deuxième confusion : citoyenneté et nationalité. Comment tenir compte de ces deux réalités, sans les confondre, les réduire ou en exagérer la portée ?

En établissant de grands ensembles de cités peu nombreux (200 ensembles par province), régis par des municipalités largement autonomes, le statut de citoyen, résident d'un territoire administré et gouverné par une municipalité, est dissocié de celui de "membre" d'une nation. 

Alors que la Nation est renforcée pour éviter sa dissolution dans un grand tout informe qui finit par inquiéter beaucoup de nos contemporains, le concept de nationalité n'est plus obsédant et nous évitons son apparition dans de nombreux débats, apparition incessante parce que ces débats sont mal posés. Ce qui prime pour tout nouvel arrivant, ce n'est plus l'acquisition de la nationalité française mais la réussite de son accueil en tant que citoyen, c'est-à-dire en tant que membre d'une cité qui, elle-même appartient à une province (à un Etat) et, au final, à une Nation.

Nous obtenons une Nation française qui rassemble les habitants de cinq Etats (provinces) en métropole auxquels sont rattachés les territoires d'outre-mer, chaque Etat étant lui-même, non pas le rassemblement d'individus mais la réunion de cités.

Avec cette nouvelle organisation, le Chef de la Nation et son épouse (ou inversement) a surtout une fonction symbolique puisque l'essentiel du travail politique et démocratique se déroule au niveau d'une cité (comme l'indique l'étymologie du mot "politique"), se consolide au niveau d'une province (qui a le rang d'Etat) tandis qu'il est couronné au niveau national et achevé au niveau international. 

Qui dit "rôle symbolique" pour le Chef de la Nation ne dit pas "potiche" ou "gadget" ou "figurant" mais pouvoir de nomination des autorités du pays et concentration de son énergie sur ce pouvoir déterminant pour la bonne marche de la France. Non plus ce simulacre de pouvoir tous azimuts qui ne rime à rien et disperse le chef de l'Etat de la Vème république mais un véritable rôle de discernement au service des institutions majeures du pays. 

En pratique, tous les postes sensibles de gouvernement locaux seront doublés afin que les responsabilités qu'ils supposent soient assumés par un tandem de deux personnalités : l'une choisie par vote, l'autre par nomination (*). Par exemple : un gouverneur de Province élu, doublé d'un vice-gouverneur choisi par le pouvoir central de telle sorte qu'aucune personne seule n'en vienne à prendre des décisions mettant en péril, qui les finances d'un corps intermédiaire, qui l'avenir ou la salubrité d'un territoire, ...  Le principe de cette double gouvernance est détaillé ci-après. 

(*) Pour honorer le principe démocratique vaillamment argumenté et défendu par Etienne Chouard, il est possible de mettre en oeuvre une nomination parmi des personnalités choisies et proposées par des citoyens tirés au sort.

En d'autres termes, le projet France2022 tend a instituer un triple niveau républicain : au niveau le plus proche du terrain, la cité, ce que nous appelons aujourd'hui commune et qui peut être un village, un bourg ou une ville. D'où une première république : la municipalité. 

Cette première république réunit plusieurs cités qui mettent en commun leurs ressources afin de parvenir à transformer et à édifier un territoire, un environnement où chacun trouve une réponse juste à ses attentes les plus élémentaires grâce au travail des membres de cette république, celle-ci ne faisant appel que de manière exceptionnelle à l'extérieur de son territoire pour subvenir à ses propres besoins élémentaires : eau, nourriture, vêtements et matériaux de construction, besoins incluant ce qui rend possible leur production : connaissances, énergie, machines, outils, défense du territoire, ... Pour tout lecteur intéressé par une telle organisation de la cité, nous recommandons de prendre connaissance des principes d'autonomie remis à l'ordre du jour par la permaculture et nous invitons toute personne curieuse à se pencher sur le concept et l'édification de villes intelligentes, vaste concept qui ne se réduit pas à l'informatisation de nos cités mais qui s'étend à toutes les fonctions, à toutes les structures, à tous les mécanismes et à toutes les techniques qui facilitent l'évolution d'une ville entendue, au fond, comme un écosystème, un organisme vivant, capable de s'adapter finement aux données changeantes de son environnement. Le premier niveau républicain proposé par le projet France2022 est donc aussi pensé pour mettre en oeuvre avec plus de fluidité et de souplesse le concept de ville intelligente : dans un espace donné, suffisamment grand pour cela, il s'agit de penser les installations et les améliorations à venir de telle manière que le tout concourt à faire de cet espace une ville intelligente. Cette option conduit alors à intégrer d'emblée une zone périphérique et si possible un lieu de vie sauvage à toute ville selon l'esprit de la permaculture. En terme de Grand Paris et, selon le modèle d'une fédération de cinq provinces proposé dans le projet France2022, cela nous conduirait à définir un Grand Paris fédéral constitué de cinq villes intelligentes.

La province, quant à elle, correspond au deuxième niveau républicain. Elle est constituée par la réunion de plusieurs municipalités (environ deux cents, soit environ 7200 communes actuelles ou "cités" au sens grec du terme). Pour la France métropolitaine, chaque province rassemble les régions (selon le périmètre établi avant la réduction du nombre des régions en 2015) d'un double point cardinal : sud-ouest, sud-est, nord-est, nord-ouest. Une dernière province rassemble les régions du centre. Le niveau provincial devient un niveau étatique. Il est doté en conséquence de tous les attributs actuels de l'Etat français, c'est-à-dire, entre autres de tous les pouvoirs régaliens. Chaque province apporte donc aux municipalités qui la composent le supplément de ressources que celles-ci ne peuvent trouver sur leur propre territoire.

Enfin, ce que nous appelons aujourd'hui l'Etat français devient désormais une fédération de cinq Etats. C'est le troisième niveau républicain.

Une telle organisation politique nous conduit à parler, non plus de LA république française mais DES républiques françaises. En passant du singulier au pluriel, nous n'effectuons pas seulement une pirouette mentale ou verbale pour le plaisir de jouer sur les mots ou de provoquer ceux qui sont attachés viscéralement à la notion de "république une et indivisible" (nous avons beaucoup mieux à faire que de provoquer ! ). Nous ne sommes pas non plus en train de contredire le principe quelque peu usé de "république une et indivisible". Cela n'aurait pas grand intérêt. Nous revenons plutôt aux sources d'une démocratie bien pensée dans laquelle le singulier retrouve toute sa valeur car l'essentiel n'est pas de se gargariser du mot "république" et de prétendre la défendre (en vain d'ailleurs) contre ceux qui voudraient l'abattre mais l'essentiel est de bâtir un socle assez solide pour soutenir tout l'édifice démocratique et faire en sorte que chaque peuple et chaque citoyen prenne en main son avenir sans pour autant se laisser piéger par l'orgueil de l'autosuffisance (de mauvais aloi). 

Chaque niveau républicain a besoin de maintenir sa cohérence interne tout en développant ses relations avec ce qui lui est extérieur. Aussi le projet France2022 prévoit-il un binôme pour chaque fonction à remplir. En allant d'emblée au plus haut niveau, nous obtenons donc un président et un vice-président. Le premier est tourné en priorité vers l'extérieur tandis que le second s'occupe davantage des affaires intérieures du pays de sorte que lorsque le Chef de la Nation est en voyage à l'étranger, la France demeure toujours présidée par le vice-président. Cependant, l'un et l'autre agissent toujours en concertation et aucun texte ne peut-être promulgué sans leur double signature de manière à ce qu'aucun d'eux ne se retrouve seul à délibérer, à trancher et à décider. De même, à l'échelon le plus inférieur, au premier niveau républicain, celui de la municipalité, trouvons-nous un gouverneur municipal et un vice-gouverneur municipal. Le premier est en lien permanent avec les autorités de la province d'appartenance de sa municipalité et siège à l'assemblée provinciale des gouverneurs municipaux tandis que le second est aux affaires internes de la municipalité et préside le Conseil municipal. Là encore, aucun texte d'origine municipal n'est promulgué sans l'aval du gouverneur et du vice-gouverneur.

Cette nouvelle organisation de la hiérarchie politique tend à placer, à tous les niveaux de l'exécutif, un tandem ou un binôme, de même rang hiérarchique, de manière à éliminer le plus possible les rivalités incessantes que nous observons entre un premier et un second (par exemple un président et un premier ministre) qui sentent confusément qu'ils agissent à des niveaux semblables mais que l'un doit toujours s'affirmer comme "supérieur" tandis que l'autre ne supporte pas d'être traité en "inférieur", en subalterne, en collaborateur ou en simple exécutant ; que l'un est inamovible le temps d'un mandat tandis que l'autre est sur la sellette, sur un siège éjectable. Cette comédie grotesque a trop duré. Elle empoisonne la vie politique française depuis plus de quarante ans. Elle engendre des jeux de rôle pitoyables et des retards inquiétants. Ces jeux du cirque que les contemporains de Giscard et de Chirac purent observer en direct et qui n'ont cessé depuis, sauf exceptions.

Il subsiste évidemment toujours des "premiers" et des "seconds" mais dans un cadre redoublé : au lieu d'avoir un match en simple, nous obtenons un match en double et les amateurs de tennis savent que les doubles sont beaucoup plus intéressants, incisifs et spectaculaires que les simples (sauf exceptions évidemment ! ) : on y sent moins l'usure et la mise à mort inévitable de tout jeu gagnant-perdant mais bien plus le plaisir du jeu, de la combinaison, la nécessité d'une vraie et belle entente pour parvenir à l'emporter. En l'occurrence, il ne s'agirait d'ailleurs plus d'un jeu gagnant-perdant mais d'un jeu impliquant quatre personnes sensées aller dans la même direction, d'un jeu impliquant une équipe dont la composition judicieuse permettrait de réunir des talents vraiment complémentaires, notamment dans le processus délicat de la prise de décision mais aussi dans celui de la mise en oeuvre consécutive. 

Là encore, n'importe quel citoyen français a pu observer combien la plupart des décisions politiques prises de nos jours paraissent n'avoir aucun fondement solide, semblent avoir été élaborées dans la plus grande précipitation pour se conclure par des mises en oeuvre hasardeuses, calamiteuses et contre-productives quand elles ne donnent pas lieu à des débordements pitoyables et à des violences insensées comme certaines "Nuits debout", certaines grèves ou l'Assemblée Nationale élue en 2017 nous en offrent le triste spectacle.