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lundi 23 novembre 2015

France2022 : Pourquoi deviennent-ils djihadistes ?



"Il y a ceux qui, 
lassés de la fadeur de leur existence,
excédés par la médiocrité 
du monde qui les entoure,
aspirent à plus de piquant, 
de grandeur, de pureté - 
et qui confondent le sel et le sang,
la grandeur avec l'orgueil et la puissance,
la pureté avec un fanatisme assassin.
Cette confusion s'est toujours produite,
mais son actualité 
est d'une particulière acuité
comme le montrent les agissements
des intégristes assassins
qui saccagent lieux et mémoire des lieux,
supplicient et massacrent
tous ceux qui ne partagent pas 
leur conception de la grandeur, 
de la pureté,
tous ceux qui ne leur sont pas 
absolument inféodés.
Croient-ils s'inscrire dans la lignée d'Abraham
parti radicalement de l'avant,
vers lui-même comme un autre ?
Impossible -
ils ont la haine de toute altérité,
de toute diversité,
la haine et le mépris des autres
justes bons à être soumis, exploités, humiliés,
et une délectation à tuer."

"Quatre actes de présence.
Vivre ici et maintenant."

Sylvie Germain



"Le danger n’est pas 
dans ce que l’on ignore 
mais dans ce que l’on croit certain 
et qui justement ne l’est pas."

Mark Twain 



"La devise républicaine : Liberté, égalité, fraternité 
proclame la liberté, réclame l'égalité 
et réconcilie ces soeurs ennemies 
en leur rappelant qu'elles sont soeurs, 
en mettant au-dessus de tout la fraternité. 
Qu'on prenne de ce biais la devise républicaine, 
on trouvera que le troisième terme 
lève la contradiction si souvent signalée 
entre les deux autres 
et que la fraternité est l'essentiel."

Henri Bergson


"Les idolâtres te paraissent plus vivants que les chrétiens.
Quoi d'étonnant ?

Les idoles tirent à elles
ce qu'il y a de meilleur dans l'homme :
elles ont besoin de notre ardeur,
elles qui, par essence, sont froides et mortes.
Elles ne sont pas Dieu 
pour s'accommoder de misères et de déchets !

Cette voracité des idoles -
leur besoin perpétuel de grasses proies -
éclaire le cycle de certains retours à Dieu.
Après avoir tari l'homme jusqu'aux moelles,
l'idole l'abandonne sur le chemin.
- Qu'ai-je à faire de toi maintenant ?
Il faudrait être Dieu pour trouver encore
quelque chose à ronger en toi !"

"L'échelle de Jacob"
Gustave Thibon, 1942




Résumé : tribune qui analyse l'échec de tout djihad intérieur qui ne repose pas sur le secours de la grâce mais qui s'appuie uniquement sur les efforts d'un orgueil mis en déroute et finalement meurtrier : ce que je n'arrive pas à réformer en mon for intérieur par mes seules forces me conduit à vouloir changer l'extérieur en cherchant quelques sujets coupables et en usant, hélas, d'une violence maladive.


L'élaboration du projet France2022 repose sur le constat de dysfonctionnements et de carences sans négliger la vision à long terme, c'est-à-dire la prospective qui cherche à anticiper les transitions ou les mutations à venir, lesquelles se produiront :

* pour remédier aux maux de la France et des sociétés actuelles  ;
* en raison de progrès résultant d'inventions prévisibles ou tout à         fait surprenantes ;
* en raison de l'accroissement de la population mondiale ;
* par effondrement des ressources d'origine fossile ;
* par le jeu des antagonismes et des alliances géostratégiques.

L'analyse fine des progrès techniques de l'humanité permet de découvrir des mouvements de fond qui affectent tous les secteurs, toutes les strates, tous les savoirs-faire, tous les outils, tous les métiers, toutes les relations ... et certaines inventions ont le don de remettre en cause beaucoup de choses à la fois. 

Il suffit de songer à l'utilisation d'un outil scripteur pour dessiner ou écrire puis à l'imprimerie et maintenant à l'informatique pour mesurer à quel point des sauts techniques sont capables de bouleverser l'histoire des hommes. Sans compter le perfectionnement des armes de chasse ou de guerre ... le premier engin automobile ou volant ... la mise en oeuvre de l'électricité ... la découverte puis la maîtrise des procédés de culture, d'élevage ou de fermentation ... 

Afin de ne pas se perdre dans l'immensité des progrès accomplis depuis la nuit des temps et jusqu'à ce jour,  il suffit de prendre de la hauteur et de constater que l'humanité fait en sorte de seconder les fonctions de l'homme à l'état de nature dans le but d'en augmenter la portée ou de remédier à certaines de leurs déficiences. Revers de la médaille : le risque de perturber gravement l'homéostasie d'un organisme vivant (être humain, plante ou animal mais aussi entreprise, corps intermédiaire, société, nation, continent ou planète) en recherche perpétuelle de l'équilibre dynamique lui assurant de pouvoir rester en vie, de se développer et de fructifier. Toutes les "prothèses" qu'inventent les hommes leur font courir des risques d'accident, de mésusage, de nuisance volontaire ou involontaire. 

En 2015 puis dans les années à venir, tout être humain a la faculté de se tenir dans une position, source d'euphorie et de responsabilités nouvelles : jamais auparavant, ne lui avait été donné de pouvoir discerner, avec autant de facilité et de bonheur, les grandes directions du progrès technique. Pour qui veut bien faire l'effort de prendre connaissance des trajectoires déjà suivies par l'humanité, l'avenir, bien loin d'être menaçant et inquiétant, apparaît au contraire tout à fait lumineux. 

Si de nombreuses incertitudes subsistent, jamais ne fut donné à l'observateur attentif autant de moyens qu'aujourd'hui pour tenter de prédire ce qui va se passer. D'où l'intérêt grandissant que peut avoir désormais la prospective ... menée de manière intelligente, magnanime, lucide et très humble voire très locale : scruter son propre avenir par l'identification des invariants et des variables de son existence actuelle. Voir à ce propos le livre récent de Jacques Attali : "Peut-on prévoir l'avenir ? Le sien, celui des autres" chez Fayard.

La vision à long terme du projet France2022 s'appuie sur l'actualité et le passé de la France sans se laisser contraindre, soit par des habitudes de pensée ou par des affirmations erronées, soit par des limitations d'espérance ou par des arguments frileux ou pusillanimes qui enferment l'esprit et le corps dans des enceintes sclérosées, des sépulcres blanchis. 

Cette approche de long terme ne se laisse détourner de son but - un projet magnanime, solide et viable pour que la France relève la tête, rayonne davantage et respecte profondément chacun, quelle que soit sa condition ... en toute humilité et pour le bien du plus grand nombre - ni par les faux-semblants mis en lumière par Michel Volle, ni par de faux-problèmes mis en avant pour dissimuler les véritables enjeux cruciaux de l'époque contemporaine. 

L'idolâtrie du confort, pour un petit nombre sur Terre, conduit bien souvent à prôner des solutions d'inspiration malthusienne qui ne tiennent aucun compte des possibilités de réduction des gaspillages et du formidable potentiel d'inventivité de l'intelligence humaine comme des trésors de bonté que peuvent susciter, dans le coeur d'un homme, la détresse et les souffrances d'autrui, si bien que dans toute situation désespérante au premier abord, l'esprit d'audace et la diligence de la charité active décèlent toujours des indices pour tracer avec courage, suivre avec ténacité et parcourir jusqu'au bout un chemin de remédiation et de salut.

A la suite de Josef  Pieper (lien vers un texte de référence sur ce philosophe donné en anglais, le texte français étant trop lapidaire dans Wikipedia) qui dénonçait l'abus d'un langage mensonger s'éloignant de plus en plus de la réalité des faits ou déformant subtilement leur récit, les tribunes du projet France2022 n'hésitent pas à entrer dans le vif du sujet selon des angles de vue trop souvent oubliés parce qu'ils révèlent les carences de l'analyse partielle voire partiale : nombreux sont les commentateurs de l'actualité qui passent sous silence des données pourtant bien attestées et pèchent alors non pas seulement par inexactitudes mais plus encore par incomplétudes, tordant de la sorte la vérité selon l'un ou l'autre de ces deux axes majeurs. 

Prendre en compte des données tues, voilées ou camouflées change radicalement les perspectives : ce qui paraissait désespérant ne l'est pas autant qu'on l'affirmait et ce qui était perçu comme intangible, comme un progrès, ... perd soudain son lustre de pacotille. Il suffit d'intégrer le nombre annuel d'avortements connus en France, au moins 220.000 par an, pour faire chuter l'espérance de vie d'une vingtaine d'années en France, la faisant passer de 80 ans à moins de 60 ans.

Pourquoi certains jeunes, élevés en France (et ailleurs), partent-ils s'entraîner pour revenir ensuite assassiner le premier venu, avec la plus grande lâcheté, tout en se prenant pour des martyrs ou en étant déclarés comme tels par ceux qui les recrutent, les excitent et les préparent à exécuter des actes de barbarie sans aucune hésitation et avec un sang froid qui parvient à glacer le coeur le plus fermé à la détresse d'autrui ? Sont-ils seulement animés par le nihilisme le plus abject ? Sont-ils mûs par la seule volonté de puissance d'un ego surdimensionné et totalement déséquilibré ? De quelles maladies spirituelles et corporelles sont-ils atteints ?

Pourquoi des jeunes qui devraient se mettre au service d'oeuvres de vie avec enthousiasme et pleins de générosité choisissent-ils, au contraire, de participer à des massacres et de se livrer, corps et âme, à la remorque d'une destruction systématique de constructions anciennes, de structures vitales pour des centaines de milliers d'habitants ? Pourquoi agissent-ils en fanatiques ? De quelles idolâtries sont-ils les esclaves ? Par qui, pourquoi et dans quels buts sont-ils armés ?

Pourquoi (et pour quoi) cette folie morbide et destructrice, organisée avec autant de soin et de génie maléfique que celle qui broya des millions d'êtres humains en Europe, en Chine et ailleurs en Asie, en URSS ... ?  Moins figée au XXIème siècle qu'au siècle précédent en raison de la mobilité grandissante de l'existence humaine, elle lui emprunte l'absurdité de tout combat déséquilibré : il ne s'agit pas d'une guerre à proprement parler où les belligérants s'affrontent à armes quasi égales mais d'une violence d'un soi-disant fort contre beaucoup plus faible que lui. Celui qui attaque ne laisse aucune chance à sa victime, ne lui offre aucune possibilité de fuite, de défense ou de reddition. (Fait qui n'est pas nouveau, loin s'en faut, et qui eut largement cours au XXème pendant la seconde guerre mondiale ainsi que le décrit August von Kageneck dans son livre "Examen de conscience - Nous étions vaincus mais nous nous croyions innocents").

Ainsi en va-t-il, non pas seulement de terroristes minables mais bien davantage de médecins pour ainsi dire réquisitionnés par un pouvoir, lâche et veule, qui les a si bien conditionnés qu'ils peuvent participer, à toute heure, sans trop de scrupules (?), à la mise à mort de millions d'enfants qui ne demandaient qu'à voir le jour.

Plusieurs dysfonctionnements concourent à cette situation dramatique : méconnaissances ou ignorances spirituelles, éthiques, juridiques, morales, déontologiques, théologiques, métaphysiques, philosophiques, scientifiques, artistiques, religieuses, ... ; absence de magnanimité et d'humilité, perte du sens des vertus humaines, jeunesse désoeuvrée, mollesse, corruption et gabegie politiques, obscurcissement des consciences par l'empoisonnement d'un langage trompeur qui s'accommode trop souvent de demi-vérités et qui fait donc le lit des mensonges. 

Depuis des années, nos gouvernements successifs ont pris l'habitude en France de rendre notre pays de plus en plus vulnérable par la promotion et la mise en oeuvre de projets sans la moindre grandeur. Cela commence dès 1975 avec la loi dépénalisant l'avortement qui, sous couvert d'un droit, a instauré le crime d'Etat organisé contre ceux qui sont sans la moindre défense. 

Situation d'autant plus paradoxale et malsaine qu'il fut décidé quelques années plus tard de renoncer à la peine de mort pour des criminels, comme si le tout petit en gestation n'avait pas autant le droit de vivre qu'une personne potentiellement dangereuse. Situation absurde où l'on postule que le tueur s'amendera et deviendra fréquentable après des années de prison tandis que l'enfant à naître n'aurait pas sa place parmi nous. 

Si l'on estime, selon une perspective qui ne peut-être que surnaturelle, que le violeur et le tueur auront leur place en société, qu'est-ce qui empêche, d'un point de vue simplement naturel, et a fortiori surnaturel, de penser que celui qui va naître n'aurait pas la sienne ? Si l'on pense qu'une prise en charge, un accompagnement ... bien menés arriveront à permettre la réinsertion d'un criminel, pourquoi s'imaginer qu'une éducation de qualité, même moyenne, ne parviendrait pas à favoriser l'insertion de toute personne en gestation ? A moins d'invoquer l'argument du nombre : quelques centaines de grands criminels contre des millions d'enfants, on ne voit pas pourquoi une action très improbable - obtenir la rédemption d'un condamné pour crime(s) - aurait plus de chance d'aboutir qu'une tâche habituelle : élever un enfant, même inattendu ou non souhaité. 

Il ne faut, certes pas, méconnaître le risque du handicap grave résultant d'un désamour maternel et/ou paternel a priori ou d'une situation morale voire matérielle aggravante mais, plutôt que de financer de plus en plus largement le meurtre de l'enfant à naître, il conviendrait de soutenir, matériellement et spirituellement, toutes les femmes qui hésitent encore à garder leur enfant ou qui subissent des pressions insoutenables pour les pousser à l'avortement. Voir par exemple ce reportage qui montre comment l'omerta sur l'IVG entretient des souffrances qui auraient pu être évitées par davantage de courage, de maîtrise de soi, de prudence et de justice, de magnanimité et d'humilité.

L'argument de la souffrance à venir d'un enfant a priori rejeté et quand même accepté, contre fortune bon coeur, ne tient pas non plus car cette souffrance hypothétique (mais aussi constatée) est finalement remplacée par celle d'une femme qui regrette son acte jusqu'à la fin de ses jours ou qui si elle paraît s'en être sortie indemne, développe des maladies ou des comportements qui manifestent autrement que quelque-chose en elle ne va pas. A cette souffrance de la mère, il faut ajouter, dans une perspective qui dépasse le plan visible, la souffrance de l'enfant éliminé et toutes les répercussions traumatiques que peuvent avoir sa disparition.

N'envisager que le pire pour l'enfant c'est oublier que sa venue est capable de transformer en profondeur le coeur d'une femme et/ou d'un homme, de chambouler son existence et ses croyances comme de lui donner des ailes alors qu'il ou elle pense n'avoir que des pieds de plomb parce qu'il ou elle redoute d'être incapable de faire face, d'être submergé(e) par les difficultés, les obstacles qui, pourtant, s'aplaniront souvent par miracle. Refuser l'existence terrestre au tout petit en gestation c'est prendre le risque de choisir le misérabilisme, la pusillanimité et la douleur incessante.

Tant que la société française, tout entière, ne sera pas revenue à l'esprit de gratitude qui s'émerveille de toute naissance, il est clair que bien des femmes et bien des hommes ne pourront pas accueillir le bonheur d'être parents. Les pressions intérieures que les hommes et les femmes s'infligent sont si fortes, les pressions extérieures qu'ils subissent sont si redoutables que c'est le corps intégral de la société qui doit résister sinon les femmes sont les premières victimes  et cela va jusqu'au meurtre qui risque de hanter leur conscience pendant des années.

Chaque jour, combien de médecins tuent et blessent encore plus de personnes que le 13 novembre dernier ? 

L'acte de l'avortement est si répugnant, si contraire à l'exercice de la médecine, si choquant pour toute conscience un tant soit peu éclairée, que nombre de médecins en France choisissent de ne plus prêter leur concours à l'une des plus tragiques barbaries de l'histoire des hommes : ils savent que pour faucher une vie à son commencement, il faut déployer un arsenal puissant, médicamenteux ou physique, qui atteint de plein fouet une dynamique prodigieuse. Cela ne se fait pas sans moyens redoutables. 

Nul doute qu'ils seront encore plus nombreux au fil du temps : un homme ou une femme ne passe pas un concours difficile et ne consacre pas de longues années de sa jeunesse à devenir capable de soigner et de guérir pour se transformer finalement en bourreau de service à la solde d'un pouvoir corrompu jusqu'à la moelle et même jusqu'au sommet de l'Etat puisque les anciens locataires de l'Elysée perçoivent jusqu'à leur décès des subsides qui dépassent le million d'Euros par an en cumulant toutes leurs retraites et indemnités, sans compter quelques avantages en nature ! Un véritable scandale quand on sait que certains sont  grassement rémunérés de surcroît pour la moindre de leur prestation en public. Les sommes perçues sur le dos des contribuables seraient bien utiles pour venir en aide à ceux qui manquent du nécessaire et notamment aux femmes qui hésitent à garder leur enfant pour des questions d'argent. Le projet France2022 prévoit de faire cesser cette confiscation par quelques-uns de sommes qui reviennent de droit à des personnes beaucoup plus nécessiteuses.

Ceux qui défendent l'IVG prétendent, pour se disculper, qu'il ne s'agit que de foetus et pas encore de personne. En sommes-nous si sûrs ? L'horreur vécue en plein Paris se renouvelle chaque jour dans les coulisses de nos hôpitaux et de nos cliniques, évidemment sans le moindre écho dans certains médias inféodés aux pouvoirs mortifères mais le silence des agneaux qu'on abat ainsi finira bien un jour par faire un bruit assourdissant car deux vies ont été fauchées, celle de l'enfant et celle de la mère. Si lui n'a plus la possibilité de parler directement, il lui reste le moyen de se faire entendre par la voix de sa mère qui, prenant son courage à deux mains et sans fausse honte, osera un jour témoigner en sa faveur. Ce faisant, elle retrouvera la joie d'être mère et par son audace, évitera beaucoup de drames.

Que l'on admette ou non la légitimité de cette tuerie, elle fait de notre pays, comme tant d'autres, la cible de choix de tous ceux qui estiment que l'occident (mais pas seulement lui !) mérite un châtiment pour son inconduite. Ceux qui administrent les coups de la revanche n'ont aucune leçon à donner en matière de bienséance, de morale ou d'éthique. Cela ne les empêche pas de s'arroger le droit de punir notre pays puisqu'ils le jugent infidèle. Criante stupidité, bien sûr. Dieu ne veut pas la mort du pécheur mais qu'il se repente et qu'il change de voie. 

Dieu ne demande pas à d'anciens ou perpétuels délinquants de faire régner la terreur pour que d'autres se convertissent. Le spectacle d'une confusion totale et d'un apparent non sens absolu n'a jamais permis à quiconque de revenir à davantage de justice, plus de compassion ou de compréhension durables ; d'abandonner ses folies pour choisir de se comporter plus sainement et plus saintement. 

L'absurdité des massacres du 13 novembre fera dire à certains que l'homme est décidément un loup pour les autres, que le monde est bien pourri, que les musulmans sont ceci, la France cela, les services de renseignement ceci, la diplomatie française cela ... 

Combien seront-ils ceux qui s'interrogeront sans se laisser décourager par l'horreur ; se mettront en marche pour lutter avec patience, non d'abord contre des dysfonctionnements externes mais contre ce qui, en eux, fait obstacle à l'avènement d'un monde pacifié et capable d'accueillir tout être humain comme une bénédiction ?

Le mariage pour tous est venu bêtement ajouter une couche au constat de décadence que les adversaires de la France, de l'Europe et d'ailleurs se plaisent à dresser pour légitimer leurs exactions.
Si nos parlementaires avaient pris à coeur la défense du peuple français, ils auraient évité une telle idiotie. Certains en sont au contraire tout à fait fiers car ils en font un acte de résistance contre la barbarie des pourfendeurs de la relation homosexuelle. Ils oublient qu'il existe des moyens autrement plus intelligents d'obtenir le respect des personnes, quels que soient leurs agissements et leurs choix de vie. 
Davantage de fermeté diplomatique voire économique à l'égard des pays qui laissent libre cours aux vengeances, aux moqueries, aux tortures et aux exécutions sommaires des personnes jugées "non conformes" ou "anormales" aurait beaucoup plus d'effet que cette espèce de provocation imbécile consistant à instaurer un mariage, soi-disant "pour tous", ce qui s'appelle se foutre de la gueule du monde et tend à faire miroiter un faux espoir à tous ceux qui ne rencontrent jamais l'âme soeur ou pensent ne pas la rencontrer. C'est aussi contribuer à diminuer encore le crédit d'un pays qui n'aura finalement plus grand chose d'intéressant à apporter dans le monde s'il continue à pratiquer le ski hors piste. Cela ne fait qu'engendrer des avalanches meurtrières. Que peut en effet défendre un pays qui se prétend "normal" jusqu'au plus haut niveau mais qui n'hésite pas à multiplier les actes médicaux prénataux pour éliminer le plus possible toute déficience jugée anormale ? Ainsi en va-t-il de la trisomie 21. Les Etats qui pratiquent l'élimination ou qui mettent au banc de la société les "anormaux" pour leurs comportement jugés "déviants" auront beau jeu de rétorquer à la France qu'elle est la première à pratiquer largement l'élimination de l'innocent soit pour des raisons médicales aberrantes soit pour assurer le confort de tous ceux qui redoutent l'arrivée d'une nouvelle vie jugée problématique, emportés qu'ils sont par des pensées délétères. Parmi les 8 à 10 millions de victimes de l'avortement en France depuis 1975, combien seraient devenus délinquants ? Une infime poignée ! A chaque génération, naissent et/ou grandissent des "monstres", des "barbares", des "cinglés" ... ainsi dénommés par ceux qui sont le plus durs envers l'anormalité. Penser que des conditions initiales déplorables, difficiles ou non idéales déterminent automatiquement une existence pitoyable  c'est se tromper lourdement sur les immenses capacités de rebond, de résilience, d'entraide qui se mettent en oeuvre autour des personnes en difficulté et, contrairement à ce que l'on entend dire et répéter, l'humanité progresse chaque jour dans le sens d'une prise de conscience et d'une prise en charge de plus en plus fines, efficaces et chaleureuses de la détresse d'autrui. A l'inverse, penser que des conditions initiales en apparence favorables (ou qui le sont réellement) suffisent à engendrer des personnes saines d'esprit et de comportement, c'est oublier la responsabilité personnelle et la (fausse) liberté individuelle qui peut conduire quiconque à devenir délinquant et criminel.
Les combats, les attentats, les guerres, les crimes ... même répandus sur la planète représentent une minuscule part de la réalité terrestre car, si le mal dispose maintenant de moyens très puissants, le bien en dispose également. A chacun de nous de savoir en user dans le sens d'un bien véritable et non pas en faveur de maux présentés comme des biens par des artifices de langage, des raisonnements foireux ou des mensonges grotesques. 
Ce qui précède semble contredire ce qui était dit au paragraphe précédent : ne pas chercher en dehors de soi ce qui fait obstacle à la paix mais chercher d'abord en soi. Contradiction apparente qui se résout bien simplement : à trop détériorer les conditions ou l'environnement de l'existence humaine, une politique imbécile en vient à rendre très difficile voire quasi impossible le seul djihad légitime, celui qui consiste à se réformer d'abord soi-même. En effet, quand de très graves exactions comme le meurtre de l'enfant dans le sein de sa mère sont présentées comme des actes banals voire faussement légitimes (puisque légaux), les consciences finissent par ne plus avoir de repères solides. C'est alors qu'une société dans son ensemble, un pays tout entier et même tout un continent se trouvent embarqués dans une course folle que des esprits fatigués, échauffés ou déréglés, pensent pouvoir arrêter par d'autres meurtres. Peine infernale : demain d'autres enfants seront encore tués par de pauvres femmes qui se diront : "Dans ce monde de fous (??), je préfère "assassiner" mon enfant plutôt que de le voir un jour tomber sous les balles d'un tueur embusqué ou devenir criminel faute d'avoir pu l'élever décemment." Raisonnement, pourtant bancal ou incomplet, qui ne tient pas compte de la réalité et de la vérité : votre enfant, Madame, Mademoiselle, Monsieur, a autant de chances de tomber ainsi que de gagner un jour le gros lot à un jeu d'argent ... Beaucoup d'autres enfants ne verront pas le jour à cause de raisonnements analogues alors qu'il aurait suffi que leur mère et leur père entendent et comprennent que le malheur n'est jamais sûr puisqu'il représente, à l'échelle de la planète, une part infime de la réalité humaine comme le rappelle justement Matthieu Ricard et que ce malheur est voué au néant dans une perspective eschatologique : à la fin des temps, seul le bien véritable subsistera pour le bonheur des bienheureux tandis que le mal sera jeté en pâture à ceux qui auront choisi de s'en nourrir de manière exclusive. 

Il en est, hélas, qui ont des nausées à la seule idée que l'on puisse distinguer le bien du mal mais qui, à la première injustice selon leur point de vue, se réveillent soudain pour dénoncer le mal qu'elle signifie ou révèle. Cette incohérence ne peut empêcher de considérer que l'un et l'autre ne se valent pas ; de dire à temps et à contre-temps que la situation du pécheur - notre condition commune - est redoutable : celui ou celle qui commet un mal objectif risque de prendre la fâcheuse habitude d'aller de plus en plus loin dans le vice et dans la torture d'autrui.

De nombreux commentateurs ont affirmé que le commando contre Charlie Hebdo en janvier 2015 s'en était pris à la "liberté d'expression". C'était aller un peu vite en besogne. Certes, il a tenté de faire taire les artisans d'un hebdomadaire qui s'exprimaient sans aucune retenue mais ceux-là oublient que, malheureusement, les assassins se sont mobilisés pour une guerre "sainte" (faussement sainte évidemment : seule est sainte la Paix) pour défendre leur citadelle contre les assauts des moqueurs et de la dérision à bon compte. Qu'ils aient usé de ce prétexte de l'attaque en abusant de qualificatifs caricaturaux (blasphèmes, crimes, ...) ou en grossissant l'offense pour exprimer leur volonté de toute puissance et alimenter le moulin de la terreur ne doit pas nous dispenser de réfléchir sur nos propres comportements de soi-disant "civilisés". 

Ce n'est pas en tournant en dérision un prophète, un religieux, une religion, une autorité morale, un pouvoir quelconque ... que l'on fait avancer d'un pouce la civilisation. On obtient, en revanche, une excitation qui tourne parfois au drame quand l'offensé se sert du prétexte de l'offense pour alimenter sa propagande ou pour exécuter ses plans maléfiques, pour asseoir son pouvoir policier ou dictatorial. Ainsi, parler de radicalisation de l'islam revient à méconnaître sa transposée : islamisation de la radicalité dans laquelle, les offenses supposées ou réelles contre l'islam, deviennent du pain béni pour tous les révolutionnaires en mal de terrain de jeu. Ils auront tôt fait de prendre le prétexte de la soi-disant défense de l'islam, d'une religion soit-disant offensée, d'un Coran soi-disant non respecté, d'une charia mal appliquée, ... pour instaurer leur loi sanglante partout où ils rencontreront, soit une résistance molle, soit une configuration rêvée pour la justification de leurs exactions. 

Au fond, non seulement notre législation devient de plus en plus permissive faisant de la France la risée de ceux qui cherchent le plus petit argument pour s'en prendre à elle mais, de surcroît, certains se croient autorisés en France à tourner en dérision un adversaire qui n'en demande pas tant pour se déchaîner. Jeu absurde qui conduit à une escalade de la violence, des deux côtés, et provoque des catastrophes sanglantes. N'importe quel adversaire assez rusé n'hésitera pas une seconde à s'auto-justifier, à sanctifier au besoin les pourfendeurs de la France et ceux qui commettent l'irréparable au nom d'Allah ou d'un autre. 

Nous parlons de "terroristes" pour désigner ceux qui commettent des atrocités sur notre sol alors qu'eux-mêmes se prennent pour des héros. Sont-ils donc si fous que cela ? Ne le sommes-nous pas à leurs yeux ? Ne se considèrent-ils pas plutôt comme des résistants en lutte contre des Etats qu'ils jugent sataniques, mécréants et barbares ? Ne veulent-ils pas simplement abattre des sociétés qu'ils trouvent perverties jusqu'à la moelle, qui n'hésitent pas à se déclarer massivement athées (ce qui revient tout simplement à dire soit que l'univers est éternel soit que Dieu s'en est retiré) et qui manifestent leur athéisme par le sort qu'elles réservent à beaucoup de leurs enfants sans même essayer de les sauver, par l'établissement de lois qui leur paraissent tout à fait contraires à l'ordre divin tel qu'ils le conçoivent ? 

Sourire d'une telle hypothèse risquerait de nous faire passer à coté d'un levier d'action puissant : comprendre enfin qu'une partie de notre jeunesse en a assez de l'hypocrisie d'une société qui affirme, haut et fort, vouloir le bien de tous, sans aucune discrimination, sans la moindre intolérance, ... mais qui, en sous main, par des manipulations grossières, odieuses et scandaleuses, organise minutieusement les circonstances favorables à la perpétuation de crimes quotidiens contre les membres les plus fragiles en son sein et, comble de l'ironie, contre ceux qui ont le plus grand potentiel de vie ; une société devenue aussi incapable d'entendre la rancoeur de tous ces jeunes laissés pour compte parce que broyés par une machine économique qui tourne à vide au seul profit de quelques "élites" confortablement assises aux manettes d'un colosse aux pieds d'argile ou de quelques réseaux fort actifs pour ôter à la France toute dignité. 

En dernière analyse, avortements et chômage de masse sont intimement liés. Ils expriment à la face des générations montantes une haine sordide : celle que vouent des rentiers ou leurs comparses à l'égard de toute jeune pousse, elle qui prendra un jour la place d'une plante devenue bien grasse à force de faire de l'ombre à celle qui voudrait voir la lumière. 

Dans un pays où l'obscurcissement des consciences est devenu monnaie courante, les pseudos martyrs de la guerre "sainte" se font exploser comme des sentinelles désespérées (et encore plus désespérantes) en s'imaginant que quelques étincelles vont suffire à nous réveiller de notre torpeur et à jeter une lumière bienfaisante sur nos égarements. 

Il est urgent de dire haut et fort à cette jeunesse désoeuvrée et complètement perdue qu'il existe bien d'autres moyens de lutter à armes égales, sans aucune barbarie, par des actions magnanimes et généreuses, par le souci des pauvres, par une parole de vérité, ... afin qu'advienne un monde plus juste mais demeurant imparfait jusqu'à la fin des temps. 

Il est urgent aussi d'apprendre à tous ces jeunes en manque de terrain de combats judicieux que le premier vrai combat commence par la réforme de soi, jour après jour, éminemment patiente et humble, par un djihad de chaque instant qui vise, non pas à détruire les "mauvais" qui m'entourent, mais à chasser sans relâche du temple intérieur de ma conscience les démons de la bêtise, de l'ignorance, de la luxure, de la gourmandise, de la suffisance, de l'ingratitude, de l'orgueil, de la jalousie, de l'envie, de la paresse ou de l'acédie ...

La prudence la plus élémentaire devrait nous inciter à mieux comprendre les ressorts du déferlement de haine réciproque qui jette l'un contre l'autre des Etats armés jusqu'aux dents et des bandes d'égorgeurs que d'autres Etats alimentent en matériel de guerre. L'un de ces ressorts tient à de très graves méconnaissances du rôle majeur des religions et de la nécessité pour les membres de chacune d'elles de s'exprimer vigoureusement dans toutes les circonstances où des hommes perdent de vue l'essentiel et se fabriquent des idoles très dangereuses.

Ainsi en est-il de l'idôlatrie du confort et son corollaire boursouflé en France : l'idôlatrie de la rente de situation où les plaisirs d'état dominent tous les autres plaisirs. Ordre abominable dans lequel chacun essaie d'obtenir un poste ou une position qui le mette à l'abri des vicissitudes du temps et des aléas de l'existence. Une fois obtenue, la situation de rente sera défendue bec et ongles, jusqu'à l'aberration la plus totale.

Ainsi en est-il de l'idolâtrie du sacrifice sanglant comme si un sacrifice d'êtres humains ou d'animaux pouvait plaire à Dieu et nous obtenir des faveurs qui ne nous seraient pas déjà offertes à profusion. Faucher tant de vies humaines avant la naissance peut-il donc apporter un mieux être à tous ceux qui souffrent la faim et le dénuement, sont victimes d'atrocités, sont déportés, massacrés ou torturés ? Ne s'agit-il pas plutôt d'assurer notre confort en évitant d'être dérangés par la venue de gêneurs potentiels, de rivaux, de contradicteurs ... ? 

Tirer sur des passants, des personnes attablées ou présentes à un spectacle apporte-t-il une once de mieux être au reste du monde ? Par un curieux renversement de perspective, on dira : "Oui ! Voyez la solidarité qui s'est manifestée dans l'épreuve !". Encore un jugement hâtif  et même pervers ou dangereux qui oublie que cette générosité est capable de se mobiliser sans qu'il soit "nécessaire" de s'enfoncer dans la barbarie. Les miracles qui se sont produits dans les camps de concentration durant la seconde guerre mondiale et bien des années plus tard sont là pour témoigner des trésors d'imagination et des ressources admirables du coeur humain. Reproduire encore et encore des sacrifices sanglants en s'en prenant au hasard à n'importe lequel d'entre nous, à des cibles humaines bien choisies, à des objectifs civils ou militaires, aux plus fragiles et à des êtres sans défense, c'est piétiner, mépriser l'intelligence humaine et la bonté foncière d'un être créé à l'image et à la ressemblance d'un Dieu Miséricordieux par excellence. C'est aussi désespérer des autres en se plaçant au-dessus du commun des mortels dans un élan d'orgueil infernal. 

Ainsi en est-il de l'idolâtrie d'un ordre politique qui serait idéal, où les rouages de l'Etat seraient si bien huilés et les différents pouvoirs si bien régis qu'aucun homme n'aurait plus le loisir de se fourvoyer, de se tromper, de fauter, de mal faire, de spolier un plus faible que lui ... Il manque aux adorateurs d'un tel système la connaissance d'une parole lumineuse du Christ au sujet du bien et du mal quand Il recommande de ne pas arracher l'ivraie de peur de porter atteinte au bon grain. 

Vouloir à toute force que la cité, une région, un pays soit gouvernés sans ratés, sans aucune corruption et dans le respect absolu des préceptes divins c'est méconnaître la pâte humaine, la faiblesse de la chair entendue dans un sens très large (non pas seulement la peau, les viscères, les sens, les tendances nuisibles, les crispations sur un avoir toujours en péril, l'éducation reçue, les expériences vécues, ses pouvoirs, ses positions, ses sécurités, ... mais tout ce qui fait l'homme actuel, en particulier tout ce qu'il a reçu en héritage en l'acceptant plus ou moins bien - ce que St Paul qualifie justement de "vieil homme" en chacun de nous - par opposition à l'homme en devenir, l'homme spirituel, vivant ... qui se renouvelle sans cesse), c'est se leurrer profondément sur la tentation récurrente de tout homme et pas seulement de telle ou telle catégorie, de tirer quelque avantage de sa position au sein d'une organisation aussi parfaite soit-elle sur le papier. Non, il n'existe pas un système politique idéal. Aucune solution miracle ne parviendra jamais à instaurer sur terre un régime exempt de défauts.

Un tel constat n'invite pas à se résigner et à passer sur toutes les malversations dont nous sommes aujourd'hui les témoins au sein des dictatures comme de nos démocraties. Au contraire. Chacun de nous a la faculté d'agir à son échelle en réformant sa façon de vivre pour ne pas être complice d'un ordre crapuleux et en se donnant les moyens de bousculer cet ordre sans pour autant aller s'en prendre au premier venu ou tirer au hasard sur des personnes rassemblées. Ajouter ses propres exactions à celles d'un pouvoir corrompu ne fait que renforcer le dit pouvoir et le rendre encore plus odieux.

Notons enfin qu'en démocratie, il existe toujours des moyens de s'exprimer et de révéler la corruption ou l'indigence d'un pouvoir en place. Nous en avons eu récemment la preuve à propos du projet d'inscription dans la Constitution de ladite "déchéance de nationalité". Voir par exemple à ce sujet l'article : "La déchéance de nationalité, une aberration aux antipodes du droit français traditionnel" publié par le Rougeetlenoir.

Pour aller plus loin : P. Frédéric Louzeau intervenant au Collège des Bernardins le 4 février 2016 à propos des libertés menacées.






lundi 16 août 2010

France 2022 : Génie et sainteté en France


"Les nations ont besoin 
  de héros et de saints
  comme la pâte a besoin de levain."





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Jeanne d'Arc


Musée des Beaux-Arts, Reims


« Depuis le sommet où il s’est perché,
l’orgueilleux regarde toujours vers le bas, 
et, évidemment, il ne voit que des êtres ignorants, faibles, vicieux. 
Il les considère avec mépris 
et il se promène partout gonflé du sentiment de sa supériorité. 
Mais en étant toujours satisfait de lui-même, 
il n’avance pas.
Tandis que celui qui regarde vers le haut 

aperçoit des êtres plus évolués, plus sages, plus lumineux, 
et, là, par comparaison, 
ses défauts commencent à lui apparaître. 
Il se sent tout petit à côté ; 
il devient humble, 
et c’est cette humilité qui le grandit. 
Parce qu’en fixant son attention sur ces êtres, 
en les admirant, 
il ne reste pas sans rien faire : 
il travaille, il fait des efforts, 
il voudrait tellement devenir comme eux ! 
Et c’est ainsi qu’il avance. »

Omraam Mikhaël Aïvanhov






A la mémoire du Colonel Arnaud Beltrame


"Quand on va à l'étranger, on se rend compte combien la France est considérée comme un grand pays, par son histoire et sa géographie, sa culture et ses réalisations. La France a une vocation singulière. Quand on rentre au pays, on a le sentiment inverse : la France a tendance à se dévaloriser, se culpabiliser et se lamenter. N'ayant pas conscience de sa grandeur, elle n'a pas vraiment confiance en elle. Pour avoir été chef d'état-major de la première armée européenne et de la seconde armée occidentale en opérations, je ne me lasse pas de dire et de redire à tous les Français que je rencontre : la grandeur du pays est là, à nous de nous l'approprier ! "



Pierre de Villiers
"Qu'est-ce qu'un chef ? " p. 173 - 174


Au coeur de l'été 2010, la France est sous une pluie d'automne. "Temps de Toussaint" peut-on lire à la une. Légitimement contrariés par le froid et la pluie, si nous sommes en vacances, comment allons-nous retrouver le moral dont nous aurons besoin au retour de nos congés ? 

Sortant de nos maisons et de nos prisons mentales pour aller voir ailleurs, nous découvrons la chance d'être arrosés même quand le soleil devrait être au rendez-vous. 

Dans l'aquarium de Paris, laissons-nous transporter à Gaza par les amis de la terre au Moyen-Orient pour retrouver la joie d'habiter une terre où l'eau est abondante quand ne sévit pas une période de sécheresse, où les enfants ne souffriront pas de problèmes entretenus et aggravés par un conflit apparemment sans issue ... à moins que la question de l'eau, vitale pour chaque parti, ne contraigne les hommes à s'entendre s'ils ne veulent pas périr en grand nombre.

Terre aride, altérée, sans eau ou jardin à ciel ouvert, baigné par le soleil et fécondé par des pluies généreuses ? Parmi les nations de notre planète, quelle est celle qui peut se prévaloir d'un climat aussi clément et généreux que le nôtre ? Que serait la France si elle prenait davantage au sérieux et accueillait avec plus de reconnaissance les dons du ciel qui l'abrite ? Un pays qui ne douterait plus, non pas de sa vocation universelle - quel pays n'est pas appelé à rayonner au-delà de ses frontières et jusqu'aux limites de la Terre ? - mais des chances que lui offre sa géolocalisation exceptionnelle. Nous y reviendrons car nous devons d'abord redécouvrir qu'un autre ciel n'a pas ménagé ses peines pour nous offrir aujourd'hui l'un des plus sublimes manteaux étoilés que l'on puisse imaginer et concevoir. 

C'est en portant un regard neuf, admiratif et très émerveillé, sur les plus belles heures dont la France fut le théâtre que nous retrouverons le goût et le courage d'avancer malgré les vents contraires, en dépit des crises - parfois salutaires - qui nous découragent d'agir ensemble. Si les temps difficiles que nous aimerions traverser au plus vite avaient le mérite d'orienter nos efforts vers les plus belles pages de notre histoire, nous pourrions nous réjouir d'avoir eu à les affronter : ils n'auraient pas seulement ouvert nos yeux ; ils auraient dilaté notre coeur, libéré nos esprits et nos mains pour un service passionné de tout homme, considéré non plus comme un rival ou un ennemi mais accueilli comme un frère.


Intermède

"A l'école, nous avions eu quatre classes de suite le même manuel d'histoire, nous étions censés étudier une période chaque année : d'abord l'Antiquité glorieuse, des cités phocéennes aux conquêtes d'Alexandre ; puis les Romains, les Byzantins, les Arables, les croisés, les Mamelouks ; ensuite les quatre siècles de domination ottomane ; enfin les deux guerres mondiales, le mandat français, l'indépendance ... J'étais, quant à moi, bien trop impatient pour attendre le déroulement du programme. L'histoire était ma passion. Dès les premières semaines, j'avais parcouru tout le livre, je ne me lassais pas de le lire et relire, les pages s'en étaient trouvées, l'une après l'autre, pliées, froissées, écornées, abondamment soulignées, maculées de gribouillis, de notes, d'interjections en guise de commentaires ; à la fin il ne restait plus de l'ouvrage qu'une piteuse pelote de feuilles effilochées."


Les Echelles du Levant, p. 11
Amin Maalouf

Cet été 2010, la question de l'histoire de France et de son enseignement est revenue à la une de l'actualité. A cette occasion, nous avons pu observer comment les débats prennent un tour polémique parce que les divers interlocuteurs sont devenus incapables de s'entendre sur un périmètre, sur une fonction et un but, sur une manière de faire. Certains mettent en avant les variations du territoire français au fil du temps pour démolir la notion d'histoire de France en cassant l'acception même de France ! Où l'on voit à quel point d'auto-anéantissement nous risquons de tomber quand on coupe les cheveux en quatre. Pourquoi ne pas dire que le périmètre actuel définit à rebours le périmètre qu'il convient d'étudier de manière historique : si certaines régions de la France d'aujourd'hui n'ont pas toujours fait partie de notre pays, qu'est-ce qui empêche de les inclure maintenant dans une présentation historique des événements ? 

Pour qui s'intéresse au mouvement des frontières : "Histoire de l'Europe", vidéo dans laquelle ce mouvement est présenté depuis 400 avant Jésus-Christ jusqu'à nos jours pour l'Europe et le bassin méditerranéen (son à baisser ...). Dans le même style pour le monde entier : vidéo de 16 minutes (idem pour le son !).

Ergoter sur l'espace géographique occulte une question beaucoup plus importante : quels événements prendre en compte ? On découvre alors que c'est l'enseignement de toutes les disciplines qui aurait intérêt à ne pas négliger les aspects historiques. Un seul exemple illustrera cette thèse : ce qui a dégradé l'enseignement des mathématiques en France, ce n'est pas l'introduction des mathématiques modernes dans les années 70 mais la volonté folle de faire table rase du passé en usant d'un langage parfois ridicule et censément incompréhensible pour le commun des mortels. La marche arrière opérée dans les années 80, comme un retour de manivelle, a effacé les bénéfices d'une approche moderne - essentielle aux développements techniques, notamment informatiques, et à une compréhension renouvelée des mathématiques - sans apporter d'emblée de regain significatif en faveur d'une présentation historique de cette science même si, heureusement, des efforts ont été accomplis en ce sens depuis.

En généralisant le souci d'une prise en compte des événements, les polémiques vaines touchant à l'extension du périmètre tombent d'elles-mêmes : il est évident qu'en étudiant n'importe quelle discipline d'un point de vue historique, nous sommes amenés à voir ce qui s'est passé au-delà de nos frontières. Poussant plus loin le raisonnement, nous réconcilions deux points de vue qui ont trop tendance à s'opposer : en découvrant et en apprenant des faits, des notions, des savoir-faire, ... toutes choses qui constituent une culture et un savoir, on ne perd pas de vue l'autre versant, celui qui consiste à devenir capable d'envisager toutes choses dans ses principales dimensions : historique, actuelle et future, théorique et pratique, économique et sociale, inerte et vivante, matérielle et immatérielle, naturelle et surnaturelle, corporelle et spirituelle ...

Chacune de nos mémoires est une terre qui ne demande qu'à être travaillée, ensemencée, nourrie et abreuvée pour être peuplée de souvenirs qui donneront à notre intelligence et à notre volonté d'être actives au service de tous, sans exception. Apprendre le français peut-il être encore perçu comme un pensum par celui qui comprend qu'à travers cette langue, il a désormais accès aux trésors les plus exaltants ? Aux trésors écrits par des locuteurs natifs, par des amoureux francophiles et encore par tous les traducteurs qui ont mis à notre disposition les chefs d'oeuvre du monde entier. 

Quand nous envisageons l'avenir de la France, sommes-nous assez attentifs à son insertion au sein d'un espace francophone dont la diversité est saisissante et dans lequel chaque membre apporte une contribution majeure quelle que soit sa taille, sa puissance, son degré de développement ... ? Métropole, départements et territoires d'outre-mer, Belgique, Suisse, Québec, Afrique francophone, Pays dits de l'est, Vietnam, Liban, Syrie, Moyen Orient, ...

Savons-nous, mesurons-nous la chance que nous avons d'habiter un pays largement ouvert sur l'extérieur ? Il suffit d'un seul passionné bilingue pour ouvrir la porte d'un palais à une multitude.

Palais est trop faible ! La traduction étend, devant celui qui veut bien regarder, une contrée, une région, un royaume, un continent à explorer. Incapable d'entendre et de comprendre le message venu d'ailleurs en raison de la barrière linguistique, l'explorateur se trouve soudain au contact d'autres modes de perception et de pensée. Le miracle de la traduction lui rend accessible des sommets qu'il n'aurait pu atteindre par ses seules forces. L'expérience d'une seule lecture réjouissante et profitable d'un livre traduit en français est en mesure de convaincre l'esprit le plus récalcitrant ou celui qui serait gêné par l'emphase de tels propos : "N'est-il pas exagéré d'affirmer que la traduction ouvre des horizons aussi vastes ?". 

Ouvrons "Le problème de la souffrance" de Clive Staple Lewis et lisons. Combien de lecteurs resteront insensibles à la vérité qui émanent de ces pages, au parfum enivrant de l'alliance parfaite entre intelligence, bonté et humilité ? Qui ne comprendra alors l'inanité et l'absurdité d'entretenir les divergences qui ont pu séparer les Anglais et les Français ?

En d'autres circonstances et en poussant la curiosité, le lecteur découvrira même dans les livres d'auteurs étrangers un regard original sur la littérature française qui lui ouvrira de nouveaux horizons. Ainsi en est-il par exemple de l'approche novatrice de l'écrivain croate Ivan Merz qui, lors d'un séjour à Paris, révèle en se penchant sur l'oeuvre de grands écrivains français, l'influence du culte et de la liturgie : "L'influence de la liturgie sur les écrivains français de 1700 à 1923"Cette clef de lecture venue d'ailleurs montre la fécondité des rencontres que la fascination d'une langue et d'une culture est capable d'engendrer.

Malgré les erreurs et approximations de leur traduction et publication en français, qui restera insensible aux révélations du Père Gabriele Amorth au cours d'entretiens avec Marco Tosatti parus dans un livre au titre bref : "Confessions" et sous-titré (faussement) : "Mémoires de l'exorciste officiel du Vatican", livre traduit de l'italien par Serge Filippini et publié chez Michel Lafon en 2010, (éditeur malheureusement entraîné ici par les dérives du sensationnel qui font le lit de l'incrédulité) ? Le lecteur y découvre un monde démoniaque qui tente d'agir en cachette pour passer inaperçu et faire davantage de mal.

En acceptant de concentrer ses efforts sur ce qui en vaut la peine, le citoyen, conscient de ses responsabilités, n'accédera pas seulement aux fruits des génies et saints de son pays mais aux jardins les plus exotiques et les plus éloignés de ses repères habituels. Il saisira avec plus d'acuité le drame de l'ignorance et de l'indigence qui frappe tous ceux qui, sous prétexte de conserver des richesses mangées par les vers et rongées par les mites, tentent de fermer les frontières de leur pays aux influences venues d'ailleurs. Le témoignage de Francis Collomp, otage au Nigéria, apprenant à l'un de ses geôliers âgé de 20 ans que la terre est ronde, montre à quel degré d'ignorance conduisent des positions fermées à l'extrême.
   
Au fur et à mesure qu'avance notre vie, nous prenons conscience de la valeur du temps. Parmi toutes les oeuvres qui attendent notre bonne volonté, comment choisir celles qui éveilleront notre sensibilité et transformeront notre coeur de pierre en coeur de chair ? Le génie des belles lettres et des beaux-arts, seul, est-il capable d'engendrer cette métamorphose sans laquelle nous nous agitons en vain ? 

Agir pour soi, pour son propre compte, pour défendre les intérêts de ses proches devient une tâche de plus en plus ardue dans un monde où la multiplication des mouvements et des chocs produit une élévation de la température, où le solide tend à fondre tandis que ce qui est liquide s'évapore. Le réchauffement climatique, qu'il soit accéléré par l'activité des hommes pour les uns ou qu'il ne le soit pas pour les autres, traduit en somme, sur le plan géologique, l'emballement qui gagne nos coeurs, nos esprits et nos corps, notre planète tout entière. 

Où puiserons-nous la sérénité et la tranquillité d'âme plus que jamais nécessaire pour une prise de décision qui ne tourne pas à la catastrophe ? Que dire alors, par surcroît, des décisions politiques et des discours publics qui ont un retentissement très large ? 

Ajouté le 12 juillet 2019 :

Pays de volailles colorées et si diverses, notre France compte un grand nombre de plumes talentueuses ! En guise d'intermède, voici une lettre inventée par David Brunat à l'adresse de Cédric Villani, le 11 juillet 2019, après sa défaite à l'investiture pour les élections municipales de 2020 à Paris, lettre dans laquelle Henri Poincarré félicite son confrère pour son travail en politique et se réjouit d'un retour possible de notre champion dans le giron mathématique, loin des chausse-trappes d'une politique épineuse et filandreuse.

Saurons-nous préférer ce qui ne fait pas de bruit à la fièvre médiatique ? Aurons-nous l'audace de choisir ce qui ne paye pas de mine ? Voulons-nous éprouver la joie de celui qui désire peu mais le plus haut : "Le peu de connaissance qu'on atteint touchant les connaissances les plus hautes est plus désirable qu'une science plus certaine des choses moindres. " (Saint Thomas d'Aquin).

Tout projet présidentiel et le projet France 2022 ne seraient pas complets s'ils n'incitaient pas chaque citoyen à cultiver le meilleur de ses talents. Prévoir des changements judicieux et réussir à les mettre en oeuvre ne suffit pas à donner plus de coeur à une nation, à lui rendre confiance, à l'inviter au dépassement : une telle évolution dépend aussi de la mobilisation de chacun, qu'il ait une responsabilité dans la conduite des affaires publiques ou qu'il n'en ait pas. (Tribune : Gestes politiques à la portée de chacun d'entre nous).

On ne redira jamais assez combien le monde contemporain a besoin de personnes qui s'engagent à contribuer au bien de tous plus qu'à chercher les moyens d'accroître leur rétribution, d'améliorer leur position ou leur confort. L'abnégation requise pour développer cette attitude ne se commande ni ne se décrète. Elle résulte d'une connaissance toujours plus nette des véritables enjeux de chacune de nos vies et d'une connaissance plus parfaite de Jésus-Christ qui nous conduit à l'imitation du don total de sa Personne. (Voir à ce propos le témoignage bouleversant et saisissant d'André Levet).

Comment découvrir ces enjeux sans être pris par l'orgueil ou tenté par le désespoir ? Comment joindre l'audace et l'humilité ? John Wu (lien en anglais) pense que la simplicité est la clef de cette alliance mais sans l'aide de Dieu, et plus précisément du Saint-Esprit, la simplicité ne s'acquiert pas facilement : 

"Lui seul peut réunir harmonieusement des tendances qui, normalement, devraient grincer. C'est Pierre de Bérulle qui dit de Saint Augustin : "Considérez ce grand saint : il a, par un pouvoir singulier de Jésus-Christ et de sa grâce, des bénéfices qui humainement sont incompatibles ; il est très savant et très humble, ce qui se voit rarement ; il est très spéculatif et très actif, ce qui n'est pas moins rare ; et, au lieu qu'en la plupart des docteurs, on ne rencontre que la science, on trouve en celui-ci un certain sel de sapience qui fait goûter ce qu'il dit et qui, par un privilège qui n'est pas commun, fait passer la vérité de l'esprit au coeur". Le Saint-Esprit qui élit sa demeure dans l'âme d'un saint transforme tous ses talents, savoir, intelligence et vertus en combustibles pour le brasier d'amour. Seul un feu maigre peut s'étouffer sous la recharge. Le brasier consume tout ce qu'on lui offre. Et l'âme du saint est un brasier : plus on l'alimente, plus la flamme est vive." 

(Le carmel intérieur, John Wu, Casterman 1958, p. 130).

Quelles oeuvres anciennes vont revenir à la surface de notre époque, quelles oeuvres remonteront demain ? Quelles réalisations spirituelles, caritatives, politiques, artistiques et scientifiques vont traverser les siècles et demeurer capables d'inspirer les générations à venir ? 

Alors que la numérisation des documents et le réseau Internet multiplient les possibilités de contact, nous pourrions être tentés de croire à la fin des intermédiaires, de tous ceux qui jusqu'à maintenant jouaient le rôle de témoin en étant des traits d'union entre hier et aujourd'hui. Pourtant, bientôt submergés par l'afflux de sollicitations en tous sens, capables d'accéder à une multitude d'informations, nous comprenons vite que, sans l'aide de tiers instruits, l'abondance de biens immatériels n'est qu'apparente : nous aurons besoin, de plus en plus d'amis véritables qui sauront respecter le champ de nos engagements et de nos devoirs, aussi ordinaires soient-ils, et diriger nos pas vers les sources les plus limpides et les plus sûres tant il est vrai que choisir ses lectures (Tribune de Michel Volle), choisir ses nourritures spirituelles, choisir où s'abreuver n'a rien d'immédiat.

Le politique, broyé par l'intensité de ses responsabilités, plus que d'autres, devra à un cercle d'intimes complètement désintéressés et à une multitude priante de garder les pieds sur terre et la tête au ciel pour décider, dans les moments les plus rudes, de sauvegarder l'intérêt général, le bien commun et la vie des plus humbles quand d'autres, mal intentionnés ou malheureusement dans l'erreur, auront juré d'avoir sa peau, son honneur ou ... gain de cause. 

Les décennies que nous venons de vivre et qui nous ont épargné d'autres guerres n'ont pas pour autant éloigné la violence des combats politiques. Sans perdre de vue le triomphe ultime de la Vérité et de l'Amour, nous devons rester attentifs aux luttes sourdes mais bien réelles qui se trament encore et ne manqueront pas, à chaque nouvelle échéance électorale, d'envahir le champ médiatique comme un volcan sous marin dégaze heureusement à la surface des eaux lui évitant ainsi d'exploser.

Nous fêtions le 25 août 2010 saint Louis, roi de France qui disait : "Les hommes sont étranges ; on me fait un crime de mon assiduité à la prière et on ne dirait rien si j'employais des heures plus longues à jouer aux jeux de hasard, à courir les bêtes fauves, à chasser aux oiseaux." (In Parole et Prière, août 2010, p. 249)

En 2010 et depuis longtemps, nous disposons en France de quoi alimenter notre réflexion, nourrir notre esprit aux sources les plus vives. Les âmes de bonne volonté ont cette possibilité en permanence : il ne se passe pas un jour où le soleil se couche sans qu'elles n'aient eu part à un repas spirituel qui les rassasie et leur donne l'élan pour avancer, le courage de tenir bon. 

Comment ne pas laisser résonner en son coeur un enseignement de grande qualité tel que celui-ci : "Dans la parabole des vierges sages et des vierges folles (Mt. 25,1-13) quand ces dernières manquèrent d'huile, il leur fut dit : " Allez en acheter au marché. " Mais en revenant, elles trouvèrent la porte de la chambre nuptiale close et ne purent entrer. Certains estiment que le manque d'huile chez les vierges folles symbolise l'insuffisance d'actions vertueuses faites dans le courant de leur vie. Une telle interprétation n'est pas entièrement juste. Quel manque d'actions vertueuses pouvait-il y avoir puisqu'elles étaient appelées vierges, quoique folles ? La virginité est une haute vertu [...] Moi, misérable, je pense qu'il leur manquait justement le Saint-Esprit de Dieu. Tout en pratiquant des vertus, ces vierges, spirituellement ignorantes, croyaient que la vie chrétienne consistait en ces pratiques. Nous avons agi d'une façon vertueuse, nous avons fait oeuvre pie, pensaient-elles, sans se soucier si, oui ou non, elles avaient reçu la grâce du Saint-Esprit. De ce genre de vie, basé uniquement sur la pratique des vertus morales, sans un examen minutieux pour savoir si elles nous apportent - et en quelle quantité - la grâce de l'Esprit de Dieu, il a été dit dans les livres patristiques : " Certaines voies qui paraissent bonnes au début conduisent à l'abîme infernal " (Pr 14,12) [que l'on traduit aussi : "Tel chemin paraît droit au début mais, en fin de compte, c'est le chemin de la mort"]