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mercredi 21 juin 2017

France 2022 : Nouvelle organisation municipale

Le nombre de municipalités en France (36.000 communes) est encore aujourd'hui presque supérieur au total des municipalités de tous ses autres partenaires européens (voir par exemple : tableau des communes d'Europe) ! Nombre pharaonique pour multiplier les pouvoirs locaux à une époque où ils étaient en mesure de s'imposer. Epoque révolue dans un monde ouvert, dans un espace planétaire où la France occupe une place de plus en plus marginale. A l'horizon 2050 avec une population mondiale de plus de neuf milliards, le village gaulois n'est plus une petite enclave de l'Armorique : il a les dimensions de la métropole tout entière ! Que dire alors d'une multitude de communes françaises à l'échelle de la planète ? De taille lilliputienne, comment veut-on qu'elles répondent de manière adéquate aux besoins anciens et nouveaux de leurs habitants ? C'est chose impossible. 

Le constater froidement, ce n'est pas méconnaître une spécificité remarquable ! La multiplication des lieux de pouvoir a, en effet, engendré une diversité admirable et des modes de vie qui ont tenu compte, au plus près, de la géographie, du terrain, du climat, de l'environnement immédiat ... Diversité que nous retrouvons dans la multiplicité des vins, des fromages, des outils, des recettes, des savoir-faire et des éléments de langage propres à chaque contrée française. Soit une richesse prodigieuse que les Encyclopédistes de la fin du XVIIème et du XVIIIème siècles n'ont pas manqué de relever et de consigner pour la postérité.

Pour remédier, AUJOURD'HUI, à un état de fait très préjudiciable à notre pays, il est prévu dans le projet France2022 :

- de regrouper les municipalités françaises afin d'en diviser le nombre au moins par 36 pour passer de 36.000 à 1000 ;

- de conserver tous les noms de lieu actuels ;

- de créer une école de formation permanente
des personnes en charge d'exécutifs territoriaux.

Objectifs principaux :

- sortir du modèle étatique français hyper centralisé qui infantilise les communes quand il ne cesse pas de restreindre leurs prérogatives ;


(Voir entre autres à ce propos la suppression de la taxe d'habitation et de la réserve parlementaire en 2018 donnant lieu à des débats parlementaires houleux parce que fort mal posés : s'agitant dans un cadre inadéquat, celui de la dépossession par l'Etat des prérogatives naturelles de tout corps intermédiaire - les communes en l'occurrence - les parlementaires sont incapables de s'entendre et manient l'art d'une argumentation qui tente de faire mouche dans l'instant mais qui s'avère indigente après réflexion).

- mettre en place un modèle commun de municipalité
tout en favorisant l'épanouissement original
de chaque commune ;

- harmoniser les pratiques de gestion d'une municipalité à l'autre ;

- faciliter l'expérimentation et la duplication ou la transposition
de bonnes pratiques de gestion nouvelles, d'innovations remarquables qu'elles soient techniques, artistiques, culturelles, ... ;

- favoriser une plus grande autonomie des municipalités
sans perdre de vue leur nécessaire complémentarité
et le bénéfice qu'elles peuvent tirer
d'échanges de proximité ou plus lointains ;

Pour ce dernier point, le projet France2022 
prévoit de donner beaucoup plus de poids aux municipalités
dans le gouvernement et l'administration de leurs territoires
dans les domaines énergétiques, alimentaires, ...
et plus généralement, des biens et services de première nécessité :
nourriture, logement, santé, éducation, transport, sécurité, ...


Ces municipalités nouvelles seront, entre autres, capables (puisqu'armées pour cela par un Etat redevenu intelligent) de réaliser l'inventaire des richesses locales sur tous les plans afin de les faire fructifier dans un esprit, non plus de clocher ou partisan, mais dans un élan qui vise à embellir, soigner, développer, protéger, faire connaître ... en sachant faire le tri entre valeurs vitales et valeurs de moindre importance.

Pour devenir des "villes intelligentes", capables de s'adapter aux changements en cours, de les anticiper, de les préparer et de les mettre au service de leurs habitants, nos communes ont besoin de changer de périmètre.

Pour aller plus loin : "Villes intelligentes", article de Claude Rochet sur le blog de l'Institut de l'iconomie publié le 10 novembre 2014.


Titres de cet article dans d'autres langues :


Neue Gemeindeorganisation

New municipal organization

منظمة البلدية الجديدة


Նոր քաղաքային կազմակերպության






udal antolakuntza berria




নিউ পৌর প্রশাসন






Новая гарадская арганізацыя




Nove opštinske organizacije







Нова общинска организация


Nova organització municipal







新的市政机构




新的市政機構






නව නගර සභා සංවිධානය




새로운시의 제도






Nouvo òganizasyon minisipal




Nova općinska organizacija






Ny kommunale organisation




Nueva organización municipal



Nova urba organizo




Uus olmejäätmete organisatsioon






Uusi Kuntaorganisaatiossa




Nije gemeentlike organisaasje






New Municipal buidhne




Νέα δημοτική οργάνωση






ארגון עירוני חדש




नई नगर निगम के संगठन


France2022 : Organisation territoriale et mandats


Cette tribune actualise l'une des toutes premières tribunes du projet France 2022 parue en 2010.

Elle répond en partie à la question : comment sortir d'un jacobinisme aux effets désastreux (mais pas seulement ! ) pour la France ? 

[Ajout du 2 octobre 2017] Plus généralement : comment parvenir à une meilleure synergie entre pouvoir central et pouvoirs locaux ? Question qui se pose en France comme dans tout pays où le pouvoir central étrangle les pouvoirs locaux (voir l'intéressante réaction d'un maire à ce propos) et tente d'imposer son organisation, pourtant déficiente à bien des égards, à des pouvoirs locaux qui ont le sentiment, justifié ou pas, d'être les premières victimes des errances dudit pouvoir. Ainsi voit-on surgir de multiples tentatives de séparation ou de sécession au sein des nations le plus souvent constituées de régions qui n'aspirent qu'à une seule chose : davantage d'autonomie et qui, par conséquent, réclament, à corps et à cris, le respect du principe élémentaire de subsidiarité qui, bien mis en oeuvre, ne s'oppose jamais à une saine communion. 

L'histoire récente du scrutin organisé en Catalogne en est une illustration emblématique : à force de vouloir imposer à tous des règlements et des dispositions uniformes et soit disant "universels", les peuples, fiers de leur identité singulière et de leurs particularités, finissent par se révolter et ce d'autant plus que la comparaison entre le présent et le passé leur paraît tout à fait défavorable au présent. Le pouvoir central indigent devient alors le bouc émissaire de prédilection de ceux qui ne voient d'autre salut que de s'en détacher. Encore faudrait-il que les pouvoirs locaux soient eux mêmes exempts de tout reproche.

N'oublions pas non plus que certains empires peuvent être tentés par la volonté d'affaiblir l'Europe, non que ce soit fondamentalement leur intérêt dès lors qu'ils comprennent les conséquences néfastes qu'auraient pour eux une telle dégringolade mais plutôt pour de simples questions d'ego voire de vengeance personnelle comme on en trouve tant dans l'histoire politique de nos contrées ... Voir à ce sujet une carte de la balkanisation de l'Europe ... tout entière !

Le projet France2022 prend le problème à bras le corps en prévoyant d'établir un socle territorial beaucoup plus solide qu'il ne l'est aujourd'hui en raison de l'émiettement des responsabilités et d'un manque de moyens locaux adaptés aux défis du monde actuel : chaque territoire doit être pensé, aménagé et développé en lui octroyant la plus grande autonomie possible tout en lui évitant de sombrer dans les pièges de l'autarcie et de l'autosuffisance orgueilleuse. 

Le modèle par excellence d'une organisation respectant le principe de subsidiarité existe : il suffit de s'intéresser de près à la façon dont l'Eglise catholique romaine fonctionne et l'on découvrira qu'avec peu de moyens selon l'esprit du monde (qui préfère des finances abondantes, une main d'oeuvre corvéable à merci, les multiples formes de corruption, le mensonge et les dettes abyssales, ...) elle parvient à rayonner sur de très vastes territoires. Au niveau politique, une telle organisation peut être valablement transposée moyennant quelques aménagements spécifiques aux champs profanes et en tenant compte, notamment, des modes de fonctionnement complémentaires des églises orthodoxes, protestantes et catholiques orientales. Il y a en elles une richesse insondable qui, si elle était reçue avec passion, gratitude et admiration, sortirait nos pâles démocraties européennes d'une crise sans précédent.


Ce qui suit servira surtout d'os à ronger à tous les détracteurs du projet France2022 : la réorganisation politique et donc territoriale de la France est beaucoup plus complexe que ne le laissent paraître les lignes ci-après !


Ayant à gouverner des municipalités plus importantes, au moins dix fois plus grandes en moyenne qu'aujourd'hui en France, les nouveaux gouverneurs municipaux institués par le projet France2022 se consacrent à plein temps à leur municipalité.


Il sont secondés par un vice gouverneur et des ministres municipaux également à plein temps.




Au niveau national, députés et sénateurs sont maintenus mais en nombre nettement restreint.


L'échelon départemental est désormais gouverné par sa province d'appartenance et contrôlé par un préfet, représentant de l'Etat. 


L'échelon national - troisième niveau républicain - délégant la totalité de la gestion courante aux municipalités et aux provinces assure pleinement désormais son rôle de contrôle et sa mission essentielle de lien et même de communion entre ces deux seules collectivités territoriales - la municipalité, premier niveau républicain et la province, deuxième niveau républicain - qui ne doivent pas être conçues, perçues ou utilisées seulement comme des positions qui s'équilibrent, des pouvoirs qui se neutralisent ou se compensent.


Dans un monde en pleine mutation, comment peut-on croire et espérer qu'une nation où les différents niveaux de pouvoir ne fonctionnent pas en synergie arrive à se maintenir dans la tourmente et à progresser au rythme requis par les évolutions en cours ?




Les conseillers régionaux actuels sont supprimés : chaque nouvelle province est gouvernée par un gouvernement provincial construit sur le modèle du gouvernement national.



Le gouvernement national actuel est maintenu.

Son rôle est cependant transformé : n'ayant plus à s'occuper des affaires courantes, il concentre ses efforts sur :


- la coordination et l'encadrement des politiques         
  territoriales ;

- l'organisation de l'émulation entre les provinces et les municipalités par le recueil et la diffusion des bonnes pratiques territoriales ;

- le contrôle des gouvernements territoriaux ;

- le rayonnement de la France dans le monde,

   et plus particulièrement en Europe ;

- son rôle d'articulation entre le niveau provincial et le niveau continental ;

- le recueil d'informations stratégiques

   à destination de tous les acteurs ;

- la prospective et la préparation de l'avenir ;

- l'actualisation et l'amélioration des traités internationaux qui lient la France et ses partenaires.




Non cumul des mandats et mandats complets :

Au cours d'une mandature, une même personne, élue ou nommée, exerce un seul mandat.



Cependant les gouverneurs municipaux, au nombre de 1000 sur tout le territoire métropolitain de la France, sont membres d'une assemblée par province, soit une assemblée de 200 gouverneurs environ par province.





Tout mandat, sauf impondérable, commence et prend fin à chaque échéance électorale : un ministre, à quelque niveau que ce soit, un parlementaire, un conseiller, ... exerce son mandat du début jusqu'à la fin d'une mandature.



Celui qui démissionne d'un mandat n'a pas la possibilité de se présenter à une autre élection politique tant que la mandature correspondant au mandat qu'il a quitté n'est pas arrivé à son terme.



Quasi simultanéité des rendez-vous électoraux :



Afin de renforcer le principe de non concurrence et de coopération en bonne intelligence, entre les différentes niveaux d'intervention des deux gouvernements territoriaux (municipal et provincial) du gouvernement national et de la représentation nationale au sein du Parlement européen, afin d'assurer une plus grande continuité des actions publiques, un seul rendez-vous électoral est organisé tous les six ans.



Le délai de six ans semble long à certaines personnes.

Il est ponctué par des consultations intermédiaires qui ont pour but, non de désigner de nouveaux gouvernants, mais de permettre aux électeurs de choisir entre différentes options présentées par les gouvernants.

Toute prévision de dépense d'un niveau exécutif entraînant un déficit budgétaire ne pourra être décidée sans l'accord d'une majorité des citoyens concernés.


Choix des ministres municipaux, provinciaux et nationaux :



A l'exception des ministres de la justice, tous les autres ministres, à quelque niveau que ce soit, ne sont plus choisis mais élus.


Même l'élection présidentielle est désormais une élection de liste dans laquelle le Président candidat est tête de liste.


Toute élection d'un niveau exécutif produit un résultat final non panaché : la liste arrivée en tête au premier tour avec plus de 30% des voix ou davantage (à préciser) ou la liste arrivant simplement en tête au deuxième tour, exerce seule le mandat gouvernemental qui lui a été confié par les électeurs.

Une liste n'obtenant pas 10% au premier tour ne peut se maintenir au second tour.

Au niveau municipal, ceux qui ont échoué ont la possibilité de siéger au conseil municipal qui vote le budget tous les trois ans seulementsoit deux fois au cours d'une mandature municipale. Ce conseil municipal rassemble les ministres municipaux rémunérés comme tels et des bénévoles simplement et symboliquement indemnisés : bénévoles issus des partis politiques et aussi de la société civile. Le mode de désignation des conseillers non ministres est décidé au niveau provincial.


Aux niveaux national et provincial, le nombre des acteurs de l'exécutif est en nette diminution par rapport à ce qui se pratiquait en 2010. Ce nombre est renforcé (plein temps) au niveau municipal.

vendredi 4 mars 2016

France2022 : Principes pour favoriser une saine Union Nationale



"Celui qui ne M'aide pas à rassembler, disperse"

Lc 11 : 23




"Notre civilisation 
sursaturée de connaissances 
et de moyens de savoir  
  offre tant de masques et de faux appuis 
  que l'homme ne sait plus 
   ce qu'il sait et ce qu'il ignore."  

  Jean Guitton (1901-1999)



Le jeu démocratique et l'économie de marché se ressemblent sur un point névralgique : au fil du temps s'installent des monopoles, quelques dominants, des oligarques permanents qui tentent d'empêcher le renouvellement des positions et, pire encore, le règlement juste, efficace et efficient de problèmes lancinants au sein de la Nation française. 

Pour être plus précis, chaque acteur essaie de passer devant, d'être le premier et d'imposer sa loi, qui à l'arène politique, qui au marché. Voilà deux théâtres où s'exaspèrent les passions au détriment du bien véritable de tous. 

Le mouvement de l'histoire finit toujours par balayer la prétention de ceux qui voudraient figer la hiérarchie, mais à quels prix ? 

Au double prix d'une lenteur désespérante et d'une stérilisation massive de l'économie ou de la vie politique : les jeunes pousses ont bien du mal à percer et à renouveler un paysage qui en aurait bien besoin. 

Au prix encore de révolutions sanglantes lorsque des groupes minoritaires mais armés décident d'en découdre avec les "autorités" en place, pouvoirs usurpés et devenus si indigents qu'ils engendrent des soulèvements censément odieux puisqu'ils se manifestent toujours à l'encontre d'un bouc émissaire choisi d'abord comme cible prioritaire puis à l'encontre de tous ceux qui ne voudraient pas se joindre au "combat" désormais engagé alors que ces victimes collatérales ont vite compris qu'un mouvement d'enragés ne règle aucun problème majeur et qu'au contraire, il les aggrave. Ainsi en fût-il de l'une des plus funestes périodes de l'histoire de la France : la révolution de 1789. 

Depuis cette date, les pouvoirs corrompus ont été remplacés par d'autres pouvoirs, aussi corrompus sinon davantage, et le sommet de l'Etat est plus gangrené que jamais puisque cette révolution a mis à bas le principe d'une autorité supérieure, non pas irréprochable évidemment, mais garante de l'unité du pays. Tandis que sous l'Ancien Régime, le monarque devait s'imposer face à des notables détenant un pouvoir économique mais non politique et à des princes en quête d'une puissance toujours plus grande, nous avons aujourd'hui un "monarque" qui fait semblant de régner : n'ayant plus à maintenir l'unité du royaume, n'ayant plus à contenir des frondes, il devrait s'employer à consolider l'unité de la Nation au lieu de quoi, nos chefs de l'Etat, choisis en dépit du bon sens, passent leur temps à diviser les Français en appliquant un programme ubuesque dans la plus crasse impréparation.

Pour remédier à l'état de déliquescence d'une démocratie mal organisée, tantôt idolâtrée, tantôt ridiculisée, le projet France2022 prévoit de modifier en profondeur les façons de manager les entreprises et d'exercer les responsabilités politiques. 

En ce qui concerne les entreprises, la question a déjà été abordée à propos du temps de travail humain : il est prévu de faire en sorte que, désormais, les responsabilités managériales soient partagées et non plus exercées par une seule personne, autrement dit que les postes de direction soit occupés par un tandem. Cette mesure ne résout pas, bien entendu, la rigidité des positions de marché qui demande la mise en place d'autres outils tels que l'essaimage entrepreneurial. 

Néanmoins, l'imitation et la transposition de cette mesure dans le domaine politique permettra une plus grande mobilité et une meilleure efficience des acteurs. Elles permettront aussi de retrouver une efficacité perdue depuis des lustres. Assorties d'un garde-fou parlementaire, elles éviteront le détricotage par les uns de ce qu'ont fait les autres. Détricotage d'autant plus absurde qu'il défait ce qui devrait être mis à l'épreuve du temps tandis qu'il laisse subsister les mesures telles que l'IVG, le "mariage pour tous (?)" ou l'euthanasie, toutes ces mesures dangereuses parce qu'elles consistent en licences accordées à la hâte sur des sujets d'une extrême gravité. 

Désormais, ce sont les deux partis arrivés en tête des élections qui devront s'entendre pour gouverner ensemble en appliquant un principe nouveau : non pas un partage des postes ministériels (par exemple) sur la base d'un compromis mais un gouvernement avec, à la tête de chaque ministère, deux ministres devant s'entendre pour prendre toute décision, deux ministres issus de deux formations politiques différentes, les deux qui auront "gagné" les élections.

Il faut en effet que cessent enfin les querelles de personnes qui enveniment les débats et conduisent les uns comme les autres à radicaliser bêtement leurs positions, ce qui les rend incapables de trouver le juste équilibre dynamique et de conduire des politiques de long terme.  Il ne s'agit pas, bien entendu, d'avoir la prétention utopique d'éliminer les rivalités de tempéraments, les antipathies instinctives ou historiques, les heurts inévitables entre des personnes aux parcours très différents mais il s'agit de mettre un garde-fou à toutes les disputes stériles, à tous les affrontements qui résultent d'un cadre politique déficient.

Au lieu de prendre le temps d'analyser les causes profondes des maux de la France, les acteurs politiques n'agissent que sur les symptômes, sur des risques surévalués et des dangers sous-évalués, pour donner des gages à une majorité fragile qui menace à tout moment de ne plus les soutenir. Ces mêmes acteurs politiques, terrorisés par les menaces de groupes minoritaires mais influents, ont fini aussi par oublier les attentes d'un peuple qui n'a guère de temps à perdre en élucubrations fantaisistes, étant lui-même préoccupé par la résolution de problèmes quotidiens beaucoup plus terre-à-terre mais essentiels : trouver un travail, pouvoir s'y rendre à un coût et en temps raisonnables, se loger, se nourrir, être au calme, trouver un médecin, un bureau de poste, un accès Internet ...

Le pourrissement du débat et de l'action politique a conduit notre pays au bord d'une faillite imminente, non seulement d'un point de vue économique et financier mais aussi structurel, civique, patrimonial, juridique, militaire, moral, spirituel, fonctionnel et humain. Au lieu de prendre les problèmes du moment à bras le corps, beaucoup de nos politiciens ont passé leur temps à se doubler sur leur gauche ou sur leur droite, davantage préoccupés par leur carrière et la satisfaction de leur ego que par les soucis majeurs préoccupant les Français dans leur vie quotidienne.

Il faut, de plus, que nos ministres prennent du recul et ne soient pas toujours sur le grill, c'est-à-dire, au bout du compte partout à la fois et nulle part, laissant la bride au cou de cabinets ministériels plus préoccupés de communication, de coups médiatiques et de tactique politicienne que des affaires publiques. Ces deux ministres n'agiront jamais seuls en public et devront se préparer à intervenir ensemble. Contrainte forte destinée à empêcher quelques déclarations intempestives et même ridicules d'un ministre isolé.

Il s'agit donc de contraindre les acteurs politiques à voir au-delà de leur petit pré carré. Il s'agit de les amener à respecter les positions d'autrui sans les caricaturer et sans verser dans l'attaque ad hominem, faute d'avoir pris le temps de parvenir à une vaste et profonde synthèse qui embrasse des points de vue différents et parvient à les transcender, selon les principes de la fameuse "synthèse des hétérogènes", chère à Paul Ricoeur à la suite de Algirdas Julien Greimas.

A ces nouvelles dispositions, s'ajoutera un principe élémentaire de continuité complètement bafoué de nos jours, générant ainsi un amateurisme inquiétant au niveau le plus haut de l'Etat. Actuellement, un ministre peut être débarqué à tout moment, sans le moindre préavis et même de manière honteuse. Ce n'est pas sain. Cette façon de faire suscite et encourage l'exercice de pouvoirs occultes qui dirigent les choses en sous-main de sorte que tout ministre fraîchement nommé se trouve au milieu d'une arène dont il ne parvient à comprendre les codes et les usages qu'au bout d'un temps beaucoup trop long, parfois même trop tard. C'est absurde et nuisible. Inutile d'aller chercher plus loin une grande partie de l'impuissance politique en France. 

Nous avons des ministres qui, sauf exception rarissime, sont comme des marionnettes aux mains de plus habiles qu'eux-mêmes, c'est-à-dire quelques personnages qui préfèrent agir dans l'ombre et dans la durée plutôt que d'être exposés au suffrage universel (?), à la vindicte populaire ou médiatique ... ou tout autre méchanceté émanant de spectateurs avides de coups bas et de jeux du cirque romain. 

Le projet France2022 prévoit un passage de témoin ministériel qui dure assez longtemps pour que le tandem ministériel succédant au précédent reçoive suffisamment d'informations clés sur l'exercice d'un pouvoir qui ne va pas de soi : un ministère et une administration ont besoin d'avoir à leur tête un pouvoir POLITIQUE (et pas seulement technique) assez fort pour que ne règnent pas en catimini quelques éminences tout heureuses de n'avoir à rendre de compte à personne et qui se régalent de se comporter en apprentis sorciers sur des sujets qui mériteraient beaucoup plus de réflexion non partisane. De tels sujets ne manquent pas puisqu'ils empoisonnent régulièrement l'espace public français, faute d'un règlement pertinent et bien ajusté de problèmes complexes.

Les principes esquissés ici doivent être, cela va de soi, affinés et rendus aisément applicables. Ils supposent une baisse importante des rémunérations des ministres en contrepartie d'un temps libéré pour une saine prise de recul. Nos ministres doivent avoir le temps de continuer à se cultiver, à s'occuper de leur famille, à voir leurs amis, à se reposer, à agir sans avoir à se doper ou à se droguer. Rien n'est plus malsain que cette surcharge de travail soudaine pour une seule personne qui peut être, de surcroît, peu familière des rouages de l'Etat. Il est en effet naturel et sain que des postes ministériels soient, dans certaines circonstances, confiés à des personnes qui n'ont pas nécessairement une longue expérience du fonctionnement du sommet de l'Etat mais qui, en revanche, ont une excellente connaissance des champs d'action d'un ministère.

Le projet France2022 prévoit d'étendre les principes du tandem et de la continuité à tous les postes ministériels qu'ils soient au niveau national (postes que nous connaissons aujourd'hui), au niveau provincial (rassemblement de plusieurs régions avant le remembrement récent) et au niveau municipal (rassemblement de communes actuelles). Soit en définitive, trois niveaux exécutifs.

L'affinement des principes esquissés se comprend d'autant mieux que le projet France2022 remet à l'honneur un principe fondateur dans toute vraie démocratie : le principe de subsidiarité. La réorganisation du gouvernement national est une chose, celle d'un gouvernement provincial ou municipal en est une autre. Rien ne dit, au stade actuel de l'analyse, qu'il faille reproduire, sans ajustements, le même schéma à tous les niveaux exécutifs. En tout état de cause, un exécutif  "inférieur" doit avoir la faculté de s'organiser comme bon lui semble tout en respectant une philosophie générale de gouvernement qui permette une consolidation au moins financière, économique et sociale à tout échelon "supérieur".

Disons même, d'emblée, que les différents niveaux de ministère doivent agir selon des perspectives qui leur sont propres : un gouvernement municipal agit foncièrement sur un territoire, au plus près des habitants et des visiteurs de son champ d'action ; un gouvernement provincial doit coordonner les projets inter-municipaux, veiller aux grands équilibres et intervenir en cas de défaillances d'un gouvernement municipal ; un gouvernement national coordonne, veille et intervient, si nécessaire, au niveau d'une province. Il doit, de surcroît, être capable d'harmoniser les pratiques en étant non seulement directif quand cela est nécessaire (par exemple à propos de cursus scolaire) mais, plus encore, prospectif. Un gouvernement national doit travailler sans relâche à l'articulation nation-Europe et nation-reste du monde. Il a enfin un rôle capital à jouer dans la détection des bonnes pratiques afin de leur permettre de faire école dans tous les lieux du pays où leur transposition peut être justifiée.


Agissant selon des perspectives différentes, les trois niveaux de gouvernement s'organiseront donc pour des missions qui n'ont pas la même envergure et qui portent sur des "objets" de natures variées. Nous avons trop vu à l'oeuvre un Etat français, omnipotent bien que grossièrement impuissant, et soucieux de régir la vie de chaque individu dans ses moindres détails avec les piètres résultats que  nous constatons chaque jour. Il est temps de revenir à un mode de gouvernement national qui tienne compte de l'existence des multiples corps intermédiaires de la nation et qui ne prétende plus régenter toutes choses dans ses moindres détails. Mode de gouvernement insensé qui aboutit à la multiplication de textes jamais appliqués, mal appliqués ou inapplicables. Textes qui, lorsqu'ils sont enfin appliqués, produisent plus de dégâts qu'ils n'en réparent et qui aboutissent à une paralysie dramatique des initiatives pourtant heureuses d'un corps social étouffé par une réglementation kafkaïenne.

Le projet France2022 prévoit d'asseoir le nouveau mode d'organisation des différents niveaux d'exécutif sur une nouvelle perception de l'impôt : non plus le mode descendant actuel dans lequel le niveau national se taille la part du lion et redistribue de plus en plus chichement ses subsides en perte de vitesse aux collectivités locales les plus habiles tout en se montrant follement dépensier mais un mode ascendant dans lequel ce sont les premières républiques, les municipalités, qui décident du niveau de l'impôt et le collectent au premier chef. Décisions et perceptions sont encadrées de manière souple par les provinces et l'Etat de telle façon que les municipalités puissent disposer de marge de manoeuvre assez grande pour adapter les prélèvements aux conditions locales et aux perspectives d'avenir. La réorganisation des prélèvements s'accompagne d'un contrôle renforcé des dépenses publiques car il ne suffit pas de dégraisser le mammouth étatique national pour obtenir une gestion beaucoup plus saine de l'argent public. Nombre de collectivités territoriales en France ont engagé des dépenses insensées qui mettent en péril l'économie locale de toute une région faute d'un contrôle supérieur adéquat : on ne peut attendre d'un Etat français mal organisé et dispendieux la capacité d'exercer un contrôle suffisant sur des collectivités qui prennent modèle sur lui pour dépenser à tout-va et arroser les copains des élus locaux en poste. Dans la nouvelle organisation des pouvoirs exécutifs et de la gestion financière des trois niveaux républicains, la corruption et le gaspillage sont limités par un contrôle renforcé d'autorités indépendantes et par la mise en place d'un contrôle des citoyens qui doivent avoir leur mot à dire sur tout dépassement budgétaire, non seulement en amont, lors des élections mais tout au long de la mandature, chaque fois qu'une décision risque de porter atteinte à l'équilibre des finances publiques.

Traitant ici sommairement des questions financières, il semble que nous nous éloignions du sujet de cette tribune : comment favoriser une saine Union Nationale. L'analyse de la situation actuelle de la France montre cependant que le gaspillage de l'argent public, inauguré depuis plus de quarante ans par des "élites" (ou "oligarchie") méprisant un peuple industrieux et laborieux, participe au délabrement de l'Union Nationale de même que des soucis pécuniaires, dans tout corps intermédiaire, met en péril sa cohésion et l'entente de ses membres car lorsque l'argent vient à manquer, le temps de prendre des décisions douloureuses rappelle cruellement à certains qu'il va falloir vivre sur un autre pied. 

Comme des familles en viennent à se déchirer et des entreprises à se décomposer, la Nation française menacée de faillite risque fort de vouloir trouver les coupables et, poussée dans un élan d'épuration malsain, de martyriser d'innombrables innocents. Ce qu'elle a déjà entrepris, sans se l'avouer, en éliminant chaque année plus de 200.000 enfants à naître. La correspondance des dates est frappante pour qui veut bien ouvrir les yeux : dès 1973, une politique de dépense et d'emprunt absurde ou hasardeux (voir aussi) est engagée et l'IVG est déjà dans les cartons. Sont alors au pouvoir des hommes qui se moquent de l'avenir comme de l'an quarante, qui n'ont d'autres soucis que de faire carrière et de briller sur la scène internationale, tout en écrasant en métropole tout ce qui pourrait leur faire de l'ombre ou révéler leurs turpitudes cachées ; tout en se laissant manipuler par des officines qui ont beau jeu d'exploiter leurs faiblesses inavouables : par la menace de révélations compromettantes, ces officines ont réussi à leur faire prendre des décisions  désastreuses pour le peuple français.

En 2017, l'écoute attentive des différents candidats à l'élection présidentielle (quand leur est donné un temps de parole équitable et un lieu d'expression assez posée) et la lecture de leur programme, renforcent le besoin d'une cohésion nationale mise à mal par tant d'années d'errance politique. Pour qui veut bien prendre le temps d'analyser chaque proposition, apparaît nettement que chacun des candidats apporte une pierre honorable (mais souvent très insuffisante) à l'édifice en dépit des erreurs que chacun peut commettre. 

Le projet France2022 a pour ambition d'établir un mode de gouvernement évitant de prendre les décisions et d'émettre des dispositions nouvelles, non urgentes, tant que n'est pas établi un consensus assez large entre différents partis, non seulement sur le diagnostic mais encore sur les solutions et remèdes à apporter. Une saine Union nationale bien conduite produit peu de textes et de nouveautés farfelus. Elle prend au contraire des décisions quasi unanimes après avoir pris le temps de peser les avantages (cf. la méthode des avantages de St Ignace) et de concilier les intérêts censément divergents.