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lundi 1 mai 2017

Vers une France ingouvernable ?


Au soir du premier tour des élections présidentielles en France, quatre pôles partisans ont dominé. Sauront-ils dépasser leurs divergences pour s'entendre et proposer un programme politique tenable et pertinent pour la France ? Rien n'est moins sûr ! Quand nous voyons comment s'écharpent les deux finalistes, comment ils cognent à bras raccourcis sur l'adversaire, il y aura du boulot de réconciliation car cette bataille ne manque pas de retentir dans tous les partis politiques français !

Faut-il s'en inquiéter ? S'en réjouir ? Pour le spectacle, certes, nous serons servis mais quel banquet final pour conclure ? Qui prendra la place d'Assurancetourix ? Qui paiera la facture des fractures à venir ? Comme d'habitude, ce seront les plus vulnérables, ceux qui paient déjà un lourd tribut après plus de quarante années d'errance politique dans notre si beau pays, notre village planétaire, l'irréductible place forte qui résiste vaillamment (? ... pas encore hélas) au déluge de la mondialisation déloyale, celle qui broie, partout dans le monde, les plus faibles, les sans grades, les boiteux, les infirmes et d'innombrables innocents.

Se rendre à l'évidence : la France peine à se relever des multiples erreurs et fautes d'une politique nationale menée en dépit du bon sens depuis que deux ambitieux se sont entendus sur le dos de plus anciens pour rafler la mise à la mort de Georges Pompidou. Si ambitieux, l'un et l'autre, pour eux-mêmes et non pour la France en vérité, qu'ils ne mirent pas deux années à se séparer, avec pertes et fracas et, déjà, s'annonçait le crépuscule que nous sommes en train de vivre sous l'oeil goguenard de toute la planète. 

Giscard et Chirac ont fortement contribué à couler la France. Peu de nos politiques osent encore le dire, tout confits qu'ils sont en vrai respect, en fausses dévotions, hommages indus et révérences d'un autre âge. Il faut dire à leurs décharges que nos deux surdoués du champ politique ont su, comme d'autres mécréants et pécheurs, entretenir leur légende dorée au beau milieu des quolibets, moqueries et autres compliments que ne cessent d'inventer les critiques du pouvoir politique : pendant qu'ils s'amusent et nous divertissent de leurs bons mots, de leurs caricatures, de leurs observations cruelles, ... nous oublions les questions de fond, nous ne voyons plus les ressorts de la tragédie en cours, ce massacre des saints innocents brandi comme soi-disant conquête de libertés qui seraient en péril aujourd'hui.

Affirmer cela, ce n'est pas (encore) tirer sur l'ambulance ... évidemment. C'est se rendre à la vérité, celle qui vous revient comme un boomerang quand on la bafoue. Celle qui fera hélas pleurer dans les chaumières de France au temps rude d'un vieillissement généralisé de la population (ou de sa fragmentation en multiples groupes étrangers l'un à l'autre) par élimination, devenue systématique, d'un cinquième d'une génération avant la naissance et d'une forte proportion d'icelle par une Education (?) Nationale à la dérive ou par un monde du travail complètement désorganisé. Partout, en maints endroits de notre chère république, sévit au fond la même politique d'anéantissement d'innombrables pousses perçues comme menaçantes pour l'espace vital, le confort et la satisfaction des besoins matériels des plus "forts", des plus "aptes".

Alors, Giscard et Chirac en Assurancetourix ? Pendus à un chêne, ligotés, bâillonnés avec leur lyre et délires ? Seuls ? Sans leurs comparses et complices ... d'une farce qui a trop duré ?

Foin de gauloiseries : nous voici tous, plus ou moins coupables mais à des degrés divers ! puisque nous sommes tous, hélas, pécheurs. Que faire : se convertir, se repentir ... ou bien continuer à nous quereller à coup de poissons plus ou moins frais ? Où sont les Romains, nos ennemis ... indispensables ! pour que nous consentions enfin à nous serrer les coudes, à être davantage solidaires les uns des autres, à redresser une France qui se meure au fond des hôpitaux ou déprimée, abandonnée chez elle, à force d'avoir trop lutté contre les sbires de Mammon ?

Se trouver un ennemi, externe de préférence, une solution ? quand nous avons justement tant de mal à nous entendre sur l'ennemi à choisir [ajouté après le 7 mai : quand bien même quelques excités veulent déjà prendre le nouveau Président de la République française comme bouc émissaire facile] ! Il suffit de chercher ardemment et nous allons bien finir par trouver le coupable idéal : qui la finance, qui les patrons, qui la jeunesse, qui les musulmans, qui les juifs, qui l'Eglise, qui les chômeurs, qui, les infirmes, qui le centralisme gaulois, qui l'Europe de Bruxelles, ...

En attendant, il semble que nous nous acheminions vers la nécessité de ... composer sans compromissions ET sans haine car il est vraisemblable qu'aucune majorité parlementaire, nette et homogène, n'émergera des prochaines élections législatives en France : si le camp du "bien" (?) l'emporte sur le camp du "mal" (?!), celui-là se verra contraint d'accepter l'autre à l'Assemblée, et l'autre en force qui plus est ! Cela paraît cousu de fil blanc tant les Français sont exaspérés par le cinéma politique servi en soupe infâme par d'innombrables acteurs de piètre qualité quand d'autres sont excellents et connaissent leur rôle à merveille ! Les piètres acteurs ne veulent pas voir les problèmes de fond et nous proposent des recettes pusillanimes tandis que les fossoyeurs zélés de notre république et de nos trésors savent très bien que l'IVG est en train d'abattre nos forces vives mais ne font rien pour enrayer la casse quand certains prennent un malin plaisir à l'aggraver.

Une autre raison rend probable ce scénario d'une majorité parlementaire introuvable : la façon dont les cartes sont tout à coup battues. De quoi faire perdre son latin au plus chevronné des bridgeurs ! En l'occurrence qui va jouer le mort ? Qui devra se taire pour que les autres jouent cartes sur table ? Qui acceptera d'être bâillonné ? Quand nous voyons comment chacun y va de sa petite phrase assassine, il faudra des liens solides pour obtenir le silence sans lequel rien de durable ne se construit. Nous verrons donc de fortes têtes défendre, bec et ongle, leur petit pré carré avant même de songer à participer à une majorité de gouvernement même si l'attrait des places de pouvoir en séduit encore quelques-un(e)s.

Dans le concert assourdissant des commentateurs et des acteurs, l'un d'eux a élevé la voix pour casser les codes du moment : Emmanuel ou Nicolas ? L'un et l'autre, chacun à sa manière. Qui vaincra au bout du compte ? Bien malin qui saurait le dire. L'un a pris des risques en essayant de relever un défi à sa portée tant est grande l'indigence des pontes politiques les plus en vue en ce moment ; l'autre s'est lancé dans un champ de mines tant est féroce la hargne de tous ceux qui clament les vertus de la démocratie et de la liberté tout en refusant à autrui l'exercice des droits qu'elles supposent. Ces "comiques" d'opérette de mauvais goût ne manquent pas une occasion d'insulter qui ose ne pas penser comme eux.

Et nous vîmes pourtant une très nette majorité de députés l'emporter après s'être ralliés sous la bannière LREM ! Majorité si écrasante que les opposants ne savent plus comment pester contre une telle hégémonie. Majorité pourtant fragile pour de multiples raisons : peu expérimentée, peu représentative, composite, ... et encore à la botte d'un pouvoir qui s'en passerait volontiers !

Supposons à présent que nous allons trouver un ennemi commun à combattre avant la fin de la prochaine mandature. Une question cruciale demeure : la potion magique, qui va la préparer ? Panoramix n'aurait-il pas oublié la recette de cet élixir ? N'a-t-il pas été pris en otage ? 

Une idée fixe du projet France2022 pour conclure. Un cap à tenir pour les prochains élus de la nation française et tous les agents de la fonction publique : refuser, enfin, que la mort du tout petit soit la seule solution proposée voire qui paraît s'imposer aux dizaines de milliers de femmes (plus de 200.000) qui demandent l'avortement chaque année en France. Ce suicide collectif inauguré depuis la nuit des temps et rendu légal depuis 1975 (*) explique bien des malheurs actuels : il en est à la fois, le symptôme, la cause et la conséquence dans une boucle cybernétique infernale. Tant que nous ne l'aurons pas rompue, toutes les potions concoctées par nos "élites" politiques auront un goût amer et le bon peuple gaulois qui a le palais sensible ne les boira jamais jusqu'à la lie : viendra un jour où il se révoltera contre une mauvaise cuisine, celles des arrières boutiques et des officines qui ne songent qu'aux prébendes du pouvoir et qui se foutent comme de l'an quarante du bon peuple ou de la fraîcheur du poisson sauf dans leurs assiettes de luxe ... aux frais (!) ... de la République !

Nous attendons enfin les candidats courageux - il en existe - qui mettront en tête de leur programme l'abolition de la peine de mort pour ... les innocents et les sans défense. Dans ce beau pays, aux charmes envoûtants, qui fait les délices de tant d'hommes et de femmes du monde entier, nul doute qu'un jour se lèvera enfin le voile qui occulte depuis 1975 la tragédie vécue par tant de mères désespérées, abandonnées, manipulées ou pressurées. Nul doute qu'un jour, cette pauvre nation française, aujourd'hui pantelante et risible, retrouvera la splendeur qui n'aurait jamais dû lui être ôtée et se montrera capable d'abolir pour les tout petits ce qu'elle fut un jour fière d'enterrer pour les plus grands criminels ...

(*) Il est symptomatique, à cet égard, que surgissent soudain, en ce printemps 2017, sur des pans de mur de nos cités, diverses affiches "sauvages" défendant de prétendues libertés en arborant une photographie de ... Simone Veil. Drôle de conception de la liberté qui prétend défendre l'indéfendable : le permis de tuer l'innocent et le sans-défense. Simone Veil a su se montrer digne et se tenir au-dessus d'une triste mêlée où s'invectivaient partisans et détracteurs de l'IVG. Le malheur est qu'elle ait fini par trancher en défaveur des sans voix et des sans défense comme peut le faire un juge mais comme ne s'y résout jamais un avocat. (voir à ce propos : lettre ouverte aux fonctionnaires français et aux agents de la fonction publique en France).

Autre lien utile : lettre ouverte à Emmanuel Macron à propos de la fonction publique (d'Hervé Mariton).


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