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vendredi 24 février 2017

France2022 : Vive la fonction publique en France ... et ailleurs !


Tribune à contre-courant d'un libéralisme échevelé et des ravages d'inspiration libertaire ou anarchisante ... qui plombent le débat politique par leurs outrances, leur démagogie, la fausseté de leurs analyses et la désopilante niaiserie de certaines de leurs propositions soi-disant innovantes.

Où sera exprimé, en termes les plus vifs et chaleureux, l'éloge de la fonction publique et des fonctionnaires ! puis où seront énoncées quelques inflexions à apporter au modèle français (en bleu dans le texte qui suit).

Les fonctionnaires français sont devenus, pour certaines mauvaises langues et quelques esprits trop pressés, les boucs émissaires du marasme économique français comme si leurs statuts, leurs attributions et leurs rôles étaient responsables de tous nos maux. Les contributions du projet France2022 se devaient non seulement de réagir aux nombreuses inepties proférées par les relais d'opinion mal informés, de défendre la fonction publique mais aussi de montrer comment quelques ajustements bien pensés pourront contribuer à la dynamiser et à la perfectionner. 

Qui dit fonction publique dit déjà FONCTION et ce terme à lui seul devrait en dire long pour tous les contempteurs de la fonction publique ! Non pas "métier" ou "emploi", deux termes également incompris par les analystes trop pressés, mais "fonction" (voir à ce sujet le remarquable ouvrage du docteur Jouanjean : "Physiologie du risque face à l'Histoire". Ici en version partiellement consultable : extrait numérisé). 

Sans revenir à la richesse du mot "fonction", sans appréhender tout ce qu'il implique, je suis incapable de mesurer à quel point toutes les réflexions et toutes les actions au sujet de la fonction publique doivent être menées en tenant compte largement du champ immense de l'organisation sociale : des fonctions, pourquoi ? , pour qui ? par qui ? pour quoi ? ... et, aussi, en ne réduisant pas l'étendue des types de fonction concernés : fonctions de planification, de conception, d'élaboration, de construction, d'édification, de régulation, de sauvegarde, d'entretien, d'exécution, de contrôle, d'élimination ...

En réduisant le périmètre de leur réflexion, les pourfendeurs de la fonction publique française ont tendance à se focaliser sur ses coûts sans mesurer à quel point une fonction publique, bien organisée, et pas seulement réduite au strict minimum, est capable d'apporter à notre nation tout entière. En propageant des mensonges grossiers ou des solutions à l'emporte-pièce, ils nous font perdre de vue que toute société humaine a un besoin éminent d'organiser avec le plus grand soin l'ensemble des fonctions qui lui permettent de subsister, de croître, de prospérer, de se défendre, de panser ses plaies, de soigner et de guérir ses maux ...

Chaque fonctionnaire, selon ses domaines de compétences, son niveau de responsabilité, ... accomplit différentes tâches. Avant même de s'intéresser à cette variété, il est bon d'avoir une vision globale de la fonction publique. Nous remarquons dès lors que tout fonctionnaire est en charge d'une mission d'une importance capitale dans un monde mutilé par des excès de compétition dangereux pour les personnes et par des considérations de classe ou de caste qui n'ont pas lieu d'être. 

Tout fonctionnaire doit, autant que faire se peut, devenir un témoin de premier ordre d'une double notion fondamentale : l'éminente égalité de dignité et l'indispensable égalité de droits de tout citoyen. 

Au quotidien, tout fonctionnaire digne de ce nom, montre à qui veut bien le voir et l'entendre, que petits et grands ont foncièrement les mêmes droits et devoirs et qu'il doit en être effectivement de même que l'on soit riche ou pauvre, influent ou pas, fort ou faible, menaçant ou pas, ... 

Tout fonctionnaire devient alors le signe, qu'en ce monde, chacun a du prix pour une société qui risque, à tous moments et notamment en cette époque de grande tentation (voir les analyses sociologiques qui parlent de "l'homme superflu" et de "l'homme simplifié"), de considérer l'individu lambda comme un pion, un automate, une machine, une quantité négligeable, un poids à éliminer.

Selon ce point de vue général à propos de la fonction publique, notre monde contemporain a plus que jamais besoin de fonctionnaires de très grande qualité, de ces sentinelles qui veillent sur le bien de tous, sans considération oiseuse et pernicieuse de rang de naissance, de couleur de peau, de religion, de position sociale, ... Gardiens d'un trésor sans cesse menacé par le tout marchand, le tout libéral, le tout consumériste, ... les fonctionnaires constituent un groupe d'agents essentiels à la santé des corps intermédiaires et de chaque citoyen. Santé physique, psychique, morale et sprituelle. Sans les fonctionnaires, sans leur extrême vigilance, toute société est menacée par tous les courants qui tendent à isoler les personnes, à les exploiter, à les diviser, à les effrayer ...

Plus que jamais, dans notre monde contemporain, de nombreux pays dont la France doivent tout faire pour que les fonctionnaires développent une conscience toujours plus vive de leurs missions. Un Etat digne de ce nom est en mesure d'accroître leur rayonnement, non pas au détriment des autres mais à leur service. Un Etat digne de ce nom est capable d'entretenir une entente aussi parfaite que possible entre les fonctionnaires et le reste de la nation. Aujourd'hui, force est de constater que nous sommes loin de ce compte-là : en prenant toute une série de mesures bancales, l'Etat français a fini par attiser la mésentente, la méfiance, les jalousies, les rancoeurs, ... alors qu'un Etat vraiment libre à l'égard des "puissants" de ce monde aurait pu éviter que les fonctionnaires ne soient pris pour des cibles faciles selon des schémas de pensée dans lesquels le citoyen doit s'effacer pour devenir une marionnette aux mains de tous ceux qui ne raisonnent qu'en terme de parts de marché, de conquêtes futiles, de gains frauduleux ...

Un combat de grande ampleur attend les fonctionnaires français. Selon l'attitude qu'ils adopteront, notre pays leur devra, ou pas, de sortir de l'enlisement en lequel l'ont enfermé des années d'errance politique alors que tous les pays sont traversés par d'innombrables mutations.

Notons d'emblée que chaque grande catégorie de fonctionnaires déterminée par les pouvoirs régaliens principaux peut être tentée, à tout moment, de verser dans la tyrannie. Ainsi en va-t-il pour le juge, pour le policier, le médecin, l'enseignant ou ... le prêtre ! Raccourci curieux et hâtif, certes, mais volontaire pour stimuler la réflexion de tous ceux qui s'intéressent de près aux dysfonctionnements de la société française et à l'actualité brûlante de ces jours derniers. Nous y reviendrons ultérieurement.

Les citoyens les plus honnêtes et tous ceux qui sont de bonne foi reconnaissent volontiers que la France dispose de fonctionnaires remarquables mais s'accordent aussi pour penser que leurs missions sont entravées par un fatras de dispositions qui tendent "à filtrer le moucheron et à avaler le chameau". 

Ainsi en est-il d'enseignants à qui des "consciences éclairées" prétendent dicter LA méthode pédagogique à suivre impérativement sous peine de sanctions. Attitude imbécile qui produit de l'illettrisme en masse et de nombreux dégâts collatéraux alors qu'il faudrait laisser aux enseignants toute liberté pédagogique et leur assigner des objectifs intelligents, stables, audibles et simplement mesurables ; alors qu'il faudrait aussi sortir du mensonge institutionnel entretenu par de faux pédagogues qui ont prétendu refaire le monde de l'instruction et de l'éducation et qui ont réussi la "prouesse" de laisser au bord du chemin des centaines de milliers de jeunes. Hécatombe monstrueuse et sordide qui, au fond, ne fait que prolonger la volonté inavouée mais bien réelle d'éradiquer une jeunesse qui fait peur au confort des repus, jeunesse déjà sauvagement éliminée avant même qu'elle naisse pour un quart d'une génération en France (voir à ce propos la tribune consacrée à l'IVG).

Ainsi en est-il de personnels hospitaliers qui voient leurs missions s'intensifier en raison des blessures profondes dont le tissu social et le corps physique ou psychique des personnes sont de plus en plus marqués et qui constatent, dans le même temps, que des instances "supérieures", à la solde d'une économie de marché de plus en plus déréglée et d'une morale sans queue ni tête, leur imposent des conditions de travail indécentes et/ou des moyens réduits au nom d'une rentabilité intenable voire scandaleuse tout en leur demandant de rendre compte du moindre écart de budget, de la moindre faute professionnelle, de la moindre erreur comme si nous vivions sous un régime policier. Tandis que l'on tente de plus en plus de fliquer et de surveiller le travail quotidien dans les hôpitaux publics, travail à la fois vital et élémentaire, on laisse filer d'autres dépenses insensées telles que le remboursement du meurtre de l'enfant à naître.

Ainsi en est-il de forces de l'ordre à qui l'on a fini par demander l'impossible : restaurer une sécurité des biens et des personnes, mise à mal par de multiples facteurs qui n'ont rien à voir avec l'exercice difficile mais possible d'une surveillance bien organisée et suivie, le cas échéant, de contrôles respectueux voire d'interventions musclées. Policiers, gendarmes et militaires doivent aujourd'hui faire face à d'innombrables débordements, parfois d'une violence extrême, qui reflètent l'état de décomposition d'une société où le mensonge règne en maître absolu parce que la violence exercée à l'encontre des plus faibles est tout simplement niée quand elle n'est pas justifiée par des arguments qui ne tiennent pas la route. Dès lors que les plus faibles sont les premières victimes d'un système politique dévoyé et d'une société hypocrite, aucun d'entre nous n'est à l'abri d'une sauvagerie qui habite le coeur des hommes depuis la nuit des temps et que seul l'amour fondé sur la vérité est capable d'endiguer par l'usage d'une force maîtresse d'elle-même. En favorisant la mise à mort physique ou l'élimination sociale d'une grande partie de la jeunesse, nos gouvernements successifs, soutenus par des parlements corrompus, ont contribué à rendre les missions des forces de l'ordre de plus en plus risquées et improductives : au lieu de s'attaquer à la racine des maux qui gangrènent le corps tout entier de la société, elles sont envoyées sur des terrains minés où seront vite dénoncés leur impuissance, leur excès de zèle, ... et où elles seront poussées à la faute par tous ceux qui les honnissent pour le principe, ceux-là même qui justifieront, au nom d'une fausse liberté, le droit d'avorter ou d'euthanasier.

Ainsi en est-il de juges complètement déboussolés qui ne savent plus où donner de la tête tant se sont amoncelées les affaires à traiter dans l'urgence parce que le citoyen, lui-même, de plus en plus paumé, est incité à chercher un bouc émissaire commode chaque fois qu'il se trouve en difficulté ; parce que dans une société où la recherche d'un coupable facile est devenu monnaie courante, chacun peut devenir l'objet d'accusations insensées quand ce n'est pas de menaces directes ou de coups d'une violence inouïe ; parce que dans un pays où les bases du droit ont été laminées par la possibilité légale de tuer un être humain en gestation, il est devenu de plus en plus difficile de faire appliquer ou respecter des lois justes puisque n'importe quel intérêt puissant peut se prévaloir d'une force sans aucune limite pour obtenir quelque-chose d'illégitime.

Où chacun peut finalement constater que la barbarie (à visage humain ?) à l'encontre des plus faibles, sous couvert de "droit" et de licence abusive, finit par se retourner contre n'importe lequel d'entre nous, des politiques injustement accusés ou salis au moindre citoyen persécuté par un plus fort que lui. 

Dans cet état de désordre permanent, les fonctionnaires français ont un rôle capital à jouer : ou bien, ils choisissent d'être complices du mensonge et de se taire voire de collaborer, ou bien ils se rebellent en refusant de pratiquer des actes légaux mais illégitimes ; en refusant de se laisser intimider par des pouvoirs qui cherchent à les disqualifier ; en conduisant leurs missions avec autorité et compétence, au mépris du qu'en-dira-t-on.

Il faudrait ici mentionner tous les actes de bravoure et d'intelligence d'une multitude de fonctionnaires qui accomplissent jour après jour leur mission sans se laisser influencer par des modes passagères, des règlements aberrants, des consignes  ridicules, des lois iniques ... et qui ne pensent qu'à rendre le plus parfaitement possible les services qui entrent dans le champ de leur compétence sans pour autant accéder aux demandes qui risquent de mettre en péril la santé, la renommée, le travail ... ou la vie d'un autre. Il faudrait ici louer tous les fonctionnaires qui ont le sens du bien public et qui veillent à ne pas gaspiller des deniers dont ils sont les intendants prudents. Ils savent, en leur for intérieur, que toute dépense somptuaire ou irréfléchie se fait toujours au détriment d'un pauvre.

Pour accomplir leurs missions essentielles, les fonctionnaires français sont-ils déjà trop nombreux ? Question épineuse qui divise la classe politique et, à leur suite, des citoyens peu, mal informés ou qui pensent être plus informés que les autres. Vaste question dont la résolution suppose un état des lieux précis et honnête de la situation actuelle ; un état des lieux qui prenne soin de compter tous les contractuels que l'Etat embauche pour pallier ... le manque de fonctionnaires ! et, bien entendu, couvrir des missions sans prendre le risque financier d'une carrière à vie.

Nous voici rendus à l'un des noeuds du problème : fonctionnaires à vie, oui ou non ? Qui dit "fonctionnaire" dit-il aussi "statut particulier" incluant la garantie d'un contrat d'embauche à vie sans la moindre remise en cause ?

Pour assainir un terrain miné depuis longtemps par un encadrement sclérosé, le projet France2022 prévoit de modifier le statut des fonctionnaires. Non pas, évidemment, pour le mettre en péril mais pour sauvegarder le meilleur de la fonction publique. Dans un pays aussi divisé que la France, il serait bien plus sain que chacun fasse, un jour ou l'autre, au cours de sa carrière, l'expérience d'une mission dans la fonction publique pour comprendre, le plus souvent, qu'il n'y a pas lieu d'accuser de tous les maux l'un des fers de lance de notre pays : pour qui veut bien regarder la réalité sans a priori stupide, sans mauvaise foi, on ne rencontre pas plus d'incapables ici qu'ailleurs, dans le public que dans le privé et l'on y trouve autant de serviteurs dévoués qu'en d'autres lieux, autant d'imaginations fertiles et astucieuses que dans les espaces dédiés à la créativité.

Afin de favoriser cette expérience, mieux vaudrait que les fonctionnaires bénéficient de contrats à longue durée mais pas d'un emploi garanti à vie. Mieux vaudrait également que, dans tout foyer fiscal à deux revenus, un seul puisse bénéficier du statut de fonctionnaire afin que s'établisse en France, un réel partage des avantages et des inconvénients d'une situation qui met en péril de nombreux foyers : que les uns bénéficient d'une sécurité maximale quand les autres sont menacés au-delà de leurs forces est en effet insensé. Le moindre choc économique finit par avoir des répercussions désastreuses sur des corps intermédiaires fragilisés par l'absence de régulations de sauvegarde qui donnent à tous les moyens de se protéger des aléas nombreux que réserve l'existence terrestre et que surajoute un environnement mondialisé.

Dans le même esprit, il est nécessaire d'enrichir la fonction publique de l'apport d'une jeunesse aujourd'hui désoeuvrée, déboussolée, sacrifiée, abandonnée. Une solution simple et juste consiste à construire un véritable service civique pour tous, sans exception, qui accorde une part très honorable à l'un des piliers de notre modèle social. Non pas un service civil qui profite seulement aux plus diplômés trouvant là un moyen commode de vivre des expériences exaltantes ou aux entreprises qui ont trouvé là une façon économique d'expatrier des talents mais une mission d'intérêt général et de bien commun, non seulement justifiée par la crise profonde que traverse la France mais encore justifiée par le principe du don réciproque : tout citoyen bénéficiant largement de tous les progrès accomplis en matière d'instruction (sans céder à la critique facile de ce qui existe), de soin, de sécurité, ... se doit, un jour ou l'autre de "donner" à son tour. Les critiques hâtives diront que certains le font déjà par le biais de l'impôt mais voilà bien un argument très faible qui ne s'appuie que sur un aspect du problème et qui oublie l'essentiel.






vendredi 22 janvier 2016

France2022 : Réhabilitation de la mémoire de Louis XVI et prolongements constitutionnels. Pour une Révolution authentique


« Je voudrais que ma mort 
fît le bonheur des Français 
et pût écarter les malheurs que je prévois, 
le peuple livré à l’anarchie, 
devenu la victime de toutes les factions. »

Louis XVI


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Sous la mention : "C'est Louis XVI qui l'a fait : le saviez-vous ?", nous trouvons :

Louis XVI décida de soulager son peuple en le dispensant du droit de Joyeux avènement, impôt perçu à chaque changement de règne.
Louis XVI créa le corps des pompiers.
Louis XVI autorisa l’installation de pompes à feu, pour approvisionner Paris en eau de manière régulière.
Louis XVI créa un mont-de-piété à Paris pour décourager l’usure et venir en aide aux petites gens.
Louis XVI abandonna aux équipages de ses vaisseaux le tiers de la valeur des prises qui lui était réservé en temps de guerre.
Louis XVI décida d’aider l’abbé de l’Epée dans son œuvre pour l’éducation des « sourds-muets sans fortune » auquel il enseignait un langage par signes de son invention. Le Roi lui versa alors une pension de 6000 livres sur sa propre cassette, contre l’avis de l’archevêché qui soupçonnait cet homme de jansénisme.
Louis XVI dota l’école de Valentin HAUY pour les aveugles.
Louis XVI donna l’ordre à ses commandants de vaisseaux de ne point inquiéter les pêcheurs Anglais et obtint la réciproque pour les pêcheurs Français.
Louis XVI donna le droit aux femmes mariées et aux mineurs de toucher eux même leur pensions sans demander l’autorisation de leur mari ou tuteur.
Louis XVI ordonna aux hôpitaux militaires de traiter les blessés ennemis « comme les propres sujets du Roi » 90 ans avant la 1ere convention de Genève !
Louis XVI décida d’abolir le servage et la main morte dans le domaine royal et le droit de suite qui permettait aux seigneurs de faire poursuivre les serfs ou mainmortables qui quittaient leur domaine.
Louis XVI ordonna l’abolition de la question préparatoire et préalable (torture)
Louis XVI accorda le premier, le droit de vote aux femmes dans le cadre de l’élection des députés à l’assemblée des états généraux.
Louis XVI décida de faire construire à ses frais, des infirmeries « claires et aérées » dans les prisons.
Louis XVI s’inquiéta du sort qui était réservé aux prisonniers détenus en préventive de par leur inculpation, avant le procès. Par ailleurs, il décida de leur accorder une indemnité ainsi qu’un droit d’annonce dans le cas où leur innocence serait reconnue lors de leur procès (sujet d’une étonnante actualité) !
Louis XVI supprima de très nombreuses charges de la maison de Roi (plus du tiers).
Louis XVI permit aux femmes d’accéder à toutes les maîtrises.
Louis XVI finança tous les aménagements, de l’hôtel-Dieu pour que chaque malades ait son propre lit individuel.
Louis XVI employa le 1er, l’expression « Justice sociale ».
Louis XVI fonda un hôpital pour les enfants atteints de maladies contagieuses, aujourd’hui nommé : « Hôpital des enfants malades »
Louis XVI créa le Musé des Sciences et Techniques, futur Centre National des Arts et Métiers.
Louis XVI fonda l’école des mines.
Louis XVI finança sur ses propres fonds, les expériences d’aérostation des frères Montgolfier.
Louis XVI finança également les expériences de Jouffroy pour l’adaptation de la machine à vapeur à la navigation.
Louis XVI exempta les Juifs du péage corporel et autres droits humiliants.
Louis XVI accorda sept millions aux victimes du froid excessif en 1784.
Louis XVI accorda des pensions de retraites, à tous ceux qui exerçaient une profession maritime.
Louis XVI demanda l’établissement annuel de la balance du commerce.
Louis XVI créa le droit de propriété des auteurs et compositeurs de musique.
Louis XVI accorda l’état-civil aux non-catholiques.
Louis XVI créa l’Ecole de musique et de danse de l’Opéra de Paris et le musée du Louvre.
Louis XVI lança une des plus grandes expéditions de découverte de son époque et choisit Jean-François de la Perouse  pour diriger une expédition autour du monde visant à compléter les découvertes de James Cook dans l’Océan Pacifique.
Louis XVI aida l’Amérique à proclamer son indépendance le 4 juillet 1776.
Source : « Louis XVI a la parole » de Paul et Pierrette GIRAULT de COURSAC, éd de l’OEIL


Il est temps que le peuple français, dans son ensemble, redécouvre l'une des figures majeures de son histoire et prenne la peine d'en réhabiliter la mémoire, non par nostalgie de la monarchie car ses élites ont eu bien des torts comme tous les tenants de quelque pouvoir quand il ne s'exerce pas au service de tous, mais afin de sortir de l'impasse où l'a conduit une forme de parricide : depuis le jour où quelques enragés, et même malades mentaux pour certains, ont réussi à faire exécuter l'un de ses rois les plus brillants, la France est comme orpheline. 

En prélude à cette tribune, on suivra avec curiosité et intérêt un court extrait d'un débat opposant Stéphane Bern et Jean-Michel Blanquer en 1989 à propos des monarchies.

Ayant décapité la tête du Père de la Nation, la France a perdu la sienne. Nous en fûmes témoins chaque jour au récit des aventures d'un chef d'Etat qui, de cette fonction, en avait le nom sans en avoir l'étoffe. 

En dépit de ce que vient d'affirmer l'un des anciens hôtes de l'Elysée, ce manque d'étoffe date de plus d'une vingtaine années puisqu'il concerne au premier chef celui qui dénigre ses successeurs pour de très bêtes questions d'orgueil revanchard et par un manque évident de lucidité sur son propre compte : bénéficiant depuis des dizaines d'années d'un traitement de faveur éhonté et même scandaleux, les subsides dont il dispose sans le moindre scrupule (?) constituent ces sortes de biens que le riche confisque aux veuves, aux orphelins et aux parents seuls et qui devraient être restitués à qui de droit ; ces sortes de biens dont manquent aussi des femmes désemparées qui choisissent d'avorter plutôt que de garder en elles une promesse de vie et de bonheur authentique. Si cet homme (qui se reconnaîtra aisément à la lecture de cette tribune) parvenait enfin (il n'est jamais trop tard) à clarifier sa conscience et à faire amende honorable, il léguerait une partie de sa fortune au bénéfice d'une fondation destinée à toutes les femmes que l'IVG risque encore de léser gravement ; une fondation soutenant enfin ces promesses de vie sans lesquelles une nation dépérit. Pour qui écrivit un jour : "Le pouvoir et la vie", il y aurait, dans cet acte de fondation, une cohérence enfin recouvrée.

Ce manque d'étoffe au sommet de l'Etat français ne tient pas seulement aux défauts des uns et des autres car il n'existe aucun homme sans failles mais aux prétentions d'une république si mal organisée qu'elle n'a pas encore compris que le rôle d'un Chef d'Etat (plutôt Chef de la Nation) n'est pas de s'occuper de tout, qu'il a d'abord un rôle symbolique et qu'il lui revient d'assumer cette charge en faisant preuve de très solides vertus et non pas de simples habilités tactiques.

Il est temps que nous comprenions que ce rôle éminent de Chef de la Nation ne peut être assumé par un chef de parti, ancien ou nouveau, que ses nombreuses prises de position antérieures vont handicaper, en raison même du combat politique et de la concurrence très vive qui se manifeste dans la pêche aux suffrages. Ses positions censément tranchées lui auront fait perdre le statut et même la stature de rassembleur qui incombe au Chef de la Nation tant il est vrai que rassembler un parti, même divisé, n'a pas grand chose à voir avec le rassemblement d'une nation. Pour aller plus loin sur ce thème, voir l'étude de Simone Weil sur les partis politiques.

Un chef de parti cogne fort sur des adversaires (et même ses anciens alliés !) pour souder ses troupes tandis qu'un vrai Chef de la Nation fait en sorte que nul ne soit en position d'écraser ou d'éliminer ceux qui ne sont pas du même avis que lui. Il s'abstient aussi de partir en guerre pour donner l'illusion que la nation fait corps contre un ennemi extérieur et même fabriqué de toutes pièces pour les besoins de sa cause. 

Un chef de nation digne de ce nom propose aux corps intermédiaires du pays et à tous les citoyens de bonne volonté de grands et nobles défis qui donnent à chacun, non pas de combattre ses voisins mais : 

* de livrer bataille en son coeur contre toutes les pesanteurs qui ramènent tout à lui au détriment des autres ;

* de s'unir à d'autres pour agir en bonne entente avec eux, non en vue de détruire, de démolir ou de saccager mais en vue de bâtir, de construire, d'édifier ou de réparer voire de sauvegarder ou de sauver.

Il est prévu dans le projet France2022 de remédier à l'état de fait qui règne en France depuis plus de quarante ans. De nouvelles dispositions éviteront par principe qu'un chef de parti puisse se présenter à l'élection présidentielle. Cela nous a valu depuis plusieurs décennies d'être "gouvernés" (il faudrait plutôt dire : "malmenés") par des arrivistes songeant beaucoup plus à leurs propres intérêts et à leurs petits plaisirs - y compris le plaisir d'exercer un pouvoir tyrannique, colérique, secret ou carrément occulte - qu'aux difficultés rencontrées par une multitude ou qu'aux bonnes pratiques initiées par quelques-uns dans un pays où il semble que l'ambition personnelle prime sur tout autre considération.

On aura beau d'ailleurs proposer maints et maints ajustements judicieux, rien de meilleur n'adviendra vraiment tant que la France n'aura pas guéri sa mémoire blessée et même dévastée en reconnaissant l'absurdité du geste qui élimina celui qui venait de réformer de main de maître un pays au bord de l'hystérie et qui aurait permis à la France de déployer son génie propre s'il n'avait pas été victime, entre autres, des pressions exercées par une coalition de marchands qui voulaient imposer à la France et, en particulier aux plus pauvres, le joug du tout marchand, la loi de la jungle d'un commerce sans frein et sans limite, non plus régi par la police du Roi mais désormais libre de spéculer à sa guise, quitte à affamer le peuple (voir à ce propos le récit passionnant et l'analyse percutante de Marion Sigaut à l'occasion de la crise des Gilets jaunes). 

Il n'est pas exagéré de dire que si Louis XVI avait pu régner sans en être empêché par quelques illuminés ou malades mentaux ou par des régions hostiles à la France, l'Europe n'aurait pas sombré dans cette violence inouïe qui l'a mise à terre au XXème siècle et qui la rend aujourd'hui si peu sûre d'elle-même, si fragile au fond et même suicidaire quand elle n'est pas injustement accusée par d'autres pays d'être responsable de tous leurs maux.

Voir à ce propos Le Roi Stigmatisé, une présentation de cet homme exceptionnel, un aperçu de ses aptitudes scientifiques ainsi que le texte empreint de noblesse du testament de Louis XVI.

A la réhabilitation de la mémoire de Louis XVI, il convient de joindre celle de Marie-Antoinette et du dauphin, cet enfant qui fut martyrisé de manière ignoble par ses tortionnaires.





Louis XVII a la prison du temple vers 1792-1795, allongé dans sa cellule de la prison du Temple ou il est enferme depuis le 13 aout 1792.



Pour ancrer dans le concret de nos existences quotidiennes cette réhabilitation d'une famille royale martyrisée, le projet France2022 prévoit une charte de grands principes au service d'une saine, et même sainte, Union Nationale.

Réfléchir sur l'Ancien Régime, ses mérites et ses faiblesses, sur les républiques, leurs mérites et leurs faiblesses, c'est devenir capable de distinguer des notions qui ont fini par être oubliées et confondues. Oublis et confusions qui ont engendré la pagaille et l'impuissance dont nous sommes chaque jour les témoins.

Première confusion : de "l'Etat, c'est moi" attribué faussement à Louis XIV à l'identification de la Nation à l'Etat, comment se dépêtrer ? 

Le projet France2022 prévoit de bien distinguer Nation et Etat (et a fortiori, Chef de l'Etat) en ramenant le niveau étatique au niveau provincial. Nous obtenons ainsi un (super) "Etat" fédéral français constitué de cinq provinces ayant chacune une organisation de type étatique. La France retrouve alors un statut de Nation beaucoup plus clair : un territoire, un peuple de langue française et une histoire commune ainsi qu'un droit positif enfin remis à l'endroit ... Cet ensemble a besoin d'être gouverné en évitant de conduire une politique nationale (voire nationaliste)  ou vaguement européenne voire internationaliste, beaucoup trop uniforme pour tenir compte des particularités des différents territoires et de la diversité des peuples.

Deuxième confusion : citoyenneté et nationalité. Comment tenir compte de ces deux réalités, sans les confondre, les réduire ou en exagérer la portée ?

En établissant de grands ensembles de cités peu nombreux (200 ensembles par province), régis par des municipalités largement autonomes, le statut de citoyen, résident d'un territoire administré et gouverné par une municipalité, est dissocié de celui de "membre" d'une nation. 

Alors que la Nation est renforcée pour éviter sa dissolution dans un grand tout informe qui finit par inquiéter beaucoup de nos contemporains, le concept de nationalité n'est plus obsédant et nous évitons son apparition dans de nombreux débats, apparition incessante parce que ces débats sont mal posés. Ce qui prime pour tout nouvel arrivant, ce n'est plus l'acquisition de la nationalité française mais la réussite de son accueil en tant que citoyen, c'est-à-dire en tant que membre d'une cité qui, elle-même appartient à une province (à un Etat) et, au final, à une Nation.

Nous obtenons une Nation française qui rassemble les habitants de cinq Etats (provinces) en métropole auxquels sont rattachés les territoires d'outre-mer, chaque Etat étant lui-même, non pas le rassemblement d'individus mais la réunion de cités.

Avec cette nouvelle organisation, le Chef de la Nation et son épouse (ou inversement) a surtout une fonction symbolique puisque l'essentiel du travail politique et démocratique se déroule au niveau d'une cité (comme l'indique l'étymologie du mot "politique"), se consolide au niveau d'une province (qui a le rang d'Etat) tandis qu'il est couronné au niveau national et achevé au niveau international. 

Qui dit "rôle symbolique" pour le Chef de la Nation ne dit pas "potiche" ou "gadget" ou "figurant" mais pouvoir de nomination des autorités du pays et concentration de son énergie sur ce pouvoir déterminant pour la bonne marche de la France. Non plus ce simulacre de pouvoir tous azimuts qui ne rime à rien et disperse le chef de l'Etat de la Vème république mais un véritable rôle de discernement au service des institutions majeures du pays. 

En pratique, tous les postes sensibles de gouvernement locaux seront doublés afin que les responsabilités qu'ils supposent soient assumés par un tandem de deux personnalités : l'une choisie par vote, l'autre par nomination (*). Par exemple : un gouverneur de Province élu, doublé d'un vice-gouverneur choisi par le pouvoir central de telle sorte qu'aucune personne seule n'en vienne à prendre des décisions mettant en péril, qui les finances d'un corps intermédiaire, qui l'avenir ou la salubrité d'un territoire, ...  Le principe de cette double gouvernance est détaillé ci-après. 

(*) Pour honorer le principe démocratique vaillamment argumenté et défendu par Etienne Chouard, il est possible de mettre en oeuvre une nomination parmi des personnalités choisies et proposées par des citoyens tirés au sort.

En d'autres termes, le projet France2022 tend a instituer un triple niveau républicain : au niveau le plus proche du terrain, la cité, ce que nous appelons aujourd'hui commune et qui peut être un village, un bourg ou une ville. D'où une première république : la municipalité. 

Cette première république réunit plusieurs cités qui mettent en commun leurs ressources afin de parvenir à transformer et à édifier un territoire, un environnement où chacun trouve une réponse juste à ses attentes les plus élémentaires grâce au travail des membres de cette république, celle-ci ne faisant appel que de manière exceptionnelle à l'extérieur de son territoire pour subvenir à ses propres besoins élémentaires : eau, nourriture, vêtements et matériaux de construction, besoins incluant ce qui rend possible leur production : connaissances, énergie, machines, outils, défense du territoire, ... Pour tout lecteur intéressé par une telle organisation de la cité, nous recommandons de prendre connaissance des principes d'autonomie remis à l'ordre du jour par la permaculture et nous invitons toute personne curieuse à se pencher sur le concept et l'édification de villes intelligentes, vaste concept qui ne se réduit pas à l'informatisation de nos cités mais qui s'étend à toutes les fonctions, à toutes les structures, à tous les mécanismes et à toutes les techniques qui facilitent l'évolution d'une ville entendue, au fond, comme un écosystème, un organisme vivant, capable de s'adapter finement aux données changeantes de son environnement. Le premier niveau républicain proposé par le projet France2022 est donc aussi pensé pour mettre en oeuvre avec plus de fluidité et de souplesse le concept de ville intelligente : dans un espace donné, suffisamment grand pour cela, il s'agit de penser les installations et les améliorations à venir de telle manière que le tout concourt à faire de cet espace une ville intelligente. Cette option conduit alors à intégrer d'emblée une zone périphérique et si possible un lieu de vie sauvage à toute ville selon l'esprit de la permaculture. En terme de Grand Paris et, selon le modèle d'une fédération de cinq provinces proposé dans le projet France2022, cela nous conduirait à définir un Grand Paris fédéral constitué de cinq villes intelligentes.

La province, quant à elle, correspond au deuxième niveau républicain. Elle est constituée par la réunion de plusieurs municipalités (environ deux cents, soit environ 7200 communes actuelles ou "cités" au sens grec du terme). Pour la France métropolitaine, chaque province rassemble les régions (selon le périmètre établi avant la réduction du nombre des régions en 2015) d'un double point cardinal : sud-ouest, sud-est, nord-est, nord-ouest. Une dernière province rassemble les régions du centre. Le niveau provincial devient un niveau étatique. Il est doté en conséquence de tous les attributs actuels de l'Etat français, c'est-à-dire, entre autres de tous les pouvoirs régaliens. Chaque province apporte donc aux municipalités qui la composent le supplément de ressources que celles-ci ne peuvent trouver sur leur propre territoire.

Enfin, ce que nous appelons aujourd'hui l'Etat français devient désormais une fédération de cinq Etats. C'est le troisième niveau républicain.

Une telle organisation politique nous conduit à parler, non plus de LA république française mais DES républiques françaises. En passant du singulier au pluriel, nous n'effectuons pas seulement une pirouette mentale ou verbale pour le plaisir de jouer sur les mots ou de provoquer ceux qui sont attachés viscéralement à la notion de "république une et indivisible" (nous avons beaucoup mieux à faire que de provoquer ! ). Nous ne sommes pas non plus en train de contredire le principe quelque peu usé de "république une et indivisible". Cela n'aurait pas grand intérêt. Nous revenons plutôt aux sources d'une démocratie bien pensée dans laquelle le singulier retrouve toute sa valeur car l'essentiel n'est pas de se gargariser du mot "république" et de prétendre la défendre (en vain d'ailleurs) contre ceux qui voudraient l'abattre mais l'essentiel est de bâtir un socle assez solide pour soutenir tout l'édifice démocratique et faire en sorte que chaque peuple et chaque citoyen prenne en main son avenir sans pour autant se laisser piéger par l'orgueil de l'autosuffisance (de mauvais aloi). 

Chaque niveau républicain a besoin de maintenir sa cohérence interne tout en développant ses relations avec ce qui lui est extérieur. Aussi le projet France2022 prévoit-il un binôme pour chaque fonction à remplir. En allant d'emblée au plus haut niveau, nous obtenons donc un président et un vice-président. Le premier est tourné en priorité vers l'extérieur tandis que le second s'occupe davantage des affaires intérieures du pays de sorte que lorsque le Chef de la Nation est en voyage à l'étranger, la France demeure toujours présidée par le vice-président. Cependant, l'un et l'autre agissent toujours en concertation et aucun texte ne peut-être promulgué sans leur double signature de manière à ce qu'aucun d'eux ne se retrouve seul à délibérer, à trancher et à décider. De même, à l'échelon le plus inférieur, au premier niveau républicain, celui de la municipalité, trouvons-nous un gouverneur municipal et un vice-gouverneur municipal. Le premier est en lien permanent avec les autorités de la province d'appartenance de sa municipalité et siège à l'assemblée provinciale des gouverneurs municipaux tandis que le second est aux affaires internes de la municipalité et préside le Conseil municipal. Là encore, aucun texte d'origine municipal n'est promulgué sans l'aval du gouverneur et du vice-gouverneur.

Cette nouvelle organisation de la hiérarchie politique tend à placer, à tous les niveaux de l'exécutif, un tandem ou un binôme, de même rang hiérarchique, de manière à éliminer le plus possible les rivalités incessantes que nous observons entre un premier et un second (par exemple un président et un premier ministre) qui sentent confusément qu'ils agissent à des niveaux semblables mais que l'un doit toujours s'affirmer comme "supérieur" tandis que l'autre ne supporte pas d'être traité en "inférieur", en subalterne, en collaborateur ou en simple exécutant ; que l'un est inamovible le temps d'un mandat tandis que l'autre est sur la sellette, sur un siège éjectable. Cette comédie grotesque a trop duré. Elle empoisonne la vie politique française depuis plus de quarante ans. Elle engendre des jeux de rôle pitoyables et des retards inquiétants. Ces jeux du cirque que les contemporains de Giscard et de Chirac purent observer en direct et qui n'ont cessé depuis, sauf exceptions.

Il subsiste évidemment toujours des "premiers" et des "seconds" mais dans un cadre redoublé : au lieu d'avoir un match en simple, nous obtenons un match en double et les amateurs de tennis savent que les doubles sont beaucoup plus intéressants, incisifs et spectaculaires que les simples (sauf exceptions évidemment ! ) : on y sent moins l'usure et la mise à mort inévitable de tout jeu gagnant-perdant mais bien plus le plaisir du jeu, de la combinaison, la nécessité d'une vraie et belle entente pour parvenir à l'emporter. En l'occurrence, il ne s'agirait d'ailleurs plus d'un jeu gagnant-perdant mais d'un jeu impliquant quatre personnes sensées aller dans la même direction, d'un jeu impliquant une équipe dont la composition judicieuse permettrait de réunir des talents vraiment complémentaires, notamment dans le processus délicat de la prise de décision mais aussi dans celui de la mise en oeuvre consécutive. 

Là encore, n'importe quel citoyen français a pu observer combien la plupart des décisions politiques prises de nos jours paraissent n'avoir aucun fondement solide, semblent avoir été élaborées dans la plus grande précipitation pour se conclure par des mises en oeuvre hasardeuses, calamiteuses et contre-productives quand elles ne donnent pas lieu à des débordements pitoyables et à des violences insensées comme certaines "Nuits debout", certaines grèves ou l'Assemblée Nationale élue en 2017 nous en offrent le triste spectacle.


mercredi 8 avril 2015

Politique, un dur métier pour qui l'accomplit dans un esprit de service




Anne Hidalgo



Les Français, comme d'autres peuples, ont les politiques qu'ils méritent. Ils ont les hommes et les femmes politiques qu'ils ont choisis parmi une multitude de candidats, les uns soutenus par un parti et d'autres qui se sont affranchis d'une quelconque tutelle.

Se défausser de sa responsabilité de citoyen en pariant sur l'abstention ou en usant de l'argument des "promesses non tenues" ne trompe personne : nous sommes collectivement responsables de ce qu'il advient de notre pays. L'indigence de certains politiques ne suffit pas à expliquer les très grandes menaces qui pèsent aujourd'hui sur l'avenir de la France. Chacun de nous peut, à son échelle, contribuer à éviter un désastre.

Certes, nous confions nos intérêts à des personnes faillibles. Exposé à toutes sortes de tentations, le personnel politique risque à tout moment de faillir à ses missions. Exposé médiatiquement, il subit la pression grandissante des pouvoirs qui lui contestent sa place. Cette pression est de plus en plus forte aujourd'hui puisqu'un vent violent souffle contre toute position dominante, toute autorité, tout représentant d'un ordre aussi légitime soit-il. 

Du point de vue étroit où chacun de nous se place, certaines options politiques peuvent nous paraître médiocres et même nuisibles tandis que d'autres les qualifient d'excellentes. Sommes-nous toujours en mesure de juger ? Sur quelles données nous appuyons-nous pour apprécier telle décision, telle loi, telle disposition ? Sommes-nous sûrs d'être assez compétents pour discerner les causes, les possibles et les conséquences ? Vastes questions que tout citoyen raisonnable n'élude pas afin de ne pas s'emporter à tort. Et d'ailleurs, à quoi bon vitupérer contre tel ou tel pouvoir ? A quoi bon accuser l'un ou l'autre d'avoir failli ? Qui de nous ne s'est jamais trompé, n'a jamais fauté ?

Il est probable que tout parti au pouvoir qui se donnerait la peine de présenter un bilan honnête et non mensonger de l'action du gouvernement qu'il aurait soutenu emporterait assez aisément de nouvelles élections contre un parti d'opposition qui ne saurait rien faire d'autre que d'émettre des critiques sans présenter un projet solide et bien ajusté aux nécessités du temps présent. 

Toute l'énergie dépensée à maudire l'action d'un autre est perdue pour bâtir une réponse digne d'intérêt. Céder à l'air du temps qui prône la critique virulente, la calomnie ou la médisance, la caricature grotesque ou la dérision c'est perdre beaucoup de temps et passer à côté de propositions constructives d'autant qu'il devient de plus en plus délicat de remédier aux dysfonctionnements d'une société qui ne cesse de gagner en complexité. 





En ayant le souci de nous simplifier, de nous unifier et de nous "cultiver en complexité" comme nous y invite Gérard Gigand (voir aussi l'enregistrement "la compréhension trialectique comme géométrie de la systémique"), nous deviendrons capables de choisir des élus dont nous serons fiers et que nous aurons à coeur de soutenir dans l'exercice d'un métier pour le moins difficile quand celui qui est en charge des intérêts collectifs accomplit ses missions dans un véritable esprit de service et avec beaucoup d'humilité.

Le nombre de candidats aux élections fait parfois illusion. Il semble que beaucoup se pressent encore pour obtenir des sièges en or mais si nous laissons s'installer une pression grandissante sur nos élus, il y a fort à parier que le nombre de vocations ne cessera pas de décroître. Pire : il n'est pas certain que ceux qui braveront encore le suffrage populaire soient les hommes et les femmes dont l'espace public et le bien commun aient le plus à gagner. 

L'élection présidentielle en France concentre à elle seule de tels enjeux de pouvoir qu'au lieu d'élire des personnes vraiment aptes à présider aux destinées de la France, nous n'élisons bien souvent qu'un chef de parti qui a su défendre habilement sa place contre ses principaux rivaux et s'imposer en face d'autres chefs de parti. Cela ne donne pas hélas les qualités essentielles permettant de veiller au bien commun d'une nation.

Le projet France2022 prévoit de modifier les pouvoirs du Chef de l'Etat, des Ministres et des représentants de la nation afin que la France sorte des impasses actuelles et développe un potentiel malheureusement laissé en jachère par des pouvoirs exécutifs et législatif devenus impuissants dans un monde qui a profondément changé depuis 1958. Des pouvoirs nationaux qui, faute de courage, laissent les élus locaux gérer des situations de plus en plus inextricables.

L'une des grandes évolutions défendue par le projet France2022 consiste à donner aux maires (de municipalités plus étendues et moins nombreuses) des pouvoirs plus larges sur la conduite des affaires de la nation tout entière, non plus confondue avec un Etat stérile comme aujourd'hui dans de nombreux domaines mais subdivisée en cinq provinces ayant chacune une forte autonomie de gouvernement. 

Grosso modo mais à bien préciser, cela revient à faire de la France une fédération de cinq Etats. Le niveau national joue alors beaucoup mieux son rôle : il ne s'occupe pas de gouverner en détail mais tient lieu d'articulation aujourd'hui manquante entre le niveau de gouvernement européen et le niveau de gouvernement étatique (requalifié en gouvernement provincial). Gouvernement étatique qui englobe tous les domaines non régaliens, laissant au niveau national le soin d'organiser les pouvoirs régaliens en étroite concertation avec ses voisins, l'Europe tout entière et le reste du monde, soit déjà fort à faire ! 

Dans cette nouvelle organisation, chaque pouvoir provincial a les coudées franches pour organiser et mettre en oeuvre les pouvoirs non régaliens en tenant compte des réalités de terrain qui ne sont pas les mêmes partout et, plus encore, en respectant davantage les prérogatives des élus locaux et donc le principe fondamental de la subsidiarité défendu par le projet France2022.