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mercredi 21 juin 2017

France2022 : Organisation territoriale et mandats


Cette tribune actualise l'une des toutes premières tribunes du projet France 2022 parue en 2010.

Elle répond en partie à la question : comment sortir d'un jacobinisme aux effets désastreux (mais pas seulement ! ) pour la France ? 

[Ajout du 2 octobre 2017] Plus généralement : comment parvenir à une meilleure synergie entre pouvoir central et pouvoirs locaux ? Question qui se pose en France comme dans tout pays où le pouvoir central étrangle les pouvoirs locaux (voir l'intéressante réaction d'un maire à ce propos) et tente d'imposer son organisation, pourtant déficiente à bien des égards, à des pouvoirs locaux qui ont le sentiment, justifié ou pas, d'être les premières victimes des errances dudit pouvoir. Ainsi voit-on surgir de multiples tentatives de séparation ou de sécession au sein des nations le plus souvent constituées de régions qui n'aspirent qu'à une seule chose : davantage d'autonomie et qui, par conséquent, réclament, à corps et à cris, le respect du principe élémentaire de subsidiarité qui, bien mis en oeuvre, ne s'oppose jamais à une saine communion. 

L'histoire récente du scrutin organisé en Catalogne en est une illustration emblématique : à force de vouloir imposer à tous des règlements et des dispositions uniformes et soit disant "universels", les peuples, fiers de leur identité singulière et de leurs particularités, finissent par se révolter et ce d'autant plus que la comparaison entre le présent et le passé leur paraît tout à fait défavorable au présent. Le pouvoir central indigent devient alors le bouc émissaire de prédilection de ceux qui ne voient d'autre salut que de s'en détacher. Encore faudrait-il que les pouvoirs locaux soient eux mêmes exempts de tout reproche.

N'oublions pas non plus que certains empires peuvent être tentés par la volonté d'affaiblir l'Europe, non que ce soit fondamentalement leur intérêt dès lors qu'ils comprennent les conséquences néfastes qu'auraient pour eux une telle dégringolade mais plutôt pour de simples questions d'ego voire de vengeance personnelle comme on en trouve tant dans l'histoire politique de nos contrées ... Voir à ce sujet une carte de la balkanisation de l'Europe ... tout entière !

Le projet France2022 prend le problème à bras le corps en prévoyant d'établir un socle territorial beaucoup plus solide qu'il ne l'est aujourd'hui en raison de l'émiettement des responsabilités et d'un manque de moyens locaux adaptés aux défis du monde actuel : chaque territoire doit être pensé, aménagé et développé en lui octroyant la plus grande autonomie possible tout en lui évitant de sombrer dans les pièges de l'autarcie et de l'autosuffisance orgueilleuse. 

Le modèle par excellence d'une organisation respectant le principe de subsidiarité existe : il suffit de s'intéresser de près à la façon dont l'Eglise catholique romaine fonctionne et l'on découvrira qu'avec peu de moyens selon l'esprit du monde (qui préfère des finances abondantes, une main d'oeuvre corvéable à merci, les multiples formes de corruption, le mensonge et les dettes abyssales, ...) elle parvient à rayonner sur de très vastes territoires. Au niveau politique, une telle organisation peut être valablement transposée moyennant quelques aménagements spécifiques aux champs profanes et en tenant compte, notamment, des modes de fonctionnement complémentaires des églises orthodoxes, protestantes et catholiques orientales. Il y a en elles une richesse insondable qui, si elle était reçue avec passion, gratitude et admiration, sortirait nos pâles démocraties européennes d'une crise sans précédent.


Ce qui suit servira surtout d'os à ronger à tous les détracteurs du projet France2022 : la réorganisation politique et donc territoriale de la France est beaucoup plus complexe que ne le laissent paraître les lignes ci-après !


Ayant à gouverner des municipalités plus importantes, au moins dix fois plus grandes en moyenne qu'aujourd'hui en France, les nouveaux gouverneurs municipaux institués par le projet France2022 se consacrent à plein temps à leur municipalité.


Il sont secondés par un vice gouverneur et des ministres municipaux également à plein temps.




Au niveau national, députés et sénateurs sont maintenus mais en nombre nettement restreint.


L'échelon départemental est désormais gouverné par sa province d'appartenance et contrôlé par un préfet, représentant de l'Etat. 


L'échelon national - troisième niveau républicain - délégant la totalité de la gestion courante aux municipalités et aux provinces assure pleinement désormais son rôle de contrôle et sa mission essentielle de lien et même de communion entre ces deux seules collectivités territoriales - la municipalité, premier niveau républicain et la province, deuxième niveau républicain - qui ne doivent pas être conçues, perçues ou utilisées seulement comme des positions qui s'équilibrent, des pouvoirs qui se neutralisent ou se compensent.


Dans un monde en pleine mutation, comment peut-on croire et espérer qu'une nation où les différents niveaux de pouvoir ne fonctionnent pas en synergie arrive à se maintenir dans la tourmente et à progresser au rythme requis par les évolutions en cours ?




Les conseillers régionaux actuels sont supprimés : chaque nouvelle province est gouvernée par un gouvernement provincial construit sur le modèle du gouvernement national.



Le gouvernement national actuel est maintenu.

Son rôle est cependant transformé : n'ayant plus à s'occuper des affaires courantes, il concentre ses efforts sur :


- la coordination et l'encadrement des politiques         
  territoriales ;

- l'organisation de l'émulation entre les provinces et les municipalités par le recueil et la diffusion des bonnes pratiques territoriales ;

- le contrôle des gouvernements territoriaux ;

- le rayonnement de la France dans le monde,

   et plus particulièrement en Europe ;

- son rôle d'articulation entre le niveau provincial et le niveau continental ;

- le recueil d'informations stratégiques

   à destination de tous les acteurs ;

- la prospective et la préparation de l'avenir ;

- l'actualisation et l'amélioration des traités internationaux qui lient la France et ses partenaires.




Non cumul des mandats et mandats complets :

Au cours d'une mandature, une même personne, élue ou nommée, exerce un seul mandat.



Cependant les gouverneurs municipaux, au nombre de 1000 sur tout le territoire métropolitain de la France, sont membres d'une assemblée par province, soit une assemblée de 200 gouverneurs environ par province.





Tout mandat, sauf impondérable, commence et prend fin à chaque échéance électorale : un ministre, à quelque niveau que ce soit, un parlementaire, un conseiller, ... exerce son mandat du début jusqu'à la fin d'une mandature.



Celui qui démissionne d'un mandat n'a pas la possibilité de se présenter à une autre élection politique tant que la mandature correspondant au mandat qu'il a quitté n'est pas arrivé à son terme.



Quasi simultanéité des rendez-vous électoraux :



Afin de renforcer le principe de non concurrence et de coopération en bonne intelligence, entre les différentes niveaux d'intervention des deux gouvernements territoriaux (municipal et provincial) du gouvernement national et de la représentation nationale au sein du Parlement européen, afin d'assurer une plus grande continuité des actions publiques, un seul rendez-vous électoral est organisé tous les six ans.



Le délai de six ans semble long à certaines personnes.

Il est ponctué par des consultations intermédiaires qui ont pour but, non de désigner de nouveaux gouvernants, mais de permettre aux électeurs de choisir entre différentes options présentées par les gouvernants.

Toute prévision de dépense d'un niveau exécutif entraînant un déficit budgétaire ne pourra être décidée sans l'accord d'une majorité des citoyens concernés.


Choix des ministres municipaux, provinciaux et nationaux :



A l'exception des ministres de la justice, tous les autres ministres, à quelque niveau que ce soit, ne sont plus choisis mais élus.


Même l'élection présidentielle est désormais une élection de liste dans laquelle le Président candidat est tête de liste.


Toute élection d'un niveau exécutif produit un résultat final non panaché : la liste arrivée en tête au premier tour avec plus de 30% des voix ou davantage (à préciser) ou la liste arrivant simplement en tête au deuxième tour, exerce seule le mandat gouvernemental qui lui a été confié par les électeurs.

Une liste n'obtenant pas 10% au premier tour ne peut se maintenir au second tour.

Au niveau municipal, ceux qui ont échoué ont la possibilité de siéger au conseil municipal qui vote le budget tous les trois ans seulementsoit deux fois au cours d'une mandature municipale. Ce conseil municipal rassemble les ministres municipaux rémunérés comme tels et des bénévoles simplement et symboliquement indemnisés : bénévoles issus des partis politiques et aussi de la société civile. Le mode de désignation des conseillers non ministres est décidé au niveau provincial.


Aux niveaux national et provincial, le nombre des acteurs de l'exécutif est en nette diminution par rapport à ce qui se pratiquait en 2010. Ce nombre est renforcé (plein temps) au niveau municipal.

mardi 9 mai 2017

France2022 : Quelle Europe pour demain ?



En forme de lettre ouverte 

et de réponse à Sylvain Tesson
(article paru dans Le Point :



En hommage aux penseurs grecs 

et en signe de gratitude à leur égard ...



Après l'Europe de la rente et du casino financier, quelle Europe pour demain ?

Construire la paix en Europe, un défi majeur, inventé et relevé avec brio par ses pères fondateurs et poursuivi avec zèle par leurs héritiers malgré des circonstances adverses et des conditions difficiles.

Circonstances adverses : un monde en feu de toutes parts où règne le plus souvent la loi de la jungle ; ici et là, des ennemis irréductibles de la liberté des peuples à disposer de leur destin, de la liberté tout court, des ennemis du christianisme ou du simple fait religieux, de la foi, de l'espérance et de la charité ... ; au sein même de l'Europe, des opposants farouches à toute vraie liberté, celle qui ne réside pas dans la multiplicité extravagante des choix mais dans des prises de décision assumées et des engagements fermes qui résistent à l'usure et à l'épreuve du temps !

Conditions difficiles : une histoire commune tissée de conflits incessants sur fond de barbarie, une multiplicité de langues, une grande diversité de cultures, d'organisations politiques, des intérêts convergents et divergents, des rancunes, des a priori, des tonnes d'incompréhension et de méconnaissance mutuelles ...

Au bout du compte, un projet exaltant qui tourne hélas au profit exclusif d'un petit nombre même si beaucoup ont pu, à un moment ou à un autre, bénéficié d'une construction audacieuse, inimaginable quelques décennies plus tôt. Tous n'ont pas eu, hélas, cette chance car certains héritiers des pères fondateurs de la communauté européenne d'intérêts ont construit une fausse paix, une paix selon l'esprit du monde. Certes, une grande partie de l'Europe n'a plus connu de guerre apparente depuis un moment mais tandis que les pays européens évitent enfin de s'affronter militairement, ils continuent à le faire sur d'autres plans. Pire encore, de très nombreuses personnes sans défense sont aujourd'hui victimes de ces combats et de tous les coups bas qui sont portés à ceux qui n'ont pas les moyens de se faire entendre, de faire valoir leurs propres intérêts ou besoins. 

Au bout du compte, un vaste territoire qui fait beaucoup d'envieux, qui attire une foule immense venue des quatre coins de l'horizon tandis que l'Europe est en train de se suicider pour s'être installée dans un confort qui exclut les jeunes pousses, pour être redevenue une sorte d'empire romain en déconfiture et même un théâtre ouvert à toutes sortes de barbaries. L'Europe, ensemble géographique avant d'être un espace géopolitique, lieu de mémoire plus que d'avenir semble-t-il, ... terrain convoité, admiré et honni, jalousé, détesté et envié, ... qui peine à se défendre puisqu'il paraît s'échiner à devenir indéfendable sur quantité de sujets.  

Sur la paix enfin établie entre des peuples qui avaient passé leur temps à se battre pour asseoir leur souveraineté s'est construit un patrimoine d'une valeur inestimable, un STOCK qui, à lui seul, justifie la force d'une monnaie commune, l'EURO. En temps de paix, nul besoin d'or (voir à ce propos l'histoire époustouflante et rocambolesque de l'évasion du trésor de la Banque de France en 1940) pour garantir la valeur de la monnaie : le stock des biens est une garantie suffisante mais ce stock a de plus en plus besoin d'être protégé, défendu contre tous les prédateurs. Ce stock a également besoin d'être entretenu, embelli, admiré, transformé, rendu effectivement disponible et accessible pour tous ceux dont une partie de l'existence est conditionnée par l'usage de ce stock ...
 
Premier défi et non des moindres : faire comprendre aux pacifistes de tout poil, dont quelques-uns sont prêts à user de violence, que le trésor européen a besoin d'une défense très très solide ; que la France et l'Angleterre n'ont pas à porter seules, ou presque, tout le poids de l'effort de défense d'ordre militaire ; qu'il est grand temps que tous les pays européens coopèrent à la défense d'un continent qui recèle des trésors, en veux-tu en voilà ! Défense tous azimuts : militaire, douanière, policière ... certes mais pas seulement et loin s'en faut : défense juridique, fiscale, économique, financière, ..., philosophique, littéraire, artistique, théologique, spirituelle, ...

Deuxième défi : faire comprendre à tous les citoyens européens et en particulier aux (fausses comme aux vraies) élites qu'une défense solide des biens commence par un respect de toute vie humaine, par une défense vraie du fruit des entrailles de toute femme car défendre des biens matériels, des positions terrestres ou maritimes, des trésors immatériels ... n'a de sens qu'en vue de leur usage par des personnes. Tant que l'Europe se montrera aussi hostile, dans les faits et juridiquement, au prodige de l'enfantement dès sa conception, aucun effort de défense commune des biens (territoire, frontière, savoir-faire, biens meubles et immeubles) n'aboutira : si nous ne prenons pas la peine de sauvegarder l'essentiel, le plus précieux, comment s'étonner que tout le reste (frontières, biens de toutes sortes, patrimoine, salariés, vieillards, infirmes, ...) ne soit plus à l'abri du premier prédateur venu, que ce prédateur soit un patron ou un employé voyou, un politicien véreux, une multinationale ou une petite entreprise malhonnête, un géant ou un nain étatique sans scrupule, une plate forme d'ubérisation ou n'importe quel autre acteur économique opportuniste profitant de vides juridiques ou de négligences politiques coupables pour se développer au détriment des autres et pour exploiter à vil prix tout ce qui peut l'être ...  ?

Troisième défi : associer la Russie à cet effort de défense militaire mais aussi morale de l'Europe, sans négliger d'être en bons termes avec toutes les autres hyperpuissances, sans être non plus le vassal de l'une d'entre elles, sans croire enfin qu'il y aurait d'une part les nations en tous points irréprochables et d'autre part celles que l'on pourrait mettre au ban des nations. Sortir en somme d'un manichéisme d'un autre âge qui sépare le bon et le mauvais, le bien et le mal d'une manière si absolue qu'il lui faut un dieu pour chacun et qu'il ne reste plus la moindre latitude pour un progrès moral car à force de condamner sans nuances, on fait perdre aussi la hiérarchie des biens et l'on finit par appeler bien : liberté, droit, émancipation, autonomie, vie, vérité ... ce qui est mal : esclavage, usurpation ou imposture, égocentrisme, mensonge et mise à mort de l'innocent ou de l'infirme.

Quatrième défi : combattre avec la plus extrême vigilance tout ce qui conduit à l'exploitation des travailleurs, c'est-à-dire, au développement d'une économie de la rente abusive, du profit maximal immédiat, des coups boursiers, ..., d'une économie fondée sur la précarité des personnes et même des corps intermédiaires, dans laquelle ceux qui possèdent thésaurisent de plus en plus tandis que ceux qui n'ont que leur force de travail à offrir sont traités comme des esclaves, des pions interchangeables, une marchandise jetable à l'envi, au besoin, ... au gré des caprices d'un mieux installé ou d'un plus filou ...

Cinquième défi : tenir compte, enfin, de l'avis des peuples d'Europe qui en ont assez que leur soit imposé un modèle économique broyant les personnes pour enrichir ceux qui jouent avec l'argent des autres, la santé psychique, physique et morale de nos compatriotes ; ceux pour qui tout s'achète et se vend ; ceux qui ont décidé plus ou moins sciemment que toute personne est un matériau comme un autre ; ceux que fascine le tout marchand ou la gratuité sans contrepartie ; ceux qui ne conçoivent le travail qu'en terme de jeu ou moyen d'assouvir leurs passions tristes et ceux qui voient la société des hommes comme simple théâtre où peuvent se déployer les passions les plus sottes et les plus sordides pourvu qu'ils ne soient pas eux-mêmes affectés par les conséquences de leur déchaînement ...

Sixième défi : passer d'une logique de STOCK à une logique de FLUX mais sans négliger l'intérêt des stocks de grande qualité et donc sans se croire obligé de tout faire fonctionner en flux tendu, de tout régler à la minute !  puisque nul bien ne sort de nulle part et que toute valeur digne d'intérêt ne peut résulter que d'un travail de longue haleine, d'un labeur souvent invisible de prime abord et même, pour une part, quasi inconnaissable pour celui qui ne fait pas l'effort de l'expérimenter ou de le connaître de manière sensible. Retrouver en somme les vertus de l'enracinement, du temps long, de la lenteur exigeante, du silence d'un geste assuré car pétri de savoir-faire acquis dans la durée. Redonner à notre jeunesse et à nos aînés le sens du geste bien ajusté, qu'il soit mental ou physique ; développer en chacun le goût d'une synchronicité reposante au rebours de toutes ces actions trépidantes qui fatiguent et détruisent la capacité de sentir ce qui est bon pour l'homme.

Septième défi : développer davantage le principe de subsidiarité pour ne garder à l'échelon européen qu'une structure fédérale légère qui laisse chaque nation maître de tout ce qui peut relever de sa responsabilité et ne prend en charge que les éléments transnationaux. Corollaire : ne pas imposer aux Etats des contraintes qui entravent leur souveraineté, les enfoncent dans des crises ingérables, ... Ce principe de subsidiarité, s'il est bien inscrit dans le traité de Maastricht (1992) et consacré par celui de Lisbonne (2007) ne tient pas assez compte de la souveraineté des Etats membres sur certains points, notamment la monnaie mais, plus généralement, de la nécessité de proposer un cadre transnational assez souple pour que chaque pays de l'Union européenne s'adapte progressivement et sans désastre à une ouverture des frontières qui met en péril ce qui est fragile par nature (l'enfant à naître et ses parents) mais aussi pour des raisons historiques différentes dans chaque contrée (appareil industriel, législation commerciale, droit du travail, ...) comme ce qui devient fragile en raison même de cette ouverture (tel ou tel secteur économique, telle ou telle disposition protectrice, telle ou telle profession réglementée ...). C'est pourquoi le projet France 2022 prévoit un triple "rempart" (non pas une ligne Maginot donnant l'illusion d'une protection efficace) pour les corps intermédiaires : celui de la Nation, celui de la Province et celui de la Municipalité. A l'intérieur de chaque périmètre, toute disposition commune européenne doit pouvoir être amendée ou, plus exactement paramétrée voire calibrée, afin qu'elle produise des effets bénéfiques pour le plus grand nombre et non pas seulement pour quelques-uns (toujours les mêmes : les puissants, les arrogants et les orgueilleux ?) et, surtout, qu'elle n'engendre pas le malheur des plus fragiles : si un corps intermédiaire, une personne doit s'adapter à des changements vraiment inéluctables et prévisibles, elle doit pouvoir aussi compter sur un accompagnement sérieux pour y parvenir. On ne saurait tolérer, dans une Union digne de ce nom, que le non droit l'emporte, y compris par des voies légales hasardeuses (l'IVG par exemple) au profit de ceux qui, à un moment donné, se retrouvent en position de faire prévaloir une volonté destructrice de plus petit que soi, d'un gêneur jugé trop encombrant, d'un poids considéré comme trop lourd, d'un infirme catalogué comme incurable ...


Huitième défi : cesser de ruminer les difficultés inhérentes à toute construction d'envergure pour se tourner résolument vers des continents qui attendent une aide intelligente, bienveillante, efficace, humble ... de l'Europe à l'image du fonds présidé par Jean-Louis Borloo : Energies pour l'Afrique car c'est un fait indéniable que depuis les horreurs de la Première et de la Seconde Guerre mondiales, l'Europe, envahie d'un sentiment de culpabilité et censément montrée du doigt par tous les accusateurs qui oublient facilement leurs propres exactions, est devenue incapable de rayonner comme elle a pu le faire autrefois. [Point à développer longuement]. Il est grand temps que l'aide au développement en Afrique cesse d'être une course à l'échalote où chaque pays joue sa partition personnelle sans se soucier de savoir ce que fait son voisin. Les pratiques actuelles induisent gaspillage, corruption, retard, ... et deviennent ridicules si on les compare à celles d'un empire tel que la Chine qui s'implante à marche forcée sur le continent africain en faisant preuve de beaucoup plus d'intelligence et de cohérence que les Européens oeuvrant en ordre dispersé.

Pour relever ces défis, se souvenir à chaque instant que nous sommes tous handicapés. 

Pas un seul d'entre nous n'échappe à la condition de tout homme : blessé par le péché (et pas seulement originel mais aussi personnel), chacun d'entre nous avance en claudiquant, pense de manière imparfaite, agit parfois à contre sens, fait le mal qu'il voudrait éviter ou omet de faire le bien pourtant à sa portée. 

Tous infirmes dans l'ordre de la foi, de l'espérance (désir d'un bien futur, difficile mais possible) et de la charité, comment pouvons-nous admettre que l'Europe qui se pense et se dit civilisée tolère sur son sol ces lieux où sont assassinés, jour après jour, une multitude d'êtres en gestation qu'une vue à court terme condamne au bûcher. En raison même de notre infirmité ou par manque de courage ?

Comment l'Europe qui s'enorgueillit de l'abolition de la peine de mort pour les criminels peut-elle tolérer la condamnation de tous ceux qui, dès avant leur naissance, sont exterminés pour de multiples raisons sans fondement solide, pour des motifs le plus souvent calamiteux dont quelques-uns relèvent d'un eugénisme d'un autre âge ? A cette aune-là, aucun d'entre nous ne "mériterait" de naître : l'un devrait être exécuté pour sa jalousie maladive, l'autre pour son orgueil censément imbécile, ... tel autre pour sa paresse indécrottable, ... un autre encore pour son infortune ou bien pour le poids de ses échecs, de ses méfaits, de ses infidélités, trahisons, mensonges, abandons, injustices, reniements, ...

Quand on ne laisse aucune chance au tout-petit en gestation, lequel d'entre nous peut espérer être jugé suffisamment digne de vivre ? Aucun d'entre nous, en vérité car, hélas, il se trouvera toujours un autre qui jugera que nous n'avons pas notre place ici-bas. Aucun d'entre nous ne peut échapper aux raisonnements tordus, aux jugements imbéciles qui, affirmant une chose tout à fait exacte (ou erronée), oublient tout le reste : ce reste pourtant indispensable afin d'établir une proportion et donc pour émettre une vérité bien assise et non pas un semblant de vérité qui flotte dans le vide. Ainsi en va-t-il des pensées à courte vue sur l'espace planétaire qui le jugent déjà saturé de présence humaine. Ces pensées-là s'égarent par manque de connaissance, par l'ignorance de la notion de quotient et pire encore par manque d'ouverture sur un domaine vital pour l'esprit humain : la connaissance du fait religieux, l'univers des croyances et leur nécessaire régulation, non pour brimer la liberté (quels sont les croyants éduqués qui se sentent prisonniers de dogmes ? Aucun d'entre eux puisque la première règle de toute religion bien constituée est justement la libre pensée et le questionnement fourni !), mais pour donner à chacun l'assise indispensable à tout vrai travail religieux. Rendu à lui-même, sans le secours d'autrui et d'une communauté croyante bien structurée, la personne isolée est livré au paganisme le plus noir : non celui qui se déclare incroyant (chose impossible pour le commun des mortels) mais celui qui prétend bâtir seul un édifice de croyances solide et utile au quotidien comme dans les situations exceptionnelles. Autant se lancer dans la construction d'une théorie profane et finir par s'y casser les dents ! L'homme seul, le misanthrope, le désabusé n'a pas d'autre issue, même dans l'ordre des réalités tangibles. Alors que dire de son destin dans l'ordre des plus évanescentes ou des plus subtiles ?

L'homme (vraiment) moderne finira par comprendre les trésors légués par les anciens : ils ont compris la difficulté insurmontable pour l'esprit humain isolé de bâtir quoique ce soit de solide sans les apports des générations précédentes. Ainsi en sera-t-il pour la construction européenne : tant que nous ne reviendrons pas aux fondements de cet édifice, tant que nous ne comprendrons pas la signification du mot "paix" pour tous et non pas à la manière du monde qui ne vise que le confort de quelques-uns, nous nous agiterons en vain et l'Europe sombrera sous les coups de la barbarie. 

A celui qui se déclare païen pour montrer sa différence, pour se distinguer des croyants soi disant coincés, moutons de Panurge ou hypocrites, une seule réponse : la tentation païenne est de tous les âges et elle guette chacun d'entre nous puisque vient toujours un moment où notre orgueil prétend ajuster autrement les vérités reçues. Il s'essaie à diverses combinaisons ou déformations, à toutes sortes d'agencements qu'il croit nouveaux ; bouscule quelques hiérarchies ; élimine ceci ; ajoute cela et finit bien las d'avoir remué en pure perte les tenants et les aboutissants d'une foi bien plus solide qu'il ne le pensait de prime abord. Il n'aurait sûrement pas osé le faire avec une théorie mathématique ou physique en prétextant le manque de temps, de moyens, de compétences ... mais pourquoi diable se croit-il autorisé à remettre en cause ce qui le dépasse dans l'ordre religieux ?  Soit au bout du compte, dans l'ordre de ce qui unit les hommes, bien plus qu'il ne les divise !

En remontant loin dans le temps, nous débarquons dans la Grèce antique où vivaient les pères premiers de l'Europe, ceux qui furent capables, tels Euclide, d'offrir au monde les fondements axiomatiques de toute théorie et donc aussi de toute théologie bien construite : des fondations admises sur lesquelles reposent ensuite des raisonnements plus ou moins savants, d'une grande rigueur logique, qui permettent d'établir des déductions nouvelles. Démarche solide qui donne à St Paul les outils d'une pensée où s'enchaînent des affirmations d'une grande force (pour qui veut bien suivre les chemins qu'il emprunte) puisqu'elles sont articulées de manière logique sur d'autres affirmations qui leur tiennent lieu de prémisses. Ainsi de l'affirmation selon laquelle "la foi chrétienne est vaine si le Christ n'est pas ressuscité".

Nous avons là les racines chrétiennes de la construction européenne et de l'édification de l'Europe qui rendent compte du combat qui se joue encore sous nos yeux : l'un des continents les plus barbares de la Terre a été transfiguré par l'annonce de l'Evangile et nous sommes héritiers de ce cataclysme spirituel, culturel, politique, juridique, économique, social ... que ses opposants veulent maintenant inverser en puisant dans toutes sortes de philosophies païennes c'est-à-dire non pas essentiellement athées mais fruits d'imaginations isolées de quelques têtes tourmentées. Dans le combat que se livrent aujourd'hui une multitude de forces contraires, il est sain de se souvenir qu'au fond l'Evangile se répandit en priorité sur des terres et des peuples qui en avaient ... le plus besoin ! et comment s'étonner dès lors que ce même Evangile soit largement combattu en Europe ? Ailleurs ne vivaient certes pas des peuples exempts de tout reproche mais, certainement, des peuples communiant davantage avec la nature que l'on aurait tort de qualifier, pour cette raison, de peuples païens : non, en se penchant sur les merveilles de la Création, ils ont, chacun à leur façon, construit des cosmogonies très riches de sens pour l'homme contemporain.

C'est pourquoi, il est urgent pour les peuples d'Europe qu'ils s'aperçoivent qu'ils font fausse route en tournant le dos à l'Evangile car non seulement ils risquent de revenir aux pires barabaries (ce qu'ils n'ont pas manqué de faire au XXème siècle en atteignant, on l'espère tous, l'indépassable) mais encore ils risquent de se méprendre sur leurs supériorités : elles ne viennent pas tant d'un génie qui serait proprement européen ; elles résultent de l'évangélisation précoce de l'Europe et de tout ce qui a facilité cette évolution, dont la pensée grecque, l'organisation romaine, le savoir-faire agricole et artisanal des Gaulois, les trésors du judaïsme.

En revenant aux origines de leur puissance, les Européens ne perdront pas de vue que, dans toute intervention extérieure, ils doivent veiller au respect des cultures qui se sont forgées sur les autres continents. Ils doivent aussi revenir aux sources de la première évangélisation sans quoi, ils n'ont rien à dire, rien à apporter au reste du monde.

En ce mois de mai 2017, cent ans après les apparitions de la Vierge Marie à Fatima, nous sommes à un tournant de l'histoire de l'Europe : ou bien elle poursuivra dans la voie de l'effondrement qui guette toute origine barbare ou bien elle tiendra compte de l'intégralité de son histoire et saura reconnaître les dangers INTERNES qui la menacent et pas seulement ceux qui paraissent la mettre en péril de l'extérieur.

En choisissant la mort préférentielle des tout-petits sans défense, l'Europe a tourné le dos à l'Evangile et risque à tout moment d'être livrée aux démons de la barbarie. En restant crispée sur ces faux acquis libertaires, elle encourt de surcroît le risque d'être la risée d'autres continents où si la mort des sans défense est aussi monnaie courante du moins n'a-t-elle pas été rendue légale (carte de référence). En l'espèce, on peut évidemment juger à la hâte et taxer les autres d'hypocrisie mais ce serait aller vite en besogne : la levée d'un interdit ne fait qu'amplifier l'hémorragie ; elle détruit de manière illusoire la notion de faute voire de crime et provoque l'errance si caractéristique des personnes et des groupes humains sans repères moraux.

En négligeant la plainte qui monte des sans voix assassinés pour préserver (à court terme) le confort des générations antérieures, l'Europe court encore le risque d'être aphone et inaudible dans le concert des nations. Sans une remise en cause du permis de tuer, sans l'abolition de la peine de mort pour les tout petits, les prestations internationales de l'Europe ressemblent beaucoup plus à des gesticulations sans portée qu'à des gestes posés avec gravité. Elle aura beau s'époumoner pour réclamer ici et là le respect des droits fondamentaux, elle n'obtiendra rien de plus qu'un refus poli et ironique de ceux qui non seulement lui contestent tout droit d'ingérence mais qui ne sont pas prêts à recevoir des leçons de bienséance de la part de nations qui ne savent plus protéger l'enfant à naître de la barbarie toujours prête à renaître de ses cendres.

Dès lors que l'on prend conscience des conséquences dramatiques d'un choix mortifère : économies en panne, chômage croissant, misère grandissante, ruine financière, dépressions en série ... , on ne s'étonne plus que l'Europe ait tant de mal à venir en aide à ses membres ; qu'elle devienne prisonnière de ses créanciers et qu'elle se trouve ligotée de toutes parts. En refusant les risques d'une vie nouvelle, elle s'apprête à en assumer de bien plus grands : isolement sur la scène internationale, déclassement, délitement, vieillissement, invasion ... toutes menaces qui s'abattent aussi sur celle qui choisit la mort de son enfant plutôt que sa mise au monde sur une Terre en lent travail d'accouchement et donc en effet traversée par de multiples douleurs mais qui, par la foi et l'espérance, n'oublie jamais le terme : une délivrance joyeuse et pleine de promesses car, au fond, le pire n'est jamais sûr.

Par un travail prodigieux d'intelligence, les penseurs et savants grecs ont offert au monde les clefs nécessaires à la construction des édifices matériels et spirituels les plus audacieux : appui sur le travail des anciens, mise en ordre, dépoussiérage, élagage, distinctions claires, nettes et précises ... Il serait dramatique qu'en ce début de XXIème siècle nous perdions tout ce que nous leur devons au profit de modes passagères, de principes à très courte vue, de croyances déraisonnables et de lubies héritées de la nuit des temps qui se parent d'artifices "modernes" pour faire avaler la pilule amère de leurs effets délétères sur les personnes, les corps intermédiaires et le corps social dans son ensemble.

Parmi ces lubies, la fausse croyance en un dieu féroce et vengeur qui exigerait le sacrifice des enfants pour satisfaire son goût du sang humain. Triste Europe qui s'est faite pour un temps qu'il faut espérer bientôt révolu, au nom d'universaux plus que douteux, le porte étendard de ce dieu-là. La liberté authentique des hommes et des femmes adultes n'est jamais au prix de la mort du tout petit, de son effacement ou de sa destruction : elle est au contraire proportionnelle au degré d'égard que nous avons pour ce qui est le plus faible et le plus vulnérable ; à la passion inventive qui nous anime dès que nous acceptons l'incertain et l'imprévu comme données fondamentales de l'existence humaine.

A l'Europe qui doute d'elle-même à juste raison puisqu'elle est en train de renier ce qui a contribué à son essor inouï ; à l'Europe frileuse et donneuse de leçons alors qu'elle est si mal placée pour en prodiguer ; à l'Europe incertaine et champ de ruines invisibles ou camouflées ; à l'Europe du déclin programmé, nous devons substituer l'Europe réconciliée avec son propre passé, consciente des trésors dont elle est l'heureuse dépositaire, fière du travail accompli par les anciens qui l'ont peuplée, l'Europe toujours en quête d'une vérité humble, vivante et chaleureuse, l'Europe asile pour tous ceux que leurs propres pays rejettent, torturent ou bannissent, l'Europe des conquêtes utiles à tous les habitants de la terre, l'Europe des avancées majeures en matière scientifique, artistique, philosophique, théologique et spirituelle, l'Europe d'une paix sans compromissions avec le monde des ténèbres.

Au terme de ce parcours, mon cher Sylvain, que dire de plus ? Bien des choses encore, sans doute, mais tandis que monte le silence assourdissant des agneaux que l'on abat avant terme, ne vaut-il pas mieux prendre le temps de ne plus rien dire et d'écouter le cri de ceux qu'une vision erronée du destin de l'homme condamne sans préavis ? Ils tombent sous les coups d'une logique follement misanthrope et folle tout court qui semble avoir perdu le legs reçu des générations antérieures, celles qui ont lutté pour que nous voyons le jour, celles qui ne se sont jamais laissé intimider par les mystères de la nature et du vivant ou par les revers de fortune ou par la grande faucheuse, celles qui étaient capables de semer sans pouvoir récolter, bâtir sans être en mesure de voir l'oeuvre achevée.

J'ai le pressentiment qu'un jour viendra où ta passion d'écrire montrera le chemin étroit qui peut sortir l'humanité d'impasses redoutables, ces lieux où les hommes s'agglutinant s'imaginent bien vite qu'ils n'y a pas de place pour les autres et que chacun doit donc écraser ses voisins pour s'assurer un espace suffisant. Toi qui a déjà parcouru tant de contrées dites reculées, tu sais qu'il suffit pourtant de changer de regard, soit en se mettant en route soit en restant immobile et aux aguets. Qu'alors vient le moment où ce qui paraissait figé se met soudain en mouvement et où ce qui errait sans but consent à prendre une nouvelle direction à la faveur d'une rencontre déterminante ou d'une contrariété salutaire.






vendredi 4 mars 2016

France2022 : Principes pour favoriser une saine Union Nationale



"Celui qui ne M'aide pas à rassembler, disperse"

Lc 11 : 23




"Notre civilisation 
sursaturée de connaissances 
et de moyens de savoir  
  offre tant de masques et de faux appuis 
  que l'homme ne sait plus 
   ce qu'il sait et ce qu'il ignore."  

  Jean Guitton (1901-1999)



Le jeu démocratique et l'économie de marché se ressemblent sur un point névralgique : au fil du temps s'installent des monopoles, quelques dominants, des oligarques permanents qui tentent d'empêcher le renouvellement des positions et, pire encore, le règlement juste, efficace et efficient de problèmes lancinants au sein de la Nation française. 

Pour être plus précis, chaque acteur essaie de passer devant, d'être le premier et d'imposer sa loi, qui à l'arène politique, qui au marché. Voilà deux théâtres où s'exaspèrent les passions au détriment du bien véritable de tous. 

Le mouvement de l'histoire finit toujours par balayer la prétention de ceux qui voudraient figer la hiérarchie, mais à quels prix ? 

Au double prix d'une lenteur désespérante et d'une stérilisation massive de l'économie ou de la vie politique : les jeunes pousses ont bien du mal à percer et à renouveler un paysage qui en aurait bien besoin. 

Au prix encore de révolutions sanglantes lorsque des groupes minoritaires mais armés décident d'en découdre avec les "autorités" en place, pouvoirs usurpés et devenus si indigents qu'ils engendrent des soulèvements censément odieux puisqu'ils se manifestent toujours à l'encontre d'un bouc émissaire choisi d'abord comme cible prioritaire puis à l'encontre de tous ceux qui ne voudraient pas se joindre au "combat" désormais engagé alors que ces victimes collatérales ont vite compris qu'un mouvement d'enragés ne règle aucun problème majeur et qu'au contraire, il les aggrave. Ainsi en fût-il de l'une des plus funestes périodes de l'histoire de la France : la révolution de 1789. 

Depuis cette date, les pouvoirs corrompus ont été remplacés par d'autres pouvoirs, aussi corrompus sinon davantage, et le sommet de l'Etat est plus gangrené que jamais puisque cette révolution a mis à bas le principe d'une autorité supérieure, non pas irréprochable évidemment, mais garante de l'unité du pays. Tandis que sous l'Ancien Régime, le monarque devait s'imposer face à des notables détenant un pouvoir économique mais non politique et à des princes en quête d'une puissance toujours plus grande, nous avons aujourd'hui un "monarque" qui fait semblant de régner : n'ayant plus à maintenir l'unité du royaume, n'ayant plus à contenir des frondes, il devrait s'employer à consolider l'unité de la Nation au lieu de quoi, nos chefs de l'Etat, choisis en dépit du bon sens, passent leur temps à diviser les Français en appliquant un programme ubuesque dans la plus crasse impréparation.

Pour remédier à l'état de déliquescence d'une démocratie mal organisée, tantôt idolâtrée, tantôt ridiculisée, le projet France2022 prévoit de modifier en profondeur les façons de manager les entreprises et d'exercer les responsabilités politiques. 

En ce qui concerne les entreprises, la question a déjà été abordée à propos du temps de travail humain : il est prévu de faire en sorte que, désormais, les responsabilités managériales soient partagées et non plus exercées par une seule personne, autrement dit que les postes de direction soit occupés par un tandem. Cette mesure ne résout pas, bien entendu, la rigidité des positions de marché qui demande la mise en place d'autres outils tels que l'essaimage entrepreneurial. 

Néanmoins, l'imitation et la transposition de cette mesure dans le domaine politique permettra une plus grande mobilité et une meilleure efficience des acteurs. Elles permettront aussi de retrouver une efficacité perdue depuis des lustres. Assorties d'un garde-fou parlementaire, elles éviteront le détricotage par les uns de ce qu'ont fait les autres. Détricotage d'autant plus absurde qu'il défait ce qui devrait être mis à l'épreuve du temps tandis qu'il laisse subsister les mesures telles que l'IVG, le "mariage pour tous (?)" ou l'euthanasie, toutes ces mesures dangereuses parce qu'elles consistent en licences accordées à la hâte sur des sujets d'une extrême gravité. 

Désormais, ce sont les deux partis arrivés en tête des élections qui devront s'entendre pour gouverner ensemble en appliquant un principe nouveau : non pas un partage des postes ministériels (par exemple) sur la base d'un compromis mais un gouvernement avec, à la tête de chaque ministère, deux ministres devant s'entendre pour prendre toute décision, deux ministres issus de deux formations politiques différentes, les deux qui auront "gagné" les élections.

Il faut en effet que cessent enfin les querelles de personnes qui enveniment les débats et conduisent les uns comme les autres à radicaliser bêtement leurs positions, ce qui les rend incapables de trouver le juste équilibre dynamique et de conduire des politiques de long terme.  Il ne s'agit pas, bien entendu, d'avoir la prétention utopique d'éliminer les rivalités de tempéraments, les antipathies instinctives ou historiques, les heurts inévitables entre des personnes aux parcours très différents mais il s'agit de mettre un garde-fou à toutes les disputes stériles, à tous les affrontements qui résultent d'un cadre politique déficient.

Au lieu de prendre le temps d'analyser les causes profondes des maux de la France, les acteurs politiques n'agissent que sur les symptômes, sur des risques surévalués et des dangers sous-évalués, pour donner des gages à une majorité fragile qui menace à tout moment de ne plus les soutenir. Ces mêmes acteurs politiques, terrorisés par les menaces de groupes minoritaires mais influents, ont fini aussi par oublier les attentes d'un peuple qui n'a guère de temps à perdre en élucubrations fantaisistes, étant lui-même préoccupé par la résolution de problèmes quotidiens beaucoup plus terre-à-terre mais essentiels : trouver un travail, pouvoir s'y rendre à un coût et en temps raisonnables, se loger, se nourrir, être au calme, trouver un médecin, un bureau de poste, un accès Internet ...

Le pourrissement du débat et de l'action politique a conduit notre pays au bord d'une faillite imminente, non seulement d'un point de vue économique et financier mais aussi structurel, civique, patrimonial, juridique, militaire, moral, spirituel, fonctionnel et humain. Au lieu de prendre les problèmes du moment à bras le corps, beaucoup de nos politiciens ont passé leur temps à se doubler sur leur gauche ou sur leur droite, davantage préoccupés par leur carrière et la satisfaction de leur ego que par les soucis majeurs préoccupant les Français dans leur vie quotidienne.

Il faut, de plus, que nos ministres prennent du recul et ne soient pas toujours sur le grill, c'est-à-dire, au bout du compte partout à la fois et nulle part, laissant la bride au cou de cabinets ministériels plus préoccupés de communication, de coups médiatiques et de tactique politicienne que des affaires publiques. Ces deux ministres n'agiront jamais seuls en public et devront se préparer à intervenir ensemble. Contrainte forte destinée à empêcher quelques déclarations intempestives et même ridicules d'un ministre isolé.

Il s'agit donc de contraindre les acteurs politiques à voir au-delà de leur petit pré carré. Il s'agit de les amener à respecter les positions d'autrui sans les caricaturer et sans verser dans l'attaque ad hominem, faute d'avoir pris le temps de parvenir à une vaste et profonde synthèse qui embrasse des points de vue différents et parvient à les transcender, selon les principes de la fameuse "synthèse des hétérogènes", chère à Paul Ricoeur à la suite de Algirdas Julien Greimas.

A ces nouvelles dispositions, s'ajoutera un principe élémentaire de continuité complètement bafoué de nos jours, générant ainsi un amateurisme inquiétant au niveau le plus haut de l'Etat. Actuellement, un ministre peut être débarqué à tout moment, sans le moindre préavis et même de manière honteuse. Ce n'est pas sain. Cette façon de faire suscite et encourage l'exercice de pouvoirs occultes qui dirigent les choses en sous-main de sorte que tout ministre fraîchement nommé se trouve au milieu d'une arène dont il ne parvient à comprendre les codes et les usages qu'au bout d'un temps beaucoup trop long, parfois même trop tard. C'est absurde et nuisible. Inutile d'aller chercher plus loin une grande partie de l'impuissance politique en France. 

Nous avons des ministres qui, sauf exception rarissime, sont comme des marionnettes aux mains de plus habiles qu'eux-mêmes, c'est-à-dire quelques personnages qui préfèrent agir dans l'ombre et dans la durée plutôt que d'être exposés au suffrage universel (?), à la vindicte populaire ou médiatique ... ou tout autre méchanceté émanant de spectateurs avides de coups bas et de jeux du cirque romain. 

Le projet France2022 prévoit un passage de témoin ministériel qui dure assez longtemps pour que le tandem ministériel succédant au précédent reçoive suffisamment d'informations clés sur l'exercice d'un pouvoir qui ne va pas de soi : un ministère et une administration ont besoin d'avoir à leur tête un pouvoir POLITIQUE (et pas seulement technique) assez fort pour que ne règnent pas en catimini quelques éminences tout heureuses de n'avoir à rendre de compte à personne et qui se régalent de se comporter en apprentis sorciers sur des sujets qui mériteraient beaucoup plus de réflexion non partisane. De tels sujets ne manquent pas puisqu'ils empoisonnent régulièrement l'espace public français, faute d'un règlement pertinent et bien ajusté de problèmes complexes.

Les principes esquissés ici doivent être, cela va de soi, affinés et rendus aisément applicables. Ils supposent une baisse importante des rémunérations des ministres en contrepartie d'un temps libéré pour une saine prise de recul. Nos ministres doivent avoir le temps de continuer à se cultiver, à s'occuper de leur famille, à voir leurs amis, à se reposer, à agir sans avoir à se doper ou à se droguer. Rien n'est plus malsain que cette surcharge de travail soudaine pour une seule personne qui peut être, de surcroît, peu familière des rouages de l'Etat. Il est en effet naturel et sain que des postes ministériels soient, dans certaines circonstances, confiés à des personnes qui n'ont pas nécessairement une longue expérience du fonctionnement du sommet de l'Etat mais qui, en revanche, ont une excellente connaissance des champs d'action d'un ministère.

Le projet France2022 prévoit d'étendre les principes du tandem et de la continuité à tous les postes ministériels qu'ils soient au niveau national (postes que nous connaissons aujourd'hui), au niveau provincial (rassemblement de plusieurs régions avant le remembrement récent) et au niveau municipal (rassemblement de communes actuelles). Soit en définitive, trois niveaux exécutifs.

L'affinement des principes esquissés se comprend d'autant mieux que le projet France2022 remet à l'honneur un principe fondateur dans toute vraie démocratie : le principe de subsidiarité. La réorganisation du gouvernement national est une chose, celle d'un gouvernement provincial ou municipal en est une autre. Rien ne dit, au stade actuel de l'analyse, qu'il faille reproduire, sans ajustements, le même schéma à tous les niveaux exécutifs. En tout état de cause, un exécutif  "inférieur" doit avoir la faculté de s'organiser comme bon lui semble tout en respectant une philosophie générale de gouvernement qui permette une consolidation au moins financière, économique et sociale à tout échelon "supérieur".

Disons même, d'emblée, que les différents niveaux de ministère doivent agir selon des perspectives qui leur sont propres : un gouvernement municipal agit foncièrement sur un territoire, au plus près des habitants et des visiteurs de son champ d'action ; un gouvernement provincial doit coordonner les projets inter-municipaux, veiller aux grands équilibres et intervenir en cas de défaillances d'un gouvernement municipal ; un gouvernement national coordonne, veille et intervient, si nécessaire, au niveau d'une province. Il doit, de surcroît, être capable d'harmoniser les pratiques en étant non seulement directif quand cela est nécessaire (par exemple à propos de cursus scolaire) mais, plus encore, prospectif. Un gouvernement national doit travailler sans relâche à l'articulation nation-Europe et nation-reste du monde. Il a enfin un rôle capital à jouer dans la détection des bonnes pratiques afin de leur permettre de faire école dans tous les lieux du pays où leur transposition peut être justifiée.


Agissant selon des perspectives différentes, les trois niveaux de gouvernement s'organiseront donc pour des missions qui n'ont pas la même envergure et qui portent sur des "objets" de natures variées. Nous avons trop vu à l'oeuvre un Etat français, omnipotent bien que grossièrement impuissant, et soucieux de régir la vie de chaque individu dans ses moindres détails avec les piètres résultats que  nous constatons chaque jour. Il est temps de revenir à un mode de gouvernement national qui tienne compte de l'existence des multiples corps intermédiaires de la nation et qui ne prétende plus régenter toutes choses dans ses moindres détails. Mode de gouvernement insensé qui aboutit à la multiplication de textes jamais appliqués, mal appliqués ou inapplicables. Textes qui, lorsqu'ils sont enfin appliqués, produisent plus de dégâts qu'ils n'en réparent et qui aboutissent à une paralysie dramatique des initiatives pourtant heureuses d'un corps social étouffé par une réglementation kafkaïenne.

Le projet France2022 prévoit d'asseoir le nouveau mode d'organisation des différents niveaux d'exécutif sur une nouvelle perception de l'impôt : non plus le mode descendant actuel dans lequel le niveau national se taille la part du lion et redistribue de plus en plus chichement ses subsides en perte de vitesse aux collectivités locales les plus habiles tout en se montrant follement dépensier mais un mode ascendant dans lequel ce sont les premières républiques, les municipalités, qui décident du niveau de l'impôt et le collectent au premier chef. Décisions et perceptions sont encadrées de manière souple par les provinces et l'Etat de telle façon que les municipalités puissent disposer de marge de manoeuvre assez grande pour adapter les prélèvements aux conditions locales et aux perspectives d'avenir. La réorganisation des prélèvements s'accompagne d'un contrôle renforcé des dépenses publiques car il ne suffit pas de dégraisser le mammouth étatique national pour obtenir une gestion beaucoup plus saine de l'argent public. Nombre de collectivités territoriales en France ont engagé des dépenses insensées qui mettent en péril l'économie locale de toute une région faute d'un contrôle supérieur adéquat : on ne peut attendre d'un Etat français mal organisé et dispendieux la capacité d'exercer un contrôle suffisant sur des collectivités qui prennent modèle sur lui pour dépenser à tout-va et arroser les copains des élus locaux en poste. Dans la nouvelle organisation des pouvoirs exécutifs et de la gestion financière des trois niveaux républicains, la corruption et le gaspillage sont limités par un contrôle renforcé d'autorités indépendantes et par la mise en place d'un contrôle des citoyens qui doivent avoir leur mot à dire sur tout dépassement budgétaire, non seulement en amont, lors des élections mais tout au long de la mandature, chaque fois qu'une décision risque de porter atteinte à l'équilibre des finances publiques.

Traitant ici sommairement des questions financières, il semble que nous nous éloignions du sujet de cette tribune : comment favoriser une saine Union Nationale. L'analyse de la situation actuelle de la France montre cependant que le gaspillage de l'argent public, inauguré depuis plus de quarante ans par des "élites" (ou "oligarchie") méprisant un peuple industrieux et laborieux, participe au délabrement de l'Union Nationale de même que des soucis pécuniaires, dans tout corps intermédiaire, met en péril sa cohésion et l'entente de ses membres car lorsque l'argent vient à manquer, le temps de prendre des décisions douloureuses rappelle cruellement à certains qu'il va falloir vivre sur un autre pied. 

Comme des familles en viennent à se déchirer et des entreprises à se décomposer, la Nation française menacée de faillite risque fort de vouloir trouver les coupables et, poussée dans un élan d'épuration malsain, de martyriser d'innombrables innocents. Ce qu'elle a déjà entrepris, sans se l'avouer, en éliminant chaque année plus de 200.000 enfants à naître. La correspondance des dates est frappante pour qui veut bien ouvrir les yeux : dès 1973, une politique de dépense et d'emprunt absurde ou hasardeux (voir aussi) est engagée et l'IVG est déjà dans les cartons. Sont alors au pouvoir des hommes qui se moquent de l'avenir comme de l'an quarante, qui n'ont d'autres soucis que de faire carrière et de briller sur la scène internationale, tout en écrasant en métropole tout ce qui pourrait leur faire de l'ombre ou révéler leurs turpitudes cachées ; tout en se laissant manipuler par des officines qui ont beau jeu d'exploiter leurs faiblesses inavouables : par la menace de révélations compromettantes, ces officines ont réussi à leur faire prendre des décisions  désastreuses pour le peuple français.

En 2017, l'écoute attentive des différents candidats à l'élection présidentielle (quand leur est donné un temps de parole équitable et un lieu d'expression assez posée) et la lecture de leur programme, renforcent le besoin d'une cohésion nationale mise à mal par tant d'années d'errance politique. Pour qui veut bien prendre le temps d'analyser chaque proposition, apparaît nettement que chacun des candidats apporte une pierre honorable (mais souvent très insuffisante) à l'édifice en dépit des erreurs que chacun peut commettre. 

Le projet France2022 a pour ambition d'établir un mode de gouvernement évitant de prendre les décisions et d'émettre des dispositions nouvelles, non urgentes, tant que n'est pas établi un consensus assez large entre différents partis, non seulement sur le diagnostic mais encore sur les solutions et remèdes à apporter. Une saine Union nationale bien conduite produit peu de textes et de nouveautés farfelus. Elle prend au contraire des décisions quasi unanimes après avoir pris le temps de peser les avantages (cf. la méthode des avantages de St Ignace) et de concilier les intérêts censément divergents.

mercredi 8 avril 2015

Politique, un dur métier pour qui l'accomplit dans un esprit de service




Anne Hidalgo



Les Français, comme d'autres peuples, ont les politiques qu'ils méritent. Ils ont les hommes et les femmes politiques qu'ils ont choisis parmi une multitude de candidats, les uns soutenus par un parti et d'autres qui se sont affranchis d'une quelconque tutelle.

Se défausser de sa responsabilité de citoyen en pariant sur l'abstention ou en usant de l'argument des "promesses non tenues" ne trompe personne : nous sommes collectivement responsables de ce qu'il advient de notre pays. L'indigence de certains politiques ne suffit pas à expliquer les très grandes menaces qui pèsent aujourd'hui sur l'avenir de la France. Chacun de nous peut, à son échelle, contribuer à éviter un désastre.

Certes, nous confions nos intérêts à des personnes faillibles. Exposé à toutes sortes de tentations, le personnel politique risque à tout moment de faillir à ses missions. Exposé médiatiquement, il subit la pression grandissante des pouvoirs qui lui contestent sa place. Cette pression est de plus en plus forte aujourd'hui puisqu'un vent violent souffle contre toute position dominante, toute autorité, tout représentant d'un ordre aussi légitime soit-il. 

Du point de vue étroit où chacun de nous se place, certaines options politiques peuvent nous paraître médiocres et même nuisibles tandis que d'autres les qualifient d'excellentes. Sommes-nous toujours en mesure de juger ? Sur quelles données nous appuyons-nous pour apprécier telle décision, telle loi, telle disposition ? Sommes-nous sûrs d'être assez compétents pour discerner les causes, les possibles et les conséquences ? Vastes questions que tout citoyen raisonnable n'élude pas afin de ne pas s'emporter à tort. Et d'ailleurs, à quoi bon vitupérer contre tel ou tel pouvoir ? A quoi bon accuser l'un ou l'autre d'avoir failli ? Qui de nous ne s'est jamais trompé, n'a jamais fauté ?

Il est probable que tout parti au pouvoir qui se donnerait la peine de présenter un bilan honnête et non mensonger de l'action du gouvernement qu'il aurait soutenu emporterait assez aisément de nouvelles élections contre un parti d'opposition qui ne saurait rien faire d'autre que d'émettre des critiques sans présenter un projet solide et bien ajusté aux nécessités du temps présent. 

Toute l'énergie dépensée à maudire l'action d'un autre est perdue pour bâtir une réponse digne d'intérêt. Céder à l'air du temps qui prône la critique virulente, la calomnie ou la médisance, la caricature grotesque ou la dérision c'est perdre beaucoup de temps et passer à côté de propositions constructives d'autant qu'il devient de plus en plus délicat de remédier aux dysfonctionnements d'une société qui ne cesse de gagner en complexité. 





En ayant le souci de nous simplifier, de nous unifier et de nous "cultiver en complexité" comme nous y invite Gérard Gigand (voir aussi l'enregistrement "la compréhension trialectique comme géométrie de la systémique"), nous deviendrons capables de choisir des élus dont nous serons fiers et que nous aurons à coeur de soutenir dans l'exercice d'un métier pour le moins difficile quand celui qui est en charge des intérêts collectifs accomplit ses missions dans un véritable esprit de service et avec beaucoup d'humilité.

Le nombre de candidats aux élections fait parfois illusion. Il semble que beaucoup se pressent encore pour obtenir des sièges en or mais si nous laissons s'installer une pression grandissante sur nos élus, il y a fort à parier que le nombre de vocations ne cessera pas de décroître. Pire : il n'est pas certain que ceux qui braveront encore le suffrage populaire soient les hommes et les femmes dont l'espace public et le bien commun aient le plus à gagner. 

L'élection présidentielle en France concentre à elle seule de tels enjeux de pouvoir qu'au lieu d'élire des personnes vraiment aptes à présider aux destinées de la France, nous n'élisons bien souvent qu'un chef de parti qui a su défendre habilement sa place contre ses principaux rivaux et s'imposer en face d'autres chefs de parti. Cela ne donne pas hélas les qualités essentielles permettant de veiller au bien commun d'une nation.

Le projet France2022 prévoit de modifier les pouvoirs du Chef de l'Etat, des Ministres et des représentants de la nation afin que la France sorte des impasses actuelles et développe un potentiel malheureusement laissé en jachère par des pouvoirs exécutifs et législatif devenus impuissants dans un monde qui a profondément changé depuis 1958. Des pouvoirs nationaux qui, faute de courage, laissent les élus locaux gérer des situations de plus en plus inextricables.

L'une des grandes évolutions défendue par le projet France2022 consiste à donner aux maires (de municipalités plus étendues et moins nombreuses) des pouvoirs plus larges sur la conduite des affaires de la nation tout entière, non plus confondue avec un Etat stérile comme aujourd'hui dans de nombreux domaines mais subdivisée en cinq provinces ayant chacune une forte autonomie de gouvernement. 

Grosso modo mais à bien préciser, cela revient à faire de la France une fédération de cinq Etats. Le niveau national joue alors beaucoup mieux son rôle : il ne s'occupe pas de gouverner en détail mais tient lieu d'articulation aujourd'hui manquante entre le niveau de gouvernement européen et le niveau de gouvernement étatique (requalifié en gouvernement provincial). Gouvernement étatique qui englobe tous les domaines non régaliens, laissant au niveau national le soin d'organiser les pouvoirs régaliens en étroite concertation avec ses voisins, l'Europe tout entière et le reste du monde, soit déjà fort à faire ! 

Dans cette nouvelle organisation, chaque pouvoir provincial a les coudées franches pour organiser et mettre en oeuvre les pouvoirs non régaliens en tenant compte des réalités de terrain qui ne sont pas les mêmes partout et, plus encore, en respectant davantage les prérogatives des élus locaux et donc le principe fondamental de la subsidiarité défendu par le projet France2022.