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mardi 21 février 2017

Ce que je crois


En 1953, les éditions Grasset lançait la collection : "Ce que je crois", dans laquelle nombre de penseurs de grand talent ont pu faire part de leurs croyances. Un régal et une bénédiction pour tous les esprits libres qui peuvent ainsi goûter la prodigieuse variété et le sel unique de ce partage d'opinions et de convictions.

Nombre de nos politiques feraient bien de s'en inspirer et de nous livrer le fond de leur pensée ! Citoyens appelés à voter (ou plutôt à élire ?), à choisir notre meilleur candidat et son programme censément idéal en ces temps d'élection présidentielle (printemps 2017), nous attendons avec impatience de pouvoir juger sur pièce quelques écrits nous livrant un "ce que je crois" si possible sincère et charpenté.

En vérité, nous attendons plus que cela. Nous attendons bien entendu une adéquation aussi parfaite que possible entre ces croyances exprimées et les actes posés en dépit de la faiblesse humaine qui, pour chacun d'entre nous, se manifeste par un écart parfois gigantesque entre les paroles  et les oeuvres (pour les esprits curieux, voir le comparateur des programmes de l'IFRAP pour la présidentielle 2017).  Nous attendons encore davantage et ce plus se dévoilera tout au long de cette tribune.

Quelques esprits chagrins mégoteront sur le terme "croyances" et défendront celui de "principes", "promesses", "propositions" ou "mesures", ... 

Sourions de cette volonté d'échapper au terme "croyances" comme s'il était tabou ! Une vive lumière éclairera soudain notre esprit embrumé : "Mais, bon sang, de quoi ont-ils donc si peur ?".

Nous découvrirons que ces esprits chagrins ont si peur de croire, si peur d'être dans l'incertitude que certains d'entre eux ont complètement perdu le nord à force de vouloir tout maîtriser, tout contrôler, tout certifier. En veux-tu une illustration cher lecteur ?

Regarde donc ce que la laïcité à la française - 

transcription politique du "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu, ce qui est à Dieu" -, chef d'oeuvre de la pensée universelle issu de la réponse magistrale donnée par le Christ à ceux qui essayaient de lui tendre un piège, 

a fini par produire : 

des absurdités sans nom que d'aucuns voudraient, en ces temps d'élection, étendre au plus grand nombre, c'est-à-dire à tous les citoyens au travail ! Quelle folie ! ! Pour tout dire : folie déicide qui prépare des lendemains très douloureux pour le commun des mortels si nous laissions faire ceux qui osent propager les dernières options laïcardes à tout crin.

Toi qui es curieux, agile d'esprit, nous te proposons de chercher quelques temps où le bât blesse et nous reviendrons bientôt pour t'offrir une solution possible à cette énigme. Veux-tu un indice ? En voici un : nos "élites" françaises et même européennes (presque toutes) sont aujourd'hui si frileuses et si peu instruites du fait religieux qu'elles se trouvent complètement dépassées par le souffle conquérant d'un type particulier d'islam qu'un simple bon sens évangélique est pourtant capable d'apprécier à sa très juste valeur ... et de ne pas redouter outre mesure même s'il s'avère terriblement meurtrier dans certaines circonstances précises et en effet se révèle effroyable pour les victimes de ses accès de violence.

Celui qui a du temps devant lui et assez de patience, trouvera quelques clefs de lecture et quelques indices supplémentaires dans deux tribunes plus anciennes du projet France2022 : L'islam en France et Pourquoi deviennent-ils djihadistes ?
   
Un ministère et un gouvernement en perdition ont choisi d'interdire aux fonctionnaires d'exprimer leurs croyances religieuses dans l'exercice de leurs fonctions. Qu'espèrent-ils ainsi ? Museler ceux qui désirent témoigner de leur foi ? Endiguer la montée d'un islam conquérant ? Ne risquent-ils pas, au contraire, de renforcer l'élan d'un mouvement qui trouvera rapidement bien des manières de contourner cet interdit ?

Notons au passage que beaucoup de nos édiles politiques en Europe et en France sont si dépassés par les événements qu'ils n'en sont plus à une contradiction près : tandis qu'ils n'ont cessé de faire reculer les acquis anciens en s'en prenant à des interdits structurant tels que celui de tuer (le tout petit dans le sein de sa mère ou la personne en fin de vie), ils s'imaginent par l'instauration de nouveaux interdits fort contestables pouvoir reprendre le contrôle d'une situation qui leur échappe de plus en plus. 

Tandis qu'ils cherchent en vain à interdire l'expression publique de la foi religieuse, ils tolèrent que s'exprime n'importe quelle opinion sur une multitude de sujets dont aucune autorité digne de ce nom n'est en mesure de réguler les flux. Où est le gain ? D'un côté, des religions multiséculaires qui ont eu le temps de mûrir l'expression de leur foi et de l'autre côté une kyrielle d'officines qui distillent quantité d'informations douteuses que les moyens modernes de communication transmettent à la vitesse de l'éclair.

Pourquoi interdire de propager ce qui s'est construit au fil des siècles et laisser libre cours à tout le reste ? Parce que nous aurions d'un côté des "croyances" sujettes à caution et de l'autre des "certitudes" bien établies ? Quel drôle de parti pris ! Qui ne voit, au contraire, que nous avons affaire de tous côtés à des croyances, c'est-à-dire à des affirmations, des assertions, ... qu'aucun être humain n'est véritablement capable de démontrer ! Qui ne voit que la plupart d'entre nous, faute de temps et de compétences, se trouve chaque jour en train de gober des informations qu'il ne pourra pas vérifier et qu'il devra donc tenir pour vraies ou pour fausses à moins de suspendre son jugement ce qui l'installe cependant aussi dans l'incertitude.

Nous devons à la vérité de reconnaître que nous sommes le plus souvent dans la plus grande incertitude et tant que nous n'acceptons pas l'inconfort de cette situation (mais aussi ses avantages), nous nous crispons sur l'idée que seul le démontrable doit avoir droit de cité dans la sphère publique. Les plus sectaires, quant à eux, décident d'en éliminer les aspects religieux pour ne retenir qu'un reste dont la validité est bien moindre, c'est-à-dire tout un fatras de pseudo-sciences en lesquelles s'amoncellent nombre de présupposés invérifiables (théorie du genre et compagnie par exemple). Ce faisant, ils amputent les sociétés dites modernes d'une richesse insondable et finissent par créer un enfer ... pavé de fausses bonnes intentions.

Il est tout à fait curieux en effet de voir comment un gouvernement aux abois tente d'interdire aux fonctionnaires français d'exprimer leur foi tandis que sur des chaînes publiques à grande diffusion, on peut voir le premier penseur venu nous expliquer doctement que Jésus-Christ est un mythe, qu'Il n'a jamais existé ... faisant ainsi passer tous les martyrs de la foi pour des hurluberlus, tous les chefs d'oeuvre de l'art sacré pour des plaquettes de propagande d'une légende, bien des penseurs pour des charlots et les théologiens pour des farceurs ... Au final, drôle de conception de la laïcité !

A une heure de large audience, nous est donné d'entendre un homme épris d'absolu mais blessé dans sa jeunesse renvoyer une foule de génies : Bach, Mozart, Gustave Doré, Rembrandt, Michel-Ange, Gabriel Fauré, Mendelsohn, Francis Poulenc, Pergolèse, Schubert, Messiaen, Léonard de Vinci ... au rang des naïfs qui ont bâti une oeuvre colossale sur du vent ! Un Messie fabriqué de toutes pièces pour les besoins d'une cause obscure. 

Tandis que l'on interdit à des fonctionnaires qui ont bien les pieds sur terre et la tête au Ciel d'oser dire à leurs élèves ou au citoyen lambda ce qui les anime en profondeur, on laisserait donc le bêtisier d'un traumatisé d'une certaine église grand ouvert devant des enfants tout ouïe, des adolescents en friche et des adultes en mal de direction spirituelle ? Quel mépris pour tant d'hommes et de femmes qui osent se présenter jour après jour devant une jeunesse assoiffée de vérité et en quête de liberté, devant un public qui crève d'ignorance religieuse. Quelle fausse gloire pour notre petit penseur si souvent combattu avec outrance et qui trouve ce jour-là un réconfort bien mal venu. Ce "deux poids, deux mesures" risquent fort de s'effondrer sous peu et l'on plaint par avance tous ceux qui auront contribué aux combats d'arrière garde de tous les paumés de la chose religieuse, de tous ces cuistres qui s'imaginent assez armés pour nous rebâtir un corpus "religieux" digne d'intérêt et d'une fiabilité à toute épreuve ! Comme si un ego nombriliste à souhait pouvait construire quelque-chose de tant soit peu solide ...

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