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samedi 25 avril 2020

France2022 : Mille et une raisons de garder son enfant en Europe comme en maints endroits du globe


1. En cette période d'assignation à résidence (printemps 2020) comme en tout temps et, plus encore de nos jours, mener une grossesse à son terme surpasse n'importe quelle autre action. L'exploit le plus improbable, l'acte le plus héroïque, l'invention la plus extraordinaire ... ne sont rien ou pas grand chose en regard d'une gestation et d'une mise au monde d'un être humain au milieu de tous les périls qui guettent la vie naissante. Chacun se doute que nous n'insisterons guère sur les dangers connus de tous et si bien mis en avant par des groupes d'influence qu'il paraît de plus en plus téméraire de ne pas avoir recours à l'IVG dès que la moindre difficulté se présente. Nous allons au contraire montrer ici qu'il est possible de trouver mille et une raisons de garder son enfant et de ne pas attenter à sa vie.

2. Cette tribune vient consolider l'un des piliers et même la colonne vertébrale du projet France2022. Elle est dans le droit fil des tribunes antérieures : "Abolition de la peine de mort pour les tout petits en gestation" et "L'IVG, un droit fondamental ?". Nous allons commencer par les raisons matérielles pour être en phase mais aussi en contradiction avec une époque qui ne juge souvent des situations qu'à l'aune des facilités techniques offertes par la multiplication des innovations, par l'abondance des ressources énergétiques jusqu'ici disponibles et par les progrès époustouflants d'une multitude d'arts et de sciences.

3. Vu sous l'angle des progrès techniques, disons d'emblée, au risque de choquer les plus fervents partisans de l'IVG, qu'il n'a jamais été aussi sûr et aussi simple de mettre au monde un enfant en Europe comme dans n'importe quel pays un tant soit peu organisé et ouvert aux bénéfices indéniables que nous offrent d'innombrables domaines de connaissance. Il faudrait être aveugle et de très mauvaise foi pour ne pas reconnaître cette évidence : jamais une femme enceinte n'aura bénéficié d'autant de garanties quant à l'issue favorable de sa gestation (*). Seule sa volonté mal inspirée et/ou mal aiguillée par des âmes en perdition est en mesure de mettre un terme brutal à un processus qui ne demandait qu'à s'achever en joie et en plénitude. Qu'elle fasse taire en elle les voix qui lui intiment de choisir une forme de suicide ou qu'elle refuse d'écouter les sornettes de son entourage et elle verra que ce qui pouvait paraître insurmontable de prime abord s'accomplira en toute simplicité, de façon merveilleuse et pour le plus grand bien de tous, en dépit des prophètes de malheur et des oiseaux de mauvais augure qui prétendaient lui annoncer le pire. Bien des femmes courageuses ont déjà prouvé par l'exemple de leur vie que le pire ou la catastrophe ne sont jamais sûrs et qu'il faut se garder de prêter l'oreille à tous les faux sachants qui ne manquent jamais de noircir de leurs aigreurs l'avenir de leurs proies : ces cassandres s'ingénient à salir, à souiller, à détruire toute beauté qui viendrait contredire leurs sombres prédictions.

(*) Affirmer qu'il est de plus en plus simple de mener une grossesse à son terme doit toutefois être nuancé et tempéré par l'augmentation des fausses couches constatées depuis quelques années : bien des femmes enceintes se trouvent aujourd'hui plongées dans un environnement hostile qui pèse lourdement sur le travail de gestation. Cette nuance n'amoindrit cependant pas la portée du titre de notre tribune : quand un être en gestation n'a pas subi le contre coup des pressions qu'exerce sur lui un milieu défavorable à son développement au point de déclencher sa mort prématurée sans aucune intervention extérieure, les raisons de ne pas attenter à sa vie s'en trouvent renforcées (et non pas amoindries). Il avait résisté  jusqu'ici aux hostilités qui le menaçaient, pourquoi faudrait-il encore ajouter le poids d'une intervention délibérée qui mettrait un terme à sa trop brève existence ?

4. Nous n'en finirions pas d'énumérer tous les progrès matériels et immatériels qui facilitent aujourd'hui le suivi et l'accompagnement d'une grossesse puis la naissance et enfin le lent processus d'éducation et d'instruction qui permet à l'être en gestation d'accéder à la stature de l'homme debout, de plus en plus responsable de ses pensées, de ses paroles et de ses actes. Chacun et chacune pourra, à sa guise, en dresser une liste et s'apercevoir, jour après jour, qu'il manquait encore d'innombrables éléments auxquels les premières recherches n'avaient même pas songé.

5. Faire l'inventaire des facilités qui s'offrent à toute personne de bonne volonté n'est pas simplement une sorte d'exercice pour passer le temps. C'est le point de départ d'un enjeu de vie et de mort. Il suffirait en effet que je trouve une seule bonne raison de garder mon enfant pour que celui échappe à l'avortement, le meurtre le plus sordide qui soit, en dépit des salades de mauvais goût que nous servent complaisamment tous ceux qui défendent, bec et ongles, le soi disant progrès de l'IVG. Il suffit d'énumérer les circonstances de ce meurtre pour s'en convaincre : assassinat avec préméditation, à l'encontre d'une personne sans aucune défense et avec le concours d'un médecin transformé en tueur à gages. Les plus vils partisans de l'IVG ne manquent jamais de nous bassiner avec l'infâme argutie consistant à ergoter sur la notion de personne comme s'il était possible de dire à quel moment chacun de nous devient une personne ...

6. Passons à présent aux raisons les plus subtiles, à celles qui devraient, dans tout travail de réflexion bien conduit, balayer les dernières objections. 

7. On entend souvent invoquer la question du désir d'enfant et ceux qui la brandissent croient avoir beau jeu d'affirmer qu'en l'absence de désir, il vaut mieux attenter à la vie de l'enfant dans le sein de sa mère. Triste et sotte conception du désir ! Comme si le désir de ce qui n'est pas encore donné, visible et palpable devait primer sur tout autre désir. Comme si ce désir-là avait quelque valeur. C'est oublier que le désir authentique ne porte jamais sur un donné hypothétique mais bien sur un objet déjà là ! Désirer (ou ne pas désirer) ce qui n'est pas encore là est à la portée du premier venu et ne réclame aucune vertu : c'est tellement facile de désirer une hypothèse quand l'imagination peut jouer à sa guise et se bercer d'illusions ! Tellement facile que nous pouvons tous perdre un temps précieux à désirer l'impossible, l'inaccessible, le farfelu, l'inconsistant, l'illusoire, le nuisible ... Arguer de l'absence de ce désir-là pour tuer celui que je porte en moi est insensé et demeure toujours criminel  car je fonde alors mon jugement sur du vent. Sous prétexte que je ne désire pas celui que je ne connais pas encore, je décide de le supprimer. Quelle folie.

8. Les esprits les plus subtils feront quand même remarquer que l'absence de désir porte bien sur un "objet" déjà là puisque la question de l'avortement ne se pose qu'en raison de la présence d'un être en gestation. Le problème demeure pourtant et la fausseté de ce désir est patente : n'ayant absolument aucune idée, aucune connaissance précise de l'enfant que je porte en moi, mon absence de désir ne rime à rien, elle ne repose que sur des hypothèses invérifiables. A ce stade, mon absence de désir ne peut pas porter sur la personne même de l'enfant que je ne connais pas. Elle se fonde sur des questions annexes qui demeurent pour l'heure sans réponse : comment vais-je l'élever ? Qu'est-ce que la venue de l'enfant va chambouler dans ma vie ? ...

9. Arguer de l'absence d'un désir non authentique c'est donc tenter d'éluder des questions essentielles que toute femme enceinte ne manque pas de se poser. Y répondre d'emblée en affirmant que l'absence de désir non authentique conduit nécessairement à des impasses, c'est ne rien connaître aux multiples occasions que l'expérience d'une vie découvre en chemin.

10. Prenons quelques exemples : l'enfant à venir survient alors que je suis encore étudiante. Et alors ? ! Est-il plus important d'obtenir un diplôme qui garantit de moins en moins un avenir professionnel ou bien d'apprendre l'essentiel : aimer jusqu'à donner sa vie pour qu'un autre vive. Et nous ne parlons pas ici d'un sacrifice héroïque mais d'une réalité vécu par tant d'hommes et de femmes depuis la nuit des temps et encore aujourd'hui : non pas vivre pour soi mais offrir son temps avec générosité pour que tous ceux qui m'approchent retrouvent la joie de vivre, découvrent une raison d'espérer et de se relever, repartent en paix ... J'aurais beau accumuler des savoirs gigantesques et même rares, si je suis incapable d'apporter un réconfort, de prodiguer un conseil judicieux, d'accueillir une détresse, de protéger d'un danger ... je ne suis qu'une coquille vide, qu'une cymbale retentissante. Je passe à côté de l'essentiel. Je me contente d'accumuler un pauvre avoir sans grande importance au détriment d'un plus être que rien ne saurait entamer. Prendre un enfant par la main, essayer de lui donner un amour inconditionnel ... seront des sources de progrès infiniment plus exaltantes que de m'accrocher à un cursus d'études terni par l'élimination d'un soi disant gêneur. Les plus intelligents ne se méprendront pas sur ce qui vient d'être affirmé : ce qui est en balance ce n'est pas la maternité et le fait d'étudier, deux activités nobles par elles-mêmes mais l'exercice de la maternité et la poursuite d'études entachée par le meurtre d'un être sans défense. 

11. L'enfant survient alors que mes proches sont hostiles à cet événement. Cas dramatique si l'en est mais qu'une approche saine et réfléchie, prudente et intelligente, parviendra toujours à résoudre dès lors que je ne m'en tiendrai pas seulement à des moyens naturels. Quand le combat dépasse nettement mes propres capacités, je n'arriverai à rien sans le secours d'un appui surnaturel. Là encore, les plus intelligents ne se méprendront pas sur ce qui vient d'être affirmé : il ne s'agit pas de nier la nécessité d'interventions humaines, la nécessité de médiations incarnées ; il s'agit simplement de rappeler qu'elles n'apparaîtront sur mon chemin qu'à la mesure de mon attente confiante et de mes demandes insistantes. Puisqu'il est question de vie ou de mort, je vais devoir remuer ciel et terre pour sauver celui qui est menacé.

12. La sainte Eglise, tellement décriée par ceux qui n'en connaissent qu'une part infime, nous offre de nombreux secours pour surmonter les épreuves qui dépassent nos forces. Dès que je fais confiance aux moyens d'intercession (*) qu'elle est en mesure de prodiguer, j'y vois plus clair et je deviens capable de sauvegarder l'essentiel comme de me mettre au service d'un plus être : tuer en moi un être en gestation finit par me faire horreur. Prêter mon concours à l'assassinat d'un être sans défense ne mérite plus à mes yeux la moindre justification. Je sais, au contraire, qu'il m'appartient d'accueillir l'enfant comme un don insurpassable.

(*) Voir par exemple : l'Association Marie de Nazareth.

13. Je suis également en mesure de démonter tous les arguments pro avortement qui ont été inventés par ces groupuscules d'intérêts que des personnes en vue dans les années 60 et 70 en France ont alimenté de leur prose malsaine : occupant des postes en vue dans une société qui venait à peine de se remettre de deux guerres mondiales, ces personnes ont usé de toute leur influence pour propager des mensonges et pour justifier la mise à mort de tout être en gestation non désiré ou non accepté. Certaines d'entre elles se sont appuyées sur leur renommée d'écrivain et/ou de penseur. Leurs oeuvres mensongères finiront aux oubliettes.

14. L'un des plus gros mensonges concerne le rôle maternel et les tâches domestiques qui lui sont liées. Les pro avortements en ont fait un épouvantail en toute méconnaissance de cause. Ce qui rend le travail d'intérieur fastidieux c'est l'absence de communion. Si je m'imagine seul(e) à faire ce que je suis en train d'accomplir et que je n'y trouve aucune raison de faire partie d'un tout, je me retrouve en situation de détresse tandis que la moindre pensée de communion me relie au corps vivant de tous ceux qui se mettent au service d'une cause qui les dépasse.

15. Chaque tâche ménagère porte en elle un ordre supérieur. Elle fait passer d'un fouillis, d'un désordre, d'un chaos à une situation de repos et de plus grande paix, propice à l'accomplissement de toutes les autres missions que favorisent le calme, la propreté et le bon ordre. Pour s'en convaincre, il suffit de s'y mettre de bon coeur. Les railleurs et les caustiques parleront d'assujettissement de la femme, eux qui ne voient pas que le travail domestique peut aussi être accompli par un mâle s'en portant fort bien ! Etre heureux à la maison n'est pas une question de genre ou de sexe mais davantage de tempérament puis de caractère : que je sois bien disposé à l'égard du travail domestique ou que je le sois moins a priori, je serai heureux de l'accomplir dès lors que j'en aurai saisi le sens plénier. Non pas une succession de corvées répétitives mais une participation à un travail de gestation qui court depuis les origines et qui va se poursuivre jusqu'à la fin des temps. Voir aussi : "gestes ordinaires" et "gestes politiques à la portée de chacun d'entre nous".

16. Comprendre toutes les dimensions du travail de gestation en cours est de la plus haute importance puisqu'il concerne un très grand nombre de domaines. En est-il même un seul qui ne serait pas concerné ?

17. Commençons par l'un des domaines clefs : la question du don. Si je ne vois que l'enfant à venir est l'expression par excellence d'un don qui surpasse tous les autres, comment pourrai-je résister à la tentation d'abolir en moi le message dont l'enfant est porteur ? Avorter c'est agir dans la droite ligne d'Hérode, ce fou furieux qui décida d'envoyer ses sbires assassiner tous les nouveaux nés de la région de Bethlehem et tous les enfants âgés de moins de deux ans de peur que l'un d'entre eux ne soit le Messie annoncé par les Ecritures, de peur qu'Il ne soit un jour un concurrent dangereux pour lui. Tribunes connexes : Dons, pardons et réconciliations ; Massacre des Saints Innocents ; Lettre ouverte aux maires de France. Plus encore : Adagio d'Albinoni interprété par Miyu (7ans).

18. Autre question essentielle : le travail. Quand l'être humain vient au monde, son cerveau est prêt à accueillir les informations qui lui donneront de se mouvoir avec aisance dans un environnement évolutif. Longtemps et, de plus en plus, en dépit de ce que proclament les propagandistes de l'autonomie à tout crin, il aura besoin d'être guidé sur le chemin de la connaissance vraie, celle qui ne consiste pas à engranger des informations mais à les ordonner en un tout cohérent et vivant. Ce travail de mise en ordre ne repose pas seulement sur le produit des sciences mais sur le terreau des croyances. A chacun de forger les instruments de pensée et d'action qui donneront à ses missions de s'incarner ici et là. Au point de départ de ce lent travail : le visage accueillant de sa mère, son sourire et son amour aussi inconditionnel que possible. Quel nul(le) n'aille imaginer que le moindre défaut de cette panoplie suffise à mettre à mort celui que je porte en mon sein puisque les grâces qui me permettront d'être la femme maternelle quasi idéale ne viennent pas de mon propre fond. Elles vont émaner de celui qui vient, pourvu que je ne dresse pas d'obstacles monstrueux aux dons qu'il véhicule en entrant dans le monde. Le travail de gestation, d'accouchement et d'éducation ne consiste pas à vider le tonneau de ses maigres acquis. Il consiste à ouvrir son coeur pour lui laisser le temps de s'abreuver aux sources vives d'une grâce qui ne cesse de se déployer. Quand l'être en gestation se développe, quand l'enfant paraît et grandit, il est, par excellence, le canal le plus sûr d'une abondance susceptible de dépasser mes plus folles espérances et d'anéantir toutes mes préventions contre la vie sur Terre voire contre la maternité.

A suivre ...

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